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L’emprisonnement de Brandt, une « victoire » pour l’Etat de droit, selon le CSPN

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Président du Conseil supérieur de la Police nationale, le Premier ministre Laurent Lamothe a semblé implicitement accuser certains de transporter sur le terrain de la lutte des classes le leadership présumé de l’homme d’affaires dans le phénomène du kidnapping tandis que le Secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Réginald Delva, a mis en relief l’importance du démantèlement de l’organisation criminelle qui serait numéro un Haïti et même dans la Caraïbe

Le Premier ministre Laurent Lamothe a assimilé mardi à une « victoire des forces du bien » l’arrestation pour son implication présumée dans le kidnapping du puissant homme d’affaires Clifford Brandt dont le gang était, selon les propres termes du secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Réginald Delva, « le plus important réseau de crime organisé du pays, voire de toute la Caraïbe ».

Intervenant lors d’une conférence de presse en marge de la 20e réunion du Conseil supérieur de la Police nationale tenue depuis l’arrivée de l’administration actuelle, M. Lamothe, qui préside le CSPN, a promis une lutte sans merci contre le kidnapping et l’impunité après avoir mis du temps à citer, nommément M. Brandt, membre d’une des familles les plus aisées du pays. Il a aussi dénoncé, à plusieurs reprises, la volonté de certains de « créer des polarisations ou divisions dans la société » autour du cas de l’entrepreneur accusé d’avoir fait kidnapper deux jeunes de la famille Moscoso, bien ancrée, comme celle du présumé bourreau, dans le secteur privé traditionnel.

Le numéro un du CSPN en a profité pour réitérer la volonté du gouvernement d’appliquer la loi avec la dernière rigueur envers et contre tous, arguant qu’il faut en finir avec le banditisme qui risque de compromettre la politique d’investissement et de développement économique que prône le Président Michel Martelly.

Appelant la population à jouer pleinement sa partition dans l’offensive en cours, Laurent Lamothe a parallèlement mis en garde contre toute tentative de diabolisation de la famille Brandt tout en affirmant qu’aucun kidnappeur -peu importe son rang social ou sa fortune- ne pourra se soustraire à la justice et échapper à la peine maximale prévue par le décret anti-kidnapping de 2005.

Le chef de la Primature n’a pas non plus hésité à s’inscrire en faux contre les rumeurs selon lesquelles 265 policiers feraient partie du groupe en voie de démantèleement.

« C’est le début de la fin d’un cycle de terreur », a, de son côté, lâché, dans un style persuasif, le Secrétaire d’Etat Delva qui précise que la traque ne se limitera pas au réseau que dirigeait Clifford Brandt, mais s’étendra à tous ceux qui, à un titre ou à un autre, sont impliqués dans le trafic de drogue, les assassinats et les vols de véhicules.

Réginald Delva informe, par ailleurs, que d’anciens otages résidant à l’étranger seraient prêts à regagner Port-au-Prince en vue de témoigner contre les suspects.

Dressant un bilan provisoire des opérations policières menées depuis lundi dernier (22 octobre), jour de l’arrestation de l’homme d’affaires, le directeur général de la PNH, Godson Orélus, a indiqué que neuf suspects ont été interpellés et quatre policiers placés en isolement. Parmi eux le responsable de l’unité spécialisée Cat Team, basée au Palais National.

Lors d’une descente effectuée samedi dernier à Delmas 75 (est de la capitale) chez l’ex-inspecteur de police Edner Comé, présenté comme un homme extrêmement dangereux, quatorze armes à feu, dont sept de guerre, ont été confisquées ainsi que trois véhicules, a poursuivi Orélus. L’un d’eux attire tout particulièrement l’attention, une jeep Land Cruiser « Zo Reken » que les malfaiteurs auraient régulièrement utilisée pour commettre des enlèvements en se jetant à bras raccourcis sur leurs cibles.

Malgré un avis de recherche, M. Comé est encore en cavale.

Le patron de la Police nationale, qui a fait remarquer que le mode opératoire des bandits consiste à se faire passer pour des policiers, a ainsi communiqué un luxe de détails sur les uniformes et matériels de la police judiciaire (DCPJ), de l’unité spécialisée Swat Team et de l’Agence antidrogue américaine (DEA) découverts en stock au cours des fouilles réalisées.

Enfin, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Jean Renel Sanon, a annoncé avec fermeté la « tolérance zéro » contre toute forme de banditisme et invité tous les citoyens à se dissocier des activités louches sous peine de se retrouver, eux aussi, un jour derrière les barreaux.

Transférée au cabinet d’instruction, l’affaire Brandt continue de faire des vagues dans l’opinion publique qui s’interroge notamment sur la capacité de la justice à tenir ou non un procès équitable, suffisamment édifiant sur la responsabilité et la connexion des individus poursuivis. spp/Radio Kiskeya

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