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Bilan 2016 : L’insécurité, une patate chaude en Haïti

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La vague d’insécurité, qui a sévi, au cours de l’année 2016, en Haïti, constitue une véritable pierre d’achoppement pour les autorités policières, impuissantes à protéger les vies et les biens, observe l’agence en ligne AlterPresse.

L’État peine à prendre des dispositions efficaces pour améliorer la situation de sécurité publique globale.

De plus, il existe une absence de volonté politique réelle pour sécuriser la population, victime de violences et d’assassinats, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Plus de 500 cas d’agressions violentes ont été recensées par la Commission épiscopale (catholique romaine) Justice et Paix (Jilap).

La Police nationale d’Haïti (Pnh) n’est pas arrivée à contenir, jusqu’ à présent, la recrudescence de l’insécurité, observée depuis le début de l’année 2016, malgré les diverses inquiétudes exprimées par les secteurs de la vie nationale, notamment de droits humains.

Les incessants appels, lancés aux policiers nationaux, pour fournir une meilleure protection à la population, seraient restés des vœux pieux.

L’instabilité politique dans le pays favoriserait une remontée des cas d’insécurité et de banditisme, selon le secrétaire général de la branche haïtienne de l’organisation New england humain rights organization (Nehro), Antonal Mortimé.

Pour fuir leurs responsabilités, les institutions étatiques, notamment policières, préfèrent mettre en avant l’effectif réduit des policières et policiers nationaux, pour expliquer leur faiblesse à contrecarrer l’insécurité, qui tendrait à devenir de plus en plus généralisée.

L’État n’a-t-il pas l’obligation de réunir les conditions nécessaires pour assurer la sécurité des vies et des biens de la population ?

Le plan de sécurité, annoncé par les plus hautes autorités de l’État, n’a pas contribué à faire baisser les crimes répétitifs, commis un peu partout dans le pays, surtout à Port-au-Prince, où est centralisé le pouvoir de répression.

Des institutions religieuses, de la société civile ainsi que des personnalités ont exprimé leurs vives préoccupations face au climat de violence et d’intimidation dans le pays, après les scrutins du dimanche 20 novembre 2016, dans une déclaration conjointe, émise le lundi 19 décembre 2016.

L’année 2016, meurtrière pour les policiers nationaux

De multiples assassinats, notamment de policiers nationaux (environ une dizaine de cas recensés au sein de l’institution policvière, pendant l’année 2016), différents cas de braquage, aux alentours des banques commerciales, et de kidnapping ont été enregistrés, aussi bien à Port-au-Prince que dans les villes de provinces.

Près d’une dizaine de citoyens, dont quatre policiers nationaux, sont morts par balles au cours des deux premières semaines du mois de décembre 2016.

Des cadavres ont été découverts, au lever du jour, dans les quartiers de Diquini 63, Bizoton 51, Route des rails dans la commune de Carrefour (sud), Delmas 2 et Tabarre 46 (nord-est).

Plus de 4 policiers nationaux ont été tués par balles, entre janvier et début du mois de mars 2016, suivant les statistiques disponibles.

Le policier national David Dumé a été tué par balle à Martissant (secteur sud de la capitale Port-au-Prince), le 12 février 2016.

Gérald François, un agent de la 18e promotion de la Police nationale d’Haïti (Pnh), a été abattu, le mercredi 2 mars 2016, au Boulevard Harry Truman (plus connu sous le nom de « Bicentenaire »), près du bâtiment qui loge le Théâtre national d’Haïti.

Le mardi 8 mars 2016, le policier national Wilkenson Cius a été assassiné par des individus non identifiés, dans un mini-bus à l’avenue Martin Luther king (plus connue sous le nom de route de Nazon).

Des policiers nationaux, regroupés au sein d’une association, ont observé deux journées de grève, les mardi 15 et mercredi 16 mars 2016, en vue de protester contre les actes d’assassinats, dont leurs collègues sont victimes.

Le jeudi 25 août 2016, le policier national Michel Jumelle a été abattu dans une camionnette au niveau de Delmas 83, par deux voleurs armés, qui ont eu le temps de prendre la fuite.

Le dimanche 11 décembre 2016, Rigaud Claude Clermont, un jeune policier national de 24 ans, affecté au commissariat de Pétionville (périphérie est), a été sauvagement assassiné à la machette dans sa résidence. Pour ce dernier cas, enregistré en décembre 2016, la Pnh a présenté plusieurs suspects, qui auraient trempé dans l’assassinat.

Des cadres également victimes d’assassinats

Dans la soirée du mercredi 15 juin 2016, l’expert en technologie, également directeur exécutif des services numériques à la Sogebank, Michel Stéphane Bruno, âgé de 42 ans, a été aussi abattu par des bandits armés, à Puits Blain 17 (périphérie nord-est).

Le juriste Willems Édouard, un spécialiste haïtien dans le domaine des droits d’auteurs, a été tué par balles par des individus armés, dans la matinée du vendredi 8 juillet 2016, à Pétionville (municipalité à l’est de la capitale).

Cet assassinat a endeuillé le secteur culturel, le monde des médias et celui de l’université, auxquels l’ancien directeur général des Presses Nationales d’Haïti (également ancien directeur du Bureau haïtien du droit d’auteur / Bhda) prêtait ses compétences.

Le mercredi 24 août 2016, Jean Éric Moncher, un étudiant finissant en médecine, âgé de 23 ans, a été atteint de deux balles meurtrières à Clercine, par des bandits armés, alors qu’il revenait d’une succursale bancaire.

Depuis le début de l’année 2016, au moins deux assassinats par jour sont enregistrés, selon la Commission épiscopale (catholique romaine) Justice et paix (Ce/Jilap).

Jilap a recensé 186 personnes mortes par balle sur 282 cas de victimes de violence, durant la période de janvier à mars 2016, dans son 58e rapport sur la violence dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

La banalisation voilée de l’insécurité

Devant l’évidence des assassinats, le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Frantz Lerebours, a, quand même, affirmé que la criminalité serait en baisse, contrairement au sentiment général, lors d’une conférence de presse, donnée le mardi 28 juin 2016.

Il a, toutefois, reconnu que le département de l’Ouest, dont la capitale Port-au-Prince, reste et demeure le centre des actes de banditisme.

Un ensemble de dispositions ont été adoptées en vue de lutter contre la remontée du banditisme et de garantir la sécurité dans le pays, avait tenté de rassurer le président provisoire Jocelerme Privert, lors d’une conférence de presse, au palais national, le 4 mars 2016.

« Haïti est, de loin, l’un des pays les plus sûrs de la région (Caraïbes). Le taux d’homicide par centaine d’habitants est en deçà des chiffres, observés dans presque tous les pays de la région, le plus faible », considérait Privert, par la suite, lors d’une conférence de presse, au palais national, le lundi 19 décembre 2016.

De son côté, le président de la commission « Justice, droits humains et sécurité publique » à la chambre des députés, le député de Thomazeau, Cyprien Price, prône une action concertée pour résorber ces actes de banditisme.

Reprise des évasions spectaculaires dans les prisons civiles en Haïti

Par ailleurs, les évasions ont repris dans les prisons pour l’année 2016.

Le premier ministre Enex Jean-Charles a annoncé des mesures drastiques pour traquer les fugitifs d’une évasion spectaculaire, survenue le samedi 22 octobre 2016 dans la prison civile de l’Arcahaie (nord de la capitale).

L’évasion du 22 octobre 2016 a occasionné la fuite de 173 prisonniers dont des condamnés et la mort d’un policier nommé Fritz Gérald Canéus.

7 détenus se sont également évadés de la prison civile des Gonaïves (Artibonite), dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 décembre 2016. L’un d’entre eux a été capturé, alors que les autres sont toujours en cavale.

Une enquête serait toujours en cours concernant une autre évasion spectaculaire de 329 prisonniers, le dimanche 10 août 2014, survenue dans la prison civile de la Croix des Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale).

Alter Presse



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