La prudence de Jean Renel Sénatus
Le commissaire du gouvernement semble aborder avec beaucoup de prudence la demande formulée par Me Newton Saint-Juste de mettre l’action publique en mouvement contre la première dame, Sophia Martelly, et son fils Olivier Martelly pour des dépenses exorbitantes engageant l’Etat haïtien. « Je ne veux pas commenter ce dossier dans la presse », a-t-il déclaré jeudi matin sur les ondes de Radio Magik 9.
Jeudi, au cours de la journée Me Saint-Juste a été convoqué au parquet du tribunal civil de Port-au-Prince pour expliquer le bien-fondé de ses accusations. A la suite de cette rencontre, le parquet jugera de la suite à donner à ces dénonciations, a soutenu Jean Renel Sénatus, qui dit prendre très au sérieux ces accusations.
« N’importe quel citoyen peut porter plainte contre n’importe qui. Il revient au parquet d’analyser ces dénonciations au regard de la loi », a indiqué le commissaire du gouvernement. « Pour l’instant, a-t-il ajouté, nous n’avons comme élément que les dénonciations de malversation, d'usurpation de titre et de détournement de fonds avancées par Me Newton Saint Juste.»
Le commissaire du gouvernement a, par ailleurs, promis d’agir en toute impartialité dans le cadre de cette affaire. « Les autorités m’ont instruit de travailler pour l’établissement d’un Etat de droit, d’une justice saine et équitable dans la juridiction», a-t-il lancé d’une voix forte. Selon lui, tout le monde peut comparaître devant le parquet.
Le Premier ministre touché de l’affaire
Dans une correspondance adressée au chef du gouvernement le 21 août, Me Newton Saint-Juste a invité ce dernier à passer des instructions en vue de faire la lumière sur ce qui habilite la première dame et Olivier Martelly à dépenser des fonds publics.
« Selon l’article 159 de la Constitution, le Premier ministre fait exécuter les lois. En cette qualité, vous êtes tenu, avant qu’il ne soit trop tard, de passer les instructions nécessaires aux ministres concernés et impliqués en vue de clarifier pour le pays la qualité des gestionnaires de ces fonds publics et le sens de leur immixtion dans l’ordre politique du pays nonobstant leur souche présidentielle », lit-on dans la lettre.
Dans le cas contraire, poursuit la note, vous serez considéré comme complice de ce crime de lèse-citoyen perpétré contre vos concitoyens. L’homme de loi a dénoncé le silence du Premier ministre Laurent Lamothe dans le cadre de ces « agissements illégaux ».
Newton Saint-Juste rappelle dans cette correspondance que la première dame n’a aucun statut juridique l’habilitant à jouer un quelconque rôle dans l’ordre politique, administratif et juridique du pays ou dans la gestion des institutions publiques. Selon lui, elle ne bénéficie d’aucun privilège juridictionnel ou protocolaire.
« Elle n’a aucune place dans le budget et dans les écrits gouvernementaux ou officiels. En d’autres termes, elle n’est pas cotitulaire de la fonction présidentielle avec son époux et n’est qu’une citoyenne parmi les autres jouissant d’une situation conjugale ou familiale. Il en est de même de son fils », a expliqué Newton Saint-Juste.
A cet égard, soutient l’homme de loi, toute intervention de la première dame ou de son fils de nom et pour le compte des institutions publiques est subordonnée à l’accomplissement des formalités prévues par les règles régissant la fonction publique.
« Du bla bla bla » selon le président
Le président de la République avait rejeté d’un revers de main mardi sur Scoop FM la requête de Me Newton Saint-Juste, soutenue par Mirlande Manigat. Selon le chef de l’Etat, la première dame et son fils n’ont pas accès à l’argent. Ils veulent tout simplement contribuer au changement des conditions de vie de la population.
Danio Darius daniodarius001@yahoo.com Source: Nouvelliste





