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Le conseil électoral permanent au plus vite

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Déjà deux mois à la primature. Laurent Lamothe aborde un nouveau dossier. Le processus de formation du Conseil électoral permanent. Du moins l’exécutif. Comme fin négociateur, le premier ministre mettra des cartes sur la table. Dans cette interview accordée au journal Le Matin, le chef du gouvernement s’est montré confiant.

Comment vont les préparatifs pour l’organisation des prochaines élections, à 5 mois de la fin de l’année ?
R.- Les élections restent un objectif majeur pour le gouvernement. La Commission spéciale ou Commission Mixte à cette fin travaille déjà depuis 4 mois sur les préalables au calendrier électoral, en attendant la mise en place du CEP, organe autorisé à établir le calendrier définitif.

-Seront-elles organisées par le CEP permanent ? Ou va-t-on constituer un dernier conseil électoral provisoire avec la situation au sénat de la République ?
R.- l’objectif est d’avoir un Conseil Électoral Permanent. Pour monter le Conseil Électoral Permanent, il faut la participation des trois pouvoirs. Le pouvoir Exécutif ne peut à lui seul décider de mettre en place un CEP sans les deux autres pouvoirs. Nous sommes prêts. Je souhaite qu’il en soit de même pour les deux autres pouvoirs.

Des discussions sont-elles en cours pour la mise en place du CEP permanent?
R.- Nous travaillons déjà sur les choix éventuels des représentants du pouvoir exécutif au CEP. Je pense que la situation est semblable au niveau des deux autres pouvoirs. Nous souhaitons travailler de manière rapide pour y arriver le plus vite que possible.

Comment ces élections seront-elles financées ? Y-a-t-il déjà des engagements en ce sens ?
R.- Comme à l’accoutumé, la communauté internationale accompagne les gouvernements haïtiens dans l’organisation des élections. Donc, le financement des prochaines élections se fera conjointement par le gouvernement haïtien et la communauté internationale.

De quel Pays ?
R.- Des pays amis d’Haïti.

Fera-t-on l’expérience du vote électronique pour la première fois dans ce pays, comme l’avez souhaité ?
R.- Le gouvernement envisage de moderniser le système électoral haïtien. Je dois vous avouer qu’un tel projet nécessite des débours importants ainsi qu’une bonne planification. Cependant, il est prévu d’expérimenter le vote électronique dans quelques sections communales. Ce sera une grande première en Haïti. Nous travaillons pour avoir la technologie adéquate qui nous permettra d’obtenir les résultats rapidement.

Quel pays est prêt à nous supporter dans ce sens là et à quel prix ?
R.- Beaucoup de pays font aujourd’hui l’expérience du vote électronique et sont prêts à partager avec nous cette expérience.

Quelles sont les dispositions qui seront prises pour diminuer l’implication étrangère dans l’organisation des élections qui sont une manifestation de la souveraineté populaire d’un peuple ?
R.- Depuis mon arrivée à la tête du Gouvernement, je n’ai pas cessé de marteler que les recettes de l’État doivent être augmentées. Vous pouvez constater la détermination du Gouvernement à combattre la contrebande et la corruption, fléaux qui empêchent à l’État de répondre à ses obligations et de retrouver, du coup petit à petit sa souveraineté.

Quels garantis donnez vous que votre gouvernement n’entendra pas s’immiscer dans l’organisation des élections au risque de décrédibiliser le processus ?
R.- Le gouvernement n’aurait aucun intérêt à s’immiscer dans l’organisation des élections. Le CEP est la seule institution responsable d’organiser les élections.

Des changements sont intervenus cette semaine au niveau des mairies, Pourquoi ?
R.- Tout d’abord, le mandat des maires était arrivé à terme, ensuite, la majorité des cartels était devenue dysfonctionnelle à cause des conflits internes ou autre. Il a fallu l’intervention du gouvernement pour réguler cette situation.

Quelle est la mission de ces cartels ? Seraient-ils le fruit de négociation entre des parlementaires avec l’exécutif surtout depuis le processus de votre ratification ?
R.- Nous avons constaté que ces conflits avaient pour conséquence la privation de certains services à la population. En tant que responsables, nous avons pris cette décision en vue de permettre à la population de bénéficier de services auxquels elle a droit.

Ces changements ont-ils des rapports avec les prochaines élections ?
R.- Ce gouvernement n’a pour boussole que la Constitution et le bien-être de la population. C’est-à-dire lutter contre toute forme d’exclusion sociale et la pauvreté extrême.

Comment sont vos rapports avec le ministre de l’intérieur, Thierry Mayard-Paul ?
R.- Relations parfaites. Nous sommes deux amis de longue date et des hommes d’État responsables. Nous n’avons qu’une mission qui est celle de faire atterrir la vision du Président de la République, par l’amélioration des conditions de vie de la population. Donc, il ne saurait y avoir de problèmes entre nous.

Qu’est-ce qu’on peut espérer de Laurent Lamothe pour les six derniers mois de l’année sous le plan politique ?
R.- Je considère mon rôle en tant que Premier ministre comme une grande mission, absolument réduire la pauvreté extrême, lutter contre l’exclusion, rebâtir Haïti, et faire atterrir les promesses du Président de la République basées sur les « 5 E », priorités du gouvernement.

Propos recueillis par Eddy Jackson Alexis
Source: Le Matin

Eddy Jackson Alexis

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