Le Président Michel Martelly a procédé lundi au lancement de la « Carte Rose coumbite solidarité », un programme pilote d’assurance santé de l’OFATMA destiné à 2.000 personnes, et qui, outre son apport dans le renforcement de la sécurité sociale, est associée à un puissant symbole politique, la couleur de campagne de l’ancien chanteur au pouvoir depuis un an.
Les premiers bénéficiaires ayant reçu leur carte de santé sont 400 travailleurs et leurs familles, a indiqué le chef de l’Etat qui s’est réjoui de pouvoir honorer l’une de ses promesses électorales, lors d’une cérémonie qui coïncidait avec l’inauguration du nouveau département de physiothérapie de l’OFATMA.
Durant une année, les détenteurs de la fameuse Carte Rose auront accès gratuitement aux soins de santé dans six hôpitaux opérant seulement dans le département de l’ouest. En raison du nombre insuffisant de médecins et d’établissements de santé disponibles à travers le pays, cette nouvelle politique mettra du temps à se généraliser, a poursuivi M. Martelly.
Cependant, il s’est empressé de souligner que la gratuité de la carte de santé ne se limitera qu’à la phase expérimentale du projet. Car, au terme de la première année, en fonction des résultats obtenus, le versement d’un montant restant à déterminer sera obligatoire pour l’accès aux soins médicaux.
Le dirigeant haïtien en a profité pour affirmer que, contrairement à ce qui racontaient ses détracteurs, il ne s’agissait pas d’une carte réservée aux membres d’une supposée « milice rose » en formation, mais bien à ceux n’ayant pas les moyens de se faire soigner.
Le lancement de la Carte Rose a été précédé de la cérémonie de mise en service, en présence de plusieurs officiels, du département de physiothérapie de l’OFATMA conçu en partenariat avec la Croix-Rouge française afin d’accueillir en priorité les nombreuses victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui avait fait 300.000 morts, mais aussi laissé d’innombrables blessés et handicapés.
En quête d’un véritable changement social ou de gains politiques faciles, vecteurs potentiels de popularité au sein d’une population exsangue et dans un pays naufragé où le désespoir a déjà triomphé, l’administration Martelly a multiplié ces derniers jours les initiatives en faveur des couches sociales les plus défavorisées. Outre « Aba Grangou » qui ambitionne de résoudre le problème de la faim, le Premier ministre Laurent Lamothe et l’épouse du chef de l’Etat, Sophia Saint-Rémy Martelly, ont lancé dimanche à Cité Soleil un autre programme baptisé « Ti Manman Cheri » consistant en une aide financière directe aux mères de famille en vue d’encourager la scolarisation de leur progéniture.
Ainsi, une modique allocation mensuelle de 400 gourdes sera accordée aux mamans ayant un enfant à l’école contre 600 et 800 gourdes pour celles qui en ont respectivement deux et trois sous leur responsabilité. 100.000 bénéficiaires seront sélectionnées d’ici la fin de l’année dans les quartiers populaires de Cité Soleil, Bel Air, Carrefour-Feuilles et Fort National.
Pour Laurent Lamothe, qui s’exprimait dans la localité de Bois-Neuf à l’occasion de la fête des mères, « Ti Manman Cheri » constitue un « programme révolutionnaire » en matière lutte conttre l’extrême puavreté que n’avait jamais connu Haïti, en 208 ans d’indépendance. spp/Radio Kiskeya





