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Le président dominicain a eu gain de cause sur le salami

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Quatre jours après la clôture du 5e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de  l'Association des Etats de la Caraïbe, la presse dominicaine a révélé que le président Danilo Medina avait eu, en marge du sommet, une rencontre avec son homologue haïtien sur l'interdiction, de la commercialisation et de la consommation du salami dominicain  en Haïti. Selon le porte-parole du gouvernement dominicain, Rodriguez Marchena, l'interdiction a été levée conformément à un accord intervenu entre les présidents haïtien et dominicain.
 
Depuis l'enquête menée par une firme dominicaine, l'année dernière, révélant l'existence de matières fécales dans les salamis dominicains, les autorités haïtiennes avaient interdit l'importation, la commercialisation et la consommation de ce produit. En janvier dernier, le ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) avait, dans une note de presse, pris la décision de lever, de manière conditionnelle, l'interdiction d'importation, de distribution, de commercialisation du salami en provenance de la République dominicaine à la suite  des résultats d'analyses effectuées sur différents prélèvements faits à Port-au-Prince, révélant que les échantillons de salami  prélevés à travers les rues ont présenté des agents contamination et les autres prélevés dans les supermarchés sont conformes aux normes admises pour la consommation.

Cette décision prise par le président haïtien, si décision il y a, n'est pas conforme à l'enquête du ministère du Commerce et de l'Industrie qui jusqu'à présent n'a rien annoncé à propos de ce produit provenant de la République voisine. S'agit-il d'un show médiatique du gouvernement dominicain ou d'une situation embarrassante pour le gouvernement haïtien ?  Si  un accord a été conclu entre Michel Martelly et Danilo Medina, qu'est-ce qui aurait empêché le gouvernement d'annoncer cette décision dans un communiqué de presse ?  Mais,  si en prenant cette décision,  Martelly  n'avait pas contacté le ministère du Commerce, qui n'a pas encore autorisé la commercialisation et la consommation de tous les salamis dominicains, on peut comprendre le silence des autorités haïtiennes dans ce dossier.

La nouvelle apparaît comme une bouffée d'oxygène pour les entreprises dominicaines qui produisent le salami. La plupart d'entre elles  avaient été obligées de fermer leurs portes, tandis que d'autres avaient renforcé les  normes de production conformément aux exigences du gouvernement dominicain.  Des études ont été conduites sur les pertes d'emplois qu'avait provoqué cette situation de l'autre côté de la frontière. Chez nous, beaucoup de détaillants  avaient accueilli avec amertume l'interdiction de consommer le salami dominicain. Ceux qui avaient stocké le produit ne savaient plus à quel saint se vouer. Selon toute vraisemblance, l'économie dominicaine analyse minutieusement les besoins des Haïtiens afin de bien orienter sa production.
 
Entre-temps, il n'y a ni ministère ni association patronale qui se penchent sur la production de biens en vue de parvenir à la création de richesses en Haïti. Tout par et pour l'importation afin d'enfoncer le pays dans la dépendance par rapport à la République dominicaine notamment.

Lemoine Bonneau - Le Nouvelliste

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