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Les 12 personnalités de l’année 2016 du Nouvelliste

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image Frantz Duval Rédacteur en chef du Nouvelliste

Pour la sixième année consécutive, Le Nouvelliste publie la liste des personnalités qui ont marqué l’année. Par ordre alphabétique et sans prendre en compte ce qui est bien ou mal dans leur parcours, nous publions ci-après la liste des 12 personnalités qui ont pesé sur l’année 2016. Comme chaque année, cette liste reflète les choix de la rédaction du journal.

Jude Célestin : candidat à la présidence malheureux en 2010-2011, c’est lui qui a fait capoter les élections de 2015 en refusant de participer au second tour. Jude Célestin vient de faire encore une fois campagne pour occuper la magistrature suprême du pays. Contrairement à 2015, les résultats préliminaires le donnent perdant. Le candidat du parti Lapeh conteste devant les instances contentieuses du Conseil électoral la répartition des votes et attend début janvier les résultats définitifs de la présidentielle. On ne sait pas si comme en 2011 il va s’enfermer dans le mutisme qui est sa marque de fabrique ou va-t-il se mettre à faire de la politique une occupation à plein temps, élu ou pas. 

Les Grenadiers : personne n’y croyait ce soir de janvier 2016 dans ce dernier match devant la Jamaïque et puis, dans un sursaut inespéré, l’équipe haïtienne terrassa son adversaire et se qualifia pour l’édition du centenaire de la Copa America. C’est dans l’euphorie de cet exploit que l’équipe haïtienne débarqua aux Etats-Unis d’Amérique avec des rêves immenses et l’espérance de faire chuter toutes les équipes mises sur sa route. La compétition ne se déroula pas selon notre scénario de doux rêveurs. Le Pérou, le Brésil et l’Équateur nous corrigèrent en nous ramenant à notre juste valeur, celle d’une équipe avec peu de moyens et un ego démesuré. En dépit de la déconvenue et de l’année qui s’achève avec le départ de l’entraîneur Patrice Neveu, la participation haïtienne à la Copa America reste un grand événement. Elle nous permit de nous hisser à la hauteur de l’élite de notre continent. Sur la planète football, ce n’est pas peu. 

Ban Ki-moon : le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies aura attendu les derniers mois de son mandat pour présenter du bout des lèvres ses regrets au sujet de l’implication de l’ONU dans la propagation du choléra en Haïti et annoncer des actions de l’organisation pour aider Haïti à renforcer ses défenses après plus de dix mille morts enregistrées à cause de l’épidémie. Si Monsieur Ban a cherché à tirer la couverture à lui, ce sont les victimes et les avocats (en première ligne dans le combat pour forcer l’ONU à prendre ses responsabilités), les médecins et le personnel de santé haïtien et cubain (qui ont porté secours aux victimes) qui sont les héros de cette désastreuse affaire. Pas le Coréen de l’ONU. 

Danton Léger : difficile de citer le nom du commissaire du gouvernement sans citer le nom de Charlot Jeudi, militant de la cause homosexuelle en Haïti. Il est à craindre qu’aucun des deux ne prenne plaisir à se voir associé à l’autre. Charlot Jeudi, promoteur en Haïti de MassiMadi, festival des films et des arts LGTBQ + Afro-Caribéens, et le commissaire Danton Léger n’ont pas vu d’un même œil cette évolution des mœurs. Le commissaire du gouvernement a bataillé pour que les lesbiennes, gays, transgenres et bisexuels restent dans leur placard. Le président de l’ONG Kouraj voulait les exposer. Danton a connu dans cette affaire une de ses rares victoires car le festival fut annulé. On ignore si Jeudi reviendra à la charge en 2017 avec cette initiative qui provoqua en 2016 des torrents de réactions homophobes. Si Danton Léger a réussi à mater Charlot Jeudi, ses autres initiatives et tentatives pour arrêter, questionner, interdire de voyage des citoyens connurent des échecs retentissants. Mais Danton Léger est encore ferme à son poste en dépit des tentatives de le dessaisir de sa juridiction. 

Michel Martelly : sorti par la petite porte en février 2016 sans avoir pu transmettre le pouvoir à un président élu, Michel Martelly est de retour en force sur la scène depuis le 18 novembre. D’abord dans un message vidéo pour appuyer le candidat Jovenel Moïse après avoir été des plus discrets pendant la campagne 2016, puis en récoltant les lauriers de la victoire le soir de la proclamation des résultats préliminaires lors d’une réception en l'honneur de Jovenel Moïse qui l’a replacé comme chef de son parti et de son camp politique. Fin décembre, c’est sur une autre scène que Michel Martely a fait son grand retour comme chanteur et animateur hors pair. Le soir de son premier bal, ce sont ses grivoiseries qui ont retenu l’attention plus que le retour musical du président du compas. Avec les résultats préliminaires en faveur de son poulain, Jovenel Moïse qu’il a choisi seul contre tous, Michel Martelly est en train de faire ses preuves de stratège politique au savoir-faire insoupçonné. 

Matthew : cela faisait plus de trente ans que le pays n’a pas été frappé par un ouragan de catégorie 5, la plus puissante sur l’échelle Saffir-Simpson. Cela faisait aussi longtemps qu’à chaque alerte que le pire ne survenait pas. Nous avons baissé la garde. Ce 3 octobre 2016, quand les vents de plus de 200 kilomètres/heure déferlent sur le pays, cela prend par surprise des villes entières. Matthew, implacable, a dévasté le Sud et la Grand’Anse avant de semer morts et désolation dans plusieurs autres régions du pays. Cela prendra des années pour que les zones affectées se relèvent. 

Jovenel Moïse : « Nèg bannann nan ». Ce qui aurait pu être un sobriquet est devenu une enseigne, l’appellation qui traîne un relent péjoratif est devenue un slogan suffisant pour conduire toute la campagne du candidat à la présidence du PHTK. Caché derrière cette efficace image, Jovenel Moïse a pu se différencier de Michel Martelly et prendre ses distances de l’emblème martial du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK) sans rien renier de ses racines. Homme d’affaires entreprenant, pas toujours heureux en affaires, Jovenel Moïse est sorti en 2015de ses exploitations agricoles pour devenir homme politique et le successeur désigné du président sortant. Après la catastrophe des élections organisées par le CEP de Pierre-Louis Opont, il a su se maintenir et repartir en campagne. Dans l’attente des résultats définitifs, il est classé comme gagnant de la présidentielle du 20 novembre 2016. 

Makenzy Orcell : c’est le jeune écrivain haïtien qui monte. Sauf dans les petites réunions de lettrés, il est plus connu à l’étranger que dans son pays. En 2016, Makenzy Orcell a pourtant décroché quatre prix littéraire pour son livre « L’Ombre animale ». Le prix Louis-Guilloux 2016, le Prix Littérature-monde, le Prix littéraire des Caraïbes 2016 décerné par l'Association des écrivains de langue française (ADELF) et le Prix Ethiophile 2016 toujours pour « L’Ombre animale ». Jurys et lecteurs en Europe, dans la Caraïbe et en Afrique lui reconnaissent des talents que les lecteurs haïtiens doivent découvrir et que nos critiques doivent disséquer. Avant l’Ombre animale (Paris: Zulma, 2016), Orcell avait publié Les Immortelles (Montréal: Mémoire d’encrier, 2010; Paris: Zulma, 2012) et Les Latrines (Montréal: Mémoire d’encrier, 2011). L’auteur a aussi une œuvre poétique que l’on retrouve dans des revues et une plaquette. 

Les partants : tous les jours, à l’aéroport international de Port-au-Prince, on les voit, jeunes et instruits, heureux et inquiets, les yeux remplis d’espoir, en partance pour un pays limitrophe en attendant de rejoindre le Chili ou le Brésil. Certains, sitôt leurs valises posées, repartent pour essayer de rejoindre les Etats-Unis d’Amérique. Si le pays de Donald Trump n’est éloigné que d’un millier de kilomètres des côtes haïtiennes, certains compatriotes ont fait un périple de plus de vingt mille kilomètres, en zigzaguant dans toute l’Amérique latine, avant de rejoindre San Diego aux USA, par exemple. A chaque frontière, nos compatriotes ont bousculé les us et coutumes jusqu’à porter plusieurs pays, dont les Etats-Unis, à changer de politique migratoire. Nos partants demeurent la principale et la plus précieuse exportation du pays et leurs transferts au pays, le premier poste de rentrée de devises de la République. 

Liliane Pierre-Paul : journaliste vedette depuis la fin des années 70 avec la belle époque de Radio Haïti Inter, Liliane Pierre-Paul est connue aussi bien pour son talent, son arrestation puis son exil sous Duvalier, sa séparation avec Jean Dominique pour aller fonder Radio Kiskeya, que pour les combats qu’elle mène au jour le jour dans son fameux « Jounal 4è » pour porter le métier de journaliste au plus loin. Femme, militante, engagée, Liliane Pierre-Paul est aux prises depuis plus d’un an avec l’acharnement de Michel Martelly. Le chanteur président redevenu chanteur a pris Ti Lili, identifiée par tous à la journaliste, comme souffre-douleur grivois de ses sorties sur scène et, qui sait, sur un char en 2017. Personne n’aurait cru que Liliane Pierre-Paul, héroïne de la bataille pour la liberté d’expression, avait tant œuvré, avec d’autres, pour offrir une telle tribune à un président-artiste, car c’est au nom de sa liberté d’expression que Martelly se défoule. 

Jocelerme Privert : en décembre 2015 à pareille époque, Jocelerme Privert était un sénateur du petit département des Nippes, plus connu pour son entregent et ses prises de position sur les questions fiscales et financières que comme une tête d’affiche au Parlement. En un mois, l’homme de la Plaine de Baconois allait se lancer dans une campagne efficace pour devenir président du Sénat et de fait celui de l’Assemblée nationale. A ce titre, il négocia la sortie honorable de Michel Martelly et prit la présidence provisoire du pays. D’abord pour un mandat de 120 jours et depuis le 14 juin 2016 avec un mandant sans durée connue d’avance. Pour réussir un sans faute, Privert doit tout faire pour que les élections de 2016 finissent en beauté avec des élus à tous les postes et la paix des rues le jour de la passation des pouvoirs. 

Résidents de l’UEH : c’est une grève des résidents et internes des hôpitaux publics comme les autres, disait-on au lancement du mouvement de revendication de ceux qui font tourner le système de santé publique du pays. Personne ne prit au sérieux leur demande faramineuse de relèvement de leurs frais ni leur ultimatum pour exiger l’amélioration des conditions de travail et la dotation des centres hospitaliers en matériels. Sans mettre sur pied une cellule d’urgence, c’est plus de quatre mois qu’allait durer le mouvement avant qu’un dénouement ne soit trouvé avec le ministère de la Santé publique. Au final, les résidents et internes ne purent obtenir qu’un léger relèvement de leurs frais, car ces étudiants en formation spécialisée avaient oublié que tout changement dans leur émolument provoquerait des obligations de relèvement pour tout le secteur de la santé publique. Au final, ce fut vraiment une grève comme les autres, comme la population les subit depuis 1986. 

Frantz Duval Le Nouvelliste



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