L’une des réactions les plus cinglantes contre la constitution le week-end dernier d’une majorité présidentielle à la Chambre basse est celle du dirigeant de Inite, Paul Denis, qui annonce l’exclusion de la plateforme de tous les Députés ayant pris part à la fameuse retraite du Club Indigo tout en dénonçant un « projet de restauration de la dictature » qu’aurait le chef de l’Etat.
Dans une interview à Radio Kiskeya, l’ancien Sénateur et ministre de la justice de René Préval, aujourd’hui grand conseiller de l’ex-parti au pouvoir, a catégoriquement affirmé que tous ceux-là qui se trouvaient sur la Côte des arcadins (ouest) ont fait le choix de se séparer de Inite. Il explique que leur participation à la naissance du bloc parlementaire pour la stabilité et le progrès (PSP) sous le leadership du Président Michel Martelly, n’avait fait l’objet d’aucune consultation au sein du directoire de la plateforme.
Ce groupe parlementaire, qui revendique une soixantaine de Députés, est la « force d’appoint » dont M. Martelly entend se servir pour tenter de rétablir un régime autoritaire en Haïti, prévient Paul Denis. Dans la foulée, il s’est rebiffé en déclarant que le locataire du Palais National ne sera jamais en mesure de faire revenir les haïtiens à ce temps révolu.
Le dirigeant de Inite n’était pas en mesure de préciser le nombre d’élus à avoir fait défection. Mais, l’on sait qu’ils représentaient un groupe très significatif à la retraite où ils ont eu l’opportunité de discuter avec un transfuge de taille, l’ancien Sénateur Joseph Lambert passé en très peu de temps du statut de coordonnateur national de la plateforme à celui de conseiller spécial du chef de l’Etat.
Autres responsables politiques à rejeter cette collusion entre l’Exécutif et une bonne partie du Parlement, le Député des Gonaïves (Artibonite, nord), Sadrac Dieudonné, et l’ancien Sénateur Turneb Delpé, leader du Parti nationaliste démocratique et progressiste haïtien (PNDPH), qui qualifient tous deux la démarche d’illégale et dénoncent une porte ouverte à la corruption.
En outre, l’élu du MOCHRENA, également président du nouveau bloc parlementaire pour le renforcement institutionnel (PRI, opposition), prédit que la majorité présidentielle ne pourra pas tenir longtemps.
Les Députés et le pouvoir soutiennent n’avoir guère abordé, dans leurs conciliabules, l’épineuse question du conseil électoral permanent, pourtant sujet incontournable dans l’espace politique en raison de la vague de contestations qui continue à déferler sur un organisme électoral souffrant d’un grave discrédit et qui attend désespérément de combler les trois sièges attribués au Parlement. spp/Radio Kiskeya





