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Martelly-Conille : déjà le divorce ?

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Décidément rien ne va plus dans le couple Martelly-Conille. Le tonitruant sénateur de l’Ouest semble avoir eu raison de l’ancien fonctionnaire onusien. Jean Hector Anancacis, comme un prophète de malheur, l’avait annoncé il y a moins de quatre mois. Le président Michel Martelly veut définitivement tourner le dos à son Premier ministre. Les scandales se succèdent. L’étau se resserre sur Garry Conille. Ce dernier recourt à ses alliés. L’horizon politique s’obscurcit pour le chef de la Villa d’accueil et consorts.

Le dernier scandale survenu à la résidence officielle du Premier ministre paraît compliquer les choses. Le Premier ministre ne veut piper mot. Cependant, le malaise grandit dans son entourage. De hauts fonctionnaires de la primature crachent leur déception. Alors que, apparemment, Garry Conille fait semblant que tout marche à merveille au sein du gouvernement. Est-ce déjà la consommation du divorce ?

D’autres faits sont encore patents dans le cadre de ce dossier. La longue attente du chef du gouvernement au secrétariat du président de la République continue de provoquer des remous. Il y aurait attendu cinq heures avant de pouvoir rencontrer le Président. Pire encore, en présence de M. Conille, le président Martelly a fait un clic dental, humiliant toute une nation, à l’issue d’une conférence de presse à l’aéroport Toussaint Louverture la semaine dernière. Les grands commis de l’État, avec pitié, ont applaudi le Président qui a mis fin à sa conférence sans aucune salutation d’usage.

Le dossier qui achoppe

La dernière sortie du Premier ministre Garry Conille a fait couler encre et salive dans l’entourage de la présidence. La remise en question des derniers contrats signés avant le départ de l’administration de Préval fait des gorges chaudes. Trois cents millions de dollars sont en jeu. Qui sont les véritables gagnants ? L’ex-chef de la primature, Jean Max Bellerive, aujourd’hui conseiller du président Martelly, est sorti de ses gonds. La bataille se fait sur tous les fronts.

Controverse. Polémique. Jean-Max Bellerive et Garry Conille aujourd’hui dos à dos. Trois contrats de gré à gré ont été signés quelques jours seulement avant que René Préval ne laisse le pouvoir. Un profond doute plane sur ces contrats. Huit kilomètres de route pour la bagatelle de 25 millions de dollars sont un exemple concret du malaise de l’actuel chef de la Villa d’accueil.

La commission d’enquête annoncée par la primature ne semble pas être bien vue. Garry Conille ne veut pas avancer sans un audit sur les contrats signés par l’ancienne administration. Jean-Max Bellerive se dit prêt pour un audit. À son avis, cette question de commission peut être vue comme une sorte de diversion. Il en veut pour preuve le retard mis dans l’exécution de ces contrats.

Malgré tout, le docteur Conille y tient mordicus. Il prend comme argument le décaissement rapide des fonds par les bailleurs. Mais faut-il dire que la présence au sein du gouvernement de Jude Hervé Day, ancien chef de cabinet de M. Bellerive, n’est pas très bien vue par Garry Conille ? Que de discorde et de zizanie au sein de cette jeune équipe !

Martelly au Sud, Conille au Nord

Le président est revenu la semaine écoulée d’un long périple chez les dirigeants de gauche de la région. Pas une simple visite. Une participation active au 11e sommet de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de l’Amérique (Alba) était en toile de fond de ce voyage. Michel Martelly va jusqu’à demander, à l’insu du Parlement, une adhésion au sein de cette structure créée au début de l’année 2000 par Hugo Chavez pour contrecarrer la Zone de libre-échange de l’Amérique (ZLEA).

Dans l’intervalle, le Premier ministre Garry Conille était lui-même en visite à Washington pour rencontrer des autorités américaines et des responsables d’organisations internationales, dont la Banque interaméricaine de développement (BID) et les institutions de Bretton-Woods. Conille se donne pour mission de convaincre les bailleurs de décaisser beaucoup plus rapidement, alors que Martelly se cherche de préférence au Sud.

L’expression de la rupture se fait de plus en plus sentir. Les jours de Garry Conille peuvent être comptés à la tête à la primature. De toute façon, son avenir politique dans cette conjoncture n’est pas clair. Les deux équipes tendent à tirer sur la corde pour le malheur du pays. Martelly et Conille s’affrontent déjà. Sont-ils en train de donner raison à Jean Hector Anacacis qui prévoyait une alliance contre nature ? Chaque décision politique devra être analysée à la loupe. Mais, se demande-t-on, quelles seront les réactions de ceux qui ont aidé Conille à parvenir à la tête de la primature, notamment le maestro Bill Clinton ?

cjchanoine@yahoo.fr
Joseph Chanoine Charles
Source: Le Matin
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