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Martelly rate le Sommet des Amériques

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Le président Michel Martelly ne participera pas au 6e Sommet des Amériques où il était attendu depuis vendredi, a appris Le Nouvelliste d'une source proche de la présidence.
Le Sommet des Amériques réuni les chefs d'Etat et de gouvernement de tout le continent américain du 14 au 15 avril à Carthagène des Indes, en Colombie.
Le président Martelly n'est pas le seul chef d'Etat à avoir annulé sa participation au sommet. La veille, c'est le Vénézuélien Hugo Chavez qui, pour des raisons de santé, a renoncé à s'y présenter. Le président de l'Equateur Rafael Correa et le président du Nicaragua, Daniel Ortega ont boycotté la rencontre en solidarité avec Cuba.
« Vendredi, le président Martelly ne se sentait pas bien et avait reporté son déplacement pour ce samedi. Il s'est encore réveillé un peu souffrant, mais avait quand même décidé de faire ce déplacement important pour le pays. Malheureusement, l'avion qui devait le conduire en Colombie a reçu les autorisations de vol avec du retard. Devant l'inévitable retard, le président Martelly a préféré annuler son voyage par courtoisie pour ses pairs qui seraient déjà en réunion plénière à l'heure à laquelle il atterrira en Colombie », a indiqué au journal un proche de Michel Martelly.
Le président Martelly se relève à peine de sa période de convalescence après avoir subi une intervention chirurgicale à l'épaule en Floride avant Pâques. Renté au pays jeudi après une semaine à Miami, il avait eu une longue journée en compagnie du président Mexicain Felipe Calderon en visite officielle en Haïti.
Ces derniers mois, le président gère sans arrêt des dossiers lourds. Divorce difficile avec le Premier ministre Garry Conille, péripéties au parlement autour de sa nationalité, accusation d'avoir reçu des pots-de-vin de la part d'un homme d'affaires et sénateur de la République dominicaine et, depuis jeudi, découverte d'un complot dominicano-haïtien pour le salir et le renverser, selon les explications officielles du ministère de la Justice et de la Sécurité publique.
Bien que jouissant d'une santé de fer (seulement deux annulations de prestations musicales en 23 ans de carrière) l'ancien chanteur devenu président de la République faire face à la fois à la charge physique qu'à la charge émotionnelle de sa nouvelle fonction de chef de l'Etat haïtien.
« Le président est un passionné, il s'implique à fond dans toutes les tâches qu'il embrasse. Il s'en prend à bras le corps aux problèmes et Haïti en regorge. C'est épuisant pour tout humain de suivre le rythme... », analyse un fin observateur de la scène politique haïtienne.
Un sommet particulier
Ce Sommet des Amériques se présentait comme un carrefour important pour les pays proches de Cuba qui devaient y défendre le retour du dernier pays communiste de l'Amérique au sein de l'Organisation des Etats Américains dont il a été exclu en 1962.

Les débats au 6e Sommet des Amériques se sont ouverts ce samedi et se déroulent dans un centre d'affaires situé près du centre historique de Carthagène des Indes cette cité coloniale, placée sous la surveillance de 17.000 policiers et militaires. L'hymne colombien a été chanté en ouverture par la vedette de la pop colombienne Shakira.
Arrivé la veille pour sa première visite en Colombie, le président américain Barak Obama est d'abord venu parler de commerce à ses voisins d'Amérique latine, une région qui absorbe 40% des exportations des États-Unis.
Toutefois, ses voisins du Sud comptent aussi aborder des sujets plus polémiques comme le trafic de drogue, source d'une forte criminalité notamment en Amérique centrale.
Prévue ce week-end dans le port caribéen de Carthagène, cette réunion de l'Organisation des Etats américains (OEA) est consacrée officiellement à l'intégration et la prospérité économique, mais l'ordre du jour risque d'être bousculé par la proposition controversée de dépénalisation de la cocaïne.
Avant même son départ, le président américain a réaffirmé son opposition à cette option, tout en jugeant le "débat légitime".
"Par exemple, les États-Unis ne vont ni légaliser ni dépénaliser les drogues parce que cela aurait de graves conséquences sur la santé et la sécurité publique", a-t-il assuré, dans un entretien publié vendredi par un groupe de journaux latino-américains.
Une réunion des dirigeants d'Amérique centrale, frappée par 20.000 meurtres liés aux cartels l'an dernier, est prévue samedi juste avant l'ouverture du sommet pour définir une position commune face aux États-Unis, premier consommateur mondial de drogues.
Lancée à l'initiative du Guatemala, l'idée d'une dépénalisation n'éliminera pas "le danger que représente le crime organisé international", a souligné M. Obama.
Autre pomme de discorde attendue avec ses pairs d'Amérique latine, l'absence de Cuba, un thème sur lequel le président des États-Unis s'est aussi montré particulièrement incisif.
"Les autorités cubaines n'ont montré aucun intérêt à modifier leurs relations avec les États-Unis, ni aucune disposition à respecter les droits démocratiques et humains du peuple cubain", ajoutant qu'"aucun régime autoritaire ne dure toujours".
Exclue de l'OEA depuis 1962, date de l'embargo économique imposé par la Maison-Blanche, l'île communiste n'a jamais demandé sa réintégration comme le lui a proposé l'organisation lors de la précédente édition en 2009.
Lors de son arrivée vendredi à Carthagène, le président de Bolivie Evo Morales s'est dit convaincu que ce sommet serait "le dernier sans Cuba".
Haïti est représentée au Sommet des Amériques par le Premier ministre désigné et actuel ministre des Affaires étrangères et des Cultes Laurent Lamothe. L'ambassadeur d'Haïti auprès de l'Organisation des Etats Américains (OEA), Dully Brutus, l'ambassadeur d'Haïti au Venezuela, Lesly David, et le sénateur Wenceslas Lambert, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat font partie de délégation haïtienne.

Frantz Duval avec AFP

Source: Le Nouvelliste

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