Accueil | Nouvelles | Haiti | Me Néhémie Joseph démissionne du CSPJ

Me Néhémie Joseph démissionne du CSPJ

Taille de la police: Decrease font Enlarge font
image

Le représentant de la fédération des barreaux d’Haïti au conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Me Néhémie Joseph, a annoncé jeudi son départ de l’institution, en pleine crise, en se pliant à l’ordre de rappel de son secteur d’appartenance fermement opposé à la désignation illégale de trois potentiels conseillers électoraux à l’instigation du président du CSPJ, Me Anel Alexis Joseph.

Les barreaux de la république exigeaient le retrait inconditionnel du choix contesté de Patrick Métellus, Salnave Exantus et Yves Benoît Jean-Marie retenus arbitrairement pour intégrer le conseil électoral permanent sur une liste de douze présélectionnés, lors d’un supposé vote auquel avaient pris part, le 24 juillet, quatre des neuf magistrats.

« Je me retire du CSPJ », a confié à Radio Kiskeya Me Joseph, également porte-parole, peu après avoir reçu une correspondance de la fédération adressée en même temps au président de l’organe de régulation du système judiciaire. Rappelant qu’il était totalement en phase avec le secteur l’ayant désigné, l’intéressé souligne qu’il disposait d’un mandat de trois ans et suivrait les instructions en vue d’une réintégration ou non du CSPJ.

Avec trois de ses collègues, Mes Dilia Lemaire, Max Elibert et Gustave Pharaon, Néhémie Joseph s’était ligué contre la décision d’Anel Alexis Joseph.

En raison de la nette détérioration de la situation au sein du CSPJ partie prenante d’une crise susceptible de prendre de l’ampleur, un deuxième membre envisagerait d’emboîter le pas au magistrat démissionnaire.

Pour sa part, le président de la fédération des barreaux, également bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Carlos Hercule, a expliqué que la démarche de l’institution auprès du CSPJ visait à exprimer son « refus de cautionner l’inacceptable » et à exiger le retour à une « situation de droit ».

Accusant l’Exécutif d’être le principal responsable de la crise actuelle, l’avocat dénonce l’asservissement du conseil supérieur du pouvoir judiciaire qui serait traité avec très peu de respect.

Dans ses tentatives de défense de la décision controversée à laquelle il s’est résolument accroché, le président Anel Alexis Joseph a plusieurs fois indiqué qu’il avait voté pour deux au cours des délibérations marquées par le départ de quatre membres du CSPJ qu’il avait choisi d’assimiler à une abstention.

Finalement, mercredi, sans une reprise du vote conforme aux procédures en vigueur, la voix de Me Antoine Norgaisse a été additionnée à celles de Anel Alexis Joseph, Thiers Malette, Jean Alix Civil et Jean Etienne Mercier.

Avec un CSPJ empêtré, discrédité et diminué, la crise ne fait que s’aggraver et, dans le bras de fer engagé autour de la formation éventuelle d’un CEP permanent en manque de légitimité, le pays semble à la veille d’une nouvelle période d’instabilité tant les ingrédients annonciateurs de troubles politiques s’accumulent. spp/Radio Kiskeya

  • email Envoyer par email à un ami
  • print Version imprimable
  • Plain text Texte complet
Notes
Pas de note pour cet article
Estimez cet article
0