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Pas de progrès, Martelly envisage un « CEP permanent conjoncturel »

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Le deuxième round de discussions entre Michel Martelly et le Sénat autour de la résolution de la crise née de la formation contestée du conseil électoral permanent n’a pas abouti mardi soir au compromis espéré, le chef de l’Etat resté accroché à sa position initiale a avancé l’idée d’un « CEP permanent conjoncturel » assurant le maintien des six conseillers électoraux déjà en fonction.

A l’issue de neuf heures d’échanges à l’hôtel Montana avec un groupe de 17 membres du Grand Corps, le Président a réaffirmé sa détermination à ne pas toucher à l’organisme électoral tel que constitué et indiqué que le Parlement devrait désigner dans les prochains jours ses trois représentants sous peine de laisser les sièges vacants.

S’inspirant d’une proposition du Sénateur Andrys Riché pour articuler sa prétendue nouvelle option, Martelly a également redit sa volonté de respecter scrupuleusement la constitution amendée en vigueur tout en confirmant le refus catégorique de l’Exécutif de réclamer du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) la reprise du vote entaché de graves irrégularités ayant conduit à la désignation de trois membres du conseil électoral.

Pour la énième fois, il a invité les parlementaires à dégager une formule en vue de permettre au corps législatif de compléter l’institution chargée en principe d’organiser les prochaines élections sénatoriales, municipales et locales. Basant ses considérations sur le fait que des obstacles politiques et non une insuffisance numérique empêchaient le Parlement de se prononcer sur la question à la majorité des deux tiers, le Président Martelly a clairement averti que le CEP permanent partiel continuera à fonctionner si le Sénat serait définitivement dans l’incapacité de se réunir avec la Chambre basse en assemblée nationale.

Enfin, le chef de l’Exécutif a indiqué qu’il entendait rester ouvert à d’autres propositions que pourraient lui soumettre les Sénateurs pourvu qu’elles soient conformes aux « avancées » déjà réalisées dans les discussions entre les deux parties.

Particulièrement optimiste avant la tenue de cette nouvelle rencontre qui devait, selon lui, ouvrir la voie à une solution rapide de la crise, le vice-président du Sénat, Andrys Riché, a, peut-être involontairement, apporté de l’eau au moulin du locataire du Palais National en réclamant la mise en place d’un CEP conjoncturel qui refléterait la réalité politique actuelle. Le représentant de la Grand’Anse (sud-ouest) n’a guère été précis dans ses explications sur la nature de cette institution électorale spéciale au point où le camp de l’Exécutif a pu récupérer l’idée au profit d’un nouveau plaidoyer pour la légitimation de son conseil électoral permanent, confronté à une contestation tenace dans la classe politique et la société civile.

Cependant, dans ses propos devant la presse à l’issue de cette journée marathon, le Sénateur Riché s’est réjoui des « progrès » enregistrés en soulignant que l’assemblée dont il fait partie allait désormais travailler sur sa proposition et une deuxième présentée par Steven Benoît.

L’élu de l’ouest a recommandé la constitution d’un CEP provisoire de consensus dont le mandat n’irait pas au-delà des prochaines compétitions électorales.

Se réjouissant de la « flexibilité » dont ont fait montre les différents acteurs, en particulier le chef de l’Etat, Riché précise que le Sénat devra trancher en faveur de l’une ou l’autre des deux propositions afin de contribuer à faire sortir le pays de l’impasse.

L’Exécutif et le Sénat ont convenu de revenir à la table des discussions une fois que le vote attendu aura été obtenu, conclut le parlementaire de l’OPL/Alternative.

Les autres représentants du Parlement ont discrètement laissé l’hôtel Montana pour échapper aux journalistes qui s’apprêtaient à les interroger.

Seuls trois Sénateurs n’avaient pas fait le déplacement, Moïse Jean-Charles, farouche adversaire de M. Martelly qu’il n’a plus rencontré depuis des mois, son collègue du nord, Westner Polycarpe et Maxime Roumer de la Grand’Anse.

Dans l’équipe gouvernementale, se trouvaient une fois de plus des ministres comme Ralph Théano (chargé des relations avec le Parlement) et Mario Dupuy (culture), la chef de cabinet du Président, Anne Valérie Thimothé Milfort, ses conseillers Grégory Mayard Paul, Joseph Lambert et Youri Latortue.

Haïti pourrait se diriger vers de nouvelles élections contestées si rien ne devait changer la donne et créer les conditions d’un compromis engageant les forces politiques et sociales et préservant les règles démocratiques. spp/Radio Kiskeya

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