Prévenir une augmentation des cas de maladies liées à l'alimentation
Des spécialistes haïtiens ont appelé samedi les autorités haïtiennes à mettre en œuvre une politique de nutrition, à réglementer le secteur de la restauration et à renforcer l’agriculture en vue d’avoir le contrôle de ce que consomme la population et prévenir ainsi une augmentation des cas de maladies liées a la nutrition.
Se prononçant sur le dossier des salamis dominicains qui ne répondraient pas aux normes de qualité et de standard international, l’ancienne ministre de la Santé Publique et de la population le Dr Josette Bijou a lors de son intervention samedi au programme hebdomadaire « En Profondeur » sur Radio Solidarité déploré le laxisme de l’Etat en ce qui concerne l’alimentation de la population.
Convaincue du principe selon lequel la santé de l’individu dépend largement de son alimentation, l'ancienne candidate à la présidence a mis en évidence le risque auquel est exposée la population en raison du manque de contrôle des importations de produits alimentaires et du laisser-aller constaté au niveau de la restauration dont la majorité des acteurs n’appliquent pas, selon elle, les principes hygiéniques dans la préparation et la vente des aliments.
« La question de la nutrition ne peut se limiter au simple accès à la nourriture mais doit surtout tenir compte de la qualité de ce que consomme la population » a déclare le Dr Bijou qui dit craindre que les maladies liées a la nutrition ne compliquent davantage la situation sanitaire du pays, soulignant une augmentation des cas de maladies cardio-vasculaires ces derniers temps.
Elle a dit croire qu’une collaboration entre le ministère de la santé et les mairies peut contribuer à une vigilance soutenue et une réglementation efficace du marché de la restauration, se rappelant que l’Organisation Panaméricaine de la Santé avait dans le temps initié un projet en ce sens dans la commune de Pétion-Ville.
Pour ce qui est des salamis dominicains interdits de vente en Haïti suite aux resultats d'une étude dominicaine révélant qu’ils contiendraient des colliformes fécaux (et des ingrédients cancérigènes), Mme Bijou pense que cela devrait être la conséquence d’une négligence dans la préparation et non de l’introduction d’excréments dans ces produits.
De son côté, le Dr Elysée Louissaint qui participait également a cette émission a estimé que le grand bruit que provoque l’étude sur les salamis dominicains devrait servir de déclic pour porter les autorités haïtiennes a s’assurer de la qualité des produits en vente dans les supermarchés en Haïti. Le Dr Louissaint déplore que les Haïtiens, ayant changé leurs habitudes de consommation, négligent les produits nationaux au profit de ceux de pays étrangers.
Reconnaissant que cette situation est le fruit de la baisse du pouvoir d’achat et d'un manque d’éducation, il a plaidé en faveur du renforcement de la production nationale. Cela permettra, a-t-il dit, à la population d’avoir accès à des produits de qualité lui garantissant une alimentation saine et équilibrée, sans qu’elle n’ait a se tourner vers la république dominicaine ou d’autres pays.
La directrice générale du Ministère de la santé publique et de la population, le Dr Guirlaine Raymond Charite avait indiqué vendredi dans une entrevue à Radio Sldarité que les autorités haïtiennes maintiennent l'interdiction de vente et de consommation du salami dominicain en attendant les résultats des études en laboratoire, en cours depuis déjà plusieurs semaines.
Kendi Zidor
zidorkendi4@yahoo.fr
AHP





