Haiti/Rép. Dominicaine: Réactions sur le traité de libre échange proposé par Médina
Les déclarations du président élu dominicain, Danilo Medina, selon lesquelles il compterait signer un traité de libre commerce avec Haïti, suscitent des réactions dans les milieux économique et commercial en Haïti.
Le président de l’Association des économistes haïtiens des Economistes (AEH), Eddy Labossière, estime qu’un tel accord serait une bonne chose pour les commerçants haïtiens qui ont des avantages comparatifs et compétitifs mais pénaliserait d’autres secteurs qui n’ont pas ces avantages.
L’économiste a indique qu’avec un accord de libre commerce entre les deux pays, les produits haïtiens de qualité comme le rhum Barbancourt et la bière Prestige qu’on ne retrouve presque pas en République Dominicaine pourraient finalement percer ce marché.
Il estime que l’Etat haïtien devrait, en préparation à la signature d’un tel accord, relancer la table de concertation de la commission mixte pour analyser la problématique du commerce entre les deux pays et également renforcer les secteurs qui risquent d’être pénalisés par un commerce libre entre les deux pays.
M. Labossière a fait remarquer que ce n’est pas le traité de libre échange, par l’élimination des barrières tarifaires et des droits de douane, qui va créer des inégalités dans les échanges entre les deux pays, car c’est déjà le cas, la balance commerciale étant négative d’environ 800 millions de dollars, l’an au détriment d’Haïti.
Pour sa part, l’ancien président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH), Jean Robert Argant, voit d’un très mauvais œil, la possibilité qu’un accord de libre commerce soit signé entre Haïti et La République Dominicaine.
« Un traite pareil serait totalement au bénéfice des commerçants dominicains qui envahiraient notre marché car nous n’avons pas la capacité de faire face à la concurrence ».
Les produits dominicains sont partout en Haïti alors que nous ne sommes même pas en mesure de traverser la frontière pour aller vendre en République Dominicaine, a encore souligne Jean Robert Argant, rappelant le cas de Barbancourt et de Prestige reconnus mondialement mais qui peinent à percer le marché dominicain alors que la bière dominicaine Presidente investit tous les supermarchés d’Haïti.
Il estime que le rôle de l’Etat devrait être d’abord de soutenir et d’accompagner les producteurs et les commerçants haïtiens avant de penser à la signature d’un quelconque accord de libre commerce avec la République Dominicaine.
Danilo Medina, nouvellement élu président de la République Dominicaine en remplacement de Leonel Fernandez, projette de demander la signature d’un accord de libre commerce avec Haïti, principal partenaire économique de son pays.
Le premier ministre haïtien a fait savoir mercredi que chaque année, Haïti perd entre 300 et 500 millions de dollars américains à cause de la contrebande le long des frontières avec la République Dominicaine.
Il a annoncé que des dispositions sont en train d’être adoptées en vue de renforcer la lutte contre la contrebande. « Nous allons renforcer les dispositifs de perception au niveau de la douane et de la DGI, de manière à capter ces fonds qui se perdent chaque année et qui pourrait être utilisés au bénéfice de la population.
Selon des statistiques officielles venues de la République Dominicaine, de janvier 2004 à décembre 2010, Haïti a acheté pour une valeur totalisant 872.7 millions de dollars américains à travers les postes frontaliers de Jimaní, Dajabón, Elías Piña et Pedernales.
La plupart des transactions sont effectuées à Jimaní où, durant les 6 dernières années, les dominicains ont vendu pour environ 541.6 millions de dollars US.
HPN





