Au lendemain de la décision très contestée de l’Exécutif de former un conseil électoral permanent comprenant seulement six des neuf membres prévus par la constitution, le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a fait montre jeudi d’une extrême prudence en promettant de tenir ce vendredi une probable séance en assemblée nationale en vue de compléter la nouvelle institution avec la désignation des trois représentants du Parlement.
Interrogé lors d’une conférence de presse, le représentant du Plateau Central a admis que « le train est en marche » tout en soulignant qu’il était très difficile de prévoir si le Grand Corps, amputé d’un tiers de ses membres, serait en mesure de réunir les deux tiers nécessaires pour le choix des conseillers électoraux.
Ce n’est qu’à l’issue d’une conférence des présidents que le bureau du Sénat sera en mesure de convoquer éventuellement les élus des deux Chambres en assemblée nationale, a poursuivi Dieuseul Simon Desras. Il a paru peu en phase avec la récente correspondance qu’il avait adressée au chef de l’Etat pour le mettre en garde contre une crise majeure qui pourrait découler de la formation d’un CEP permanent et l’inciter à privilégier une formule consensuelle basée sur un dialogue constructif avec les différents secteurs clés de la vie nationale.
La mollesse du numéro un du Sénat contrastait avec la détermination du Sénateur de l’ouest, Steven Benoît, et surtout celle du Député de Léogâne (ouest), Danton Léger, qui -à l’instar de plusieurs de ses collègues- n’a pas exclu la possibilité d’une mise en accusation de Michel Martelly qui serait alors passible de la haute cour de justice. Cependant, la configuration politique du Parlement fait douter du succès d’une éventuelle procédure de destitution contre le chef de l’Etat qui a assimilé à de la « blague » une levée de boucliers de l’opposition et affiché sa détermination à confier la réalisation des prochaines élections à son conseil électoral permanent.
Des dirigeants politiques tels Evans Paul (Alyans) et Sauveaur Pierre Etienne (OPL) de même que les organisations de défense des droits humains ont fermement condamné les procédés illégaux employés par l’Exécutif et réclamé l’annulation de l’arrêté de nomination du CEP confronté à la naissance à un déficit de légitimité très difficile à surmonter. spp/Radio Kiskeya





