Une vague d’émotion et d’indignation a entouré samedi les funérailles du policier Walky Calixte dont l’assassinat, le 17 avril dernier, avait entraîné de vives réactions de ses proches et une grève au sein de la Police Nationale, lors d’une série de protestations ayant visé le Député de la première circonscription de Port-au-Prince, Rodriguez Séjour.
Réunie à l’église Mont-Carmel à Bizoton, un quartier de Carrefour (banlieue sud de la capitale), une assistance nombreuse composée de parents, amis et frères d’armes du défunt était présente à la cérémonie marquée par des scènes d’hystérie. Incapables de contenir leur indignation et le trop-plein de souffrances qu’ils accumulent depuis le drame, certains étaient en proie à de violentes crises d’agitation dans une atmosphère insoutenable.
Dans son homélie de circonstance, l’abbé Renel Gilles a rappelé que la vie était un projet et la mort un passage obligé et prévenu que tous les hommes auront à rendre compte de leur existence terrestre.
En guise d’oraison funèbre, le père de Walky Calixte, Ezéchiel Calixte, s’est contenté de lire un passage biblique (pasume 115, verset 3) et de reprendre une conversation basée sur une citation philosophique qu’il avait eue avec son fils, deux ans avant sa mort. « Vivre en sous-homme n’est pas vivre, mourir en homme n’est pas mourir », aurait alors répété le défunt.
Ni le gouvernement Martelly/Lamothe ni le haut commandement de la PNH n’étaient représentés à ces funérailles qui se sont déroulées en présence du maire de Carrefour, Yvon Jérôme, ramené au rang d’agent exécutif intérimaire, et de collègues du défunt affectés comme lui au service de la circulation ou à d’autres unités de la police. Représentant du directeur central de la police routière, Will Dimanche, le commissaire Jean Renaud Jean-Baptiste Fleurimont a délivré un message dans lequel il a vanté les qualités et mérites de Walky qui, témoigne-t-il, a toujours été un agent exemplaire, à la pointe du professionnalisme, dans l’exercice de ses fonctions. Il avait eu sous sa responsabilité une unité de motards.
Les parents, amis et voisins du policier abattu par des bandits en plein jour, à Martissant 17, le mois derrnier, ont exprimé leur ferme intention de reprendre dès lundi leur mouvement de protestation en vue de réclamer justice et réparation pour la victime âgée de 34 ans et père de deux enfants.
Dans les jours ayant suivi le meurtre dont la paternité intellectuelle est attribuée au Député Rodriguez Séjour, des barricades de pneus enflammées avaient été érigées sur la route de Carrefour où la circulation était régulièrement paralysée. Un vent de révolte avait également soufflé sur l’institution policière au sein de laquelle le calme n’avait pu être ramené qu’au prix d’une campagne d’explication du directeur général, Mario Andrésol.
Le cabinet d’instruction n’a pas encore rendu son ordonnance sur cette affaire qui avait conduit le parlementaire incriminé à accepter de répondre volontairement aux questions du juge Jean Wilner Morin.
Accusés d’avoir tendu un guet-apens au policier après un banal incident de la circulation, l’agent de sécurité et le chauffeur de M. Séjour ont été écroués. spp/Radio Kiskeya





