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Zimbabwe: le Premier ministre condamné pour s'être marié un mauvais jour

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Il avait fait les choux gras de la presse zimbabwéenne pour son mariage en novembre avec Locadia Tembo, une businesswoman d'Harare, la capitale du Zimbabwe. Il avait ensuite fait la une des quotidiens pour son divorce douze jours après le mariage. Le Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, fait de nouveau parler de lui pour cette affaire de moeurs. Aujourd'hui, c'est une Cour traditionnelle qui le condamne pour avoir entraver la coutume de l'ethnie shona de se marier au mois de novembre. 

Pour avoir brisé ce tabou, il est condamné à payer deux vaches, deux moutons et 10 mètres de tissu de coton à la Cour traditionnelle de la province centrale de Mashonaland. Une condamnation que le Premier ministre qualifie de «nulle» puisqu'il a refusé d'assister à l'audience jugée «manifestement illégale», d'après son avocat, maître Selby Hwacha.

Morgan Tsavngirai avait été ordonné de comparaître devant un tribunal présidé par Negomo, le chef de la province centrale du Mashonaland. 

«Nos audiences se sont bien déroulées malgré la décision du Premier ministre de manquer de respect à la Cour en prenant la fuite, a déclaré Maj Cairo Manhdu, l'assistant du chef Negomo au journal zimbabwéen The Standard. Nous lui avons donné 30 jours pour payer et s'il ne fait pas, nous lui enverrons les collectionneurs de la dette. Nous ne le lâcherons pas» a-t-il ajouté.

L'avocat de Morgan Tsvangirai, Selby Hwacha, a rétorqué que cette Cour traditionnelle n'avait pas le pouvoir d'entendre l'affaire.

«Il nous semble que vous [le chef Negomo] n'avez pas lu et/ou que vous ne comprenez pas la loi, la province et vos limites en tant que chef traditionnel.»

Le porte-parole du parti du Premier ministre zimbabwéen, Movement for Democratic Change (MDC), Douglas Mwonzora, a déclaré pour sa part que M. Tsvangirai ne paierait pas l'amende.

«Le Premier ministre n'a pas assisté parce que nous ne reconnaissons pas la compétence de cette direction» a-t-il affirmé.

Quoi qu'il en soit, à un an de l'élection présidentielle, cette affaire de moeurs vient entâcher davantage la crédibilité de Morgan Tsvangirai. Pour certains commentateurs politiques zimbabwéens, Morgan Tsvangirai prouve à travers cette affaire qu'il n'est pas capable de diriger le pays, ne sachant pas diriger sa propre vie personnelle. D'après Psychology Maziwisa, un commentateur politique et analyste zimbabwéen cité par le quotidien New Zimbabwe:

«Morgan Tsvangirai doit faire le choix entre une vie personnelle scandaleuse et servir la nation. S'il n'est pas capable de faire ce choix, alors les Zimbabwéens le feront pour lui.»

Morgan Tsavngirai occupe ses fonctions de Premier ministre depuis février 2009. Il est opposé au président Robert Mugabe, leader du parti Zanu-PF, au pouvoir depuis 1981. Il avait annoncé son divorce le 30 novembre 2011, arguant que sa relation avec Locadia Tembo avait été récupérée à des fins politiques, la jeune femme étant la sœur d’un député membre du Zanu-PF.

La famille de son ancienne fiancée est également visée par cette procédure. Les ex-beaux parents de Morgan Tsvangirai ont été condamnés à payer deux bovins, deux moutons et une chèvre pour avoir accepté pendant le mois sacré de novembre, l'argent de la lobola (une dot offerte à la famille de la mariée le jour du mariage).

Pour l'ethnie des Shona, dont font partie Morgan Tsvangirai et son ancienne belle famille, se marier en novembre de peur est un mauvais présage pour le couple. Reste à savoir si ce mauvais présage suivra Morgan Tsvangirai jusqu'à l'élection présidentielle de 2012.

 

Source: Slate Afrique

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