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Manuel Noriega à bord d'un vol de Paris vers Panama City

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Manuel Noriega, l'ancien dictateur qui dirigea le Panama d'une main de fer dans les années 1980, est attendu dimanche dans son pays où il doit être incarcéré pour vingt ans dans une prison située en pleine jungle.

Il a embarqué vers 07h30 à bord d'un vol pour le Panama après avoir quitté la prison de la Santé à 5h45 dans un convoi de voitures de police, selon Reuters Television.

L'avion de la compagnie Iberia, qui doit faire escale à Madrid, est attendu en fin d'après-midi à Panama City.

Désormais âgé de 77 ans, Noriega fut renversé en 1989 dans l'invasion du Panama par l'armée américaine. Ex-informateur de la CIA, il s'est peu à peu aliéné les Etats-Unis à mesure qu'il nouait des relations avec le cartel de trafic de cocaïne de Medellin, en Colombie.

Il a passé les vingt dernières années en prison, d'abord en Floride pour trafic de drogue, blanchiment d'argent et racket, puis à Paris où il a été condamné pour blanchiment d'argent via des comptes bancaires en France.

Au Panama, il a été jugé coupable in absentia dans trois affaires d'homicides totalisant au minimum onze meurtres.

L'une de ces affaires porte sur l'exécution d'Hugo Spadafora, un médecin qui tentait de révéler les liens de Noriega avec les cartels de la drogue.

Une autre concerne l'exécution sommaire de neuf officiers qui avaient tenté de le renverser et la troisième sur l'assassinat en 1970 de l'opposant Heliodoro Portugal.

POSSIBLE DÉTENTION À DOMICILE

Pour chacune de ces affaires, Manuel Noriega a été condamné à vingt ans de prison. Les trois peines doivent être purgées simultanément dans une unité spécialement créée pour lui dans une prison située non loin du canal de Panama, au coeur de la forêt tropicale.

L'âge de Noriega lui permet théoriquement de prétendre à purger sa peine à domicile, mais la décision repose entièrement sur le gouvernement panaméen.

Les chefs de file du mouvement d'opposition qui s'était dressé contre le régime à la fin des années 1980 se sont mobilisés pour réclamer au gouvernement qu'il maintienne l'ex-homme fort en prison.

Son avocat Julio Berrios a de plus souligné qu'en demandant une détention à domicile, Noriega reconnaîtrait implicitement sa culpabilité et se priverait de tout recours juridique.

Le retour de l'ex-dictateur militaire, diminué physiquement, ne devrait pas avoir d'impact politique majeur au Panama, qui jouit ces dernières années d'une forte croissance économique.

Largement haï durant ses années de pouvoir entre 1983 et 1989, il dispose toutefois d'un petit noyau de partisans, mais ceux-ci font désormais profil bas. Même les opposants les plus farouches de Noriega estiment désormais qu'il appartient à un passé lointain.

Les Panaméens se demandent surtout si le retour de Noriega permettra de faire la lumière sur une centaine de cas de disparitions et de meurtres sous la junte militaire entre 1968 et 1989, demeurés non élucidés.

Sean Mattson à Panama City et Lucien Libert à Paris, Gregory Schwartz pour le service français

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