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Grève dans les hôpitaux publics, les patients inquiets

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image Hopital

Après 5 jours, la grève du syndicat des travailleurs de la santé sur fond de revendications salariales se poursuit dans les hôpitaux publics du pays. Les patients qui viennent pour une consultation ne sont pas reçus. Les malades hospitalisés sont inquiets pourtant la ministre de la Santé, le Dr Daphnée Benoît Delsoin, ne pipe pas mot. Les patients, exprimant leur préoccupation, se demandent si la ministre de la Santé va gérer la grève comme celle des médecins résidents qui a perduré pendant plus de cinq mois.

Vendredi. Il est 1h à l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH). Un médecin résident en orthopédie vient de terminer son tour de garde. À sa sortie d’une salle d’hospitalisation, Thomas Salomon, un patient, le fémur fracturé, cloué sur son lit, n’arrête pas de l’appeler. « Dòk ! Dòk kilè n ap wè ? », répète-t-il. Le médecin s’en va sans piper mot. Thomas Salomon, inquiet, sait pertinemment que la chance d’avoir un médecin à son chevet dans les prochains jours est très mince. 

Depuis le déclenchement de la grève des travailleurs  de la santé lundi dernier, les consultations médicales ont ralenti. Lundi prochain, ça s’anonce pire puisque les instigateurs du mouvement promettent de corser l’addition. S’ils ont laissé un noyau d’urgence fonctionner durant cette semaine, ce ne sera plus le cas à partir de dimanche, ont-ils annoncé.

Cette nouvelle a sidéré Bénisoit qui, en raison de la grève, n’a pas pu subir son intervention chirurgicale mercredi dernier. Bénisoit a été victime d’un accident de moto aux cayes. Il a été opéré. Mais lors du passage de l’ouragan Matthew, sa plaie a été infectée. On a dû le transférer à Port-au-Prince.  Quand il s’est rendu à l’hôpital, l’orthopédiste qui l’a ausculté, l’a hospitalisé après l'avoir informé qu’il devait subir une nouvelle intervention chirurgicale.  

 « Je suis là depuis deux mois et quatre jours. Quand finalement le docteur m’a annoncé que tout était fin prêt pour entrer en salle d’opération, la grève a tout interrompu », a-t-il expliqué, la voix grave.

Altémat, qui occupe le lit d’en face, se montre aussi préoccupé. Tous les trois jours, on doit lui appliquer un pansement sur sa plaie. Il se demande comment cela va être possible, puisque le personnel de surface et le personnel administratif vont empêcher les médecins de consulter les malades si les autorités sanitaires ne font rien. « Je vois déjà que mon état de santé va s’aggraver. Il faut que je reçoive régulièrement des soins pour que ma plaie ne s'infecte pas », soutient-il. 

Comme dans un ultime cri, le souffrant fait appel à la compassion des autorités pour les malades. « Nous sommes de la classe défavorisée. Nous ne pouvons pas payer les soins de santé dans les hôpitaux privés. Il faut que vous trouviez, madame la ministre, un modus operandi pour juguler la crise. Parce qu’à chaque fois, les principales victimes sont les malades», supplie-t-il, avant de reconnaître que les revendications des syndicalistes sont justes.

Plus tranchante, Facilia se demande si la ministre de la Santé, le Dr Daphnée Benoît Delsoin, va gérer cette crise comme celle des médecins résidents qui a perduré durant plus de cinq mois. « C’est écœurant de voir combien nos dirigeants sont irresponsables, pas sérieux, incompétents », lâche-t-elle sans aucune réserve.

« Ce que la ministre a à faire, c’est de rencontrer les instigateurs de la grève pour trouver une solution », préconise-t-elle.

Le président de la Fédération nationale des travailleurs de la santé, Lévy Milot Félix, explique que depuis lundi, les autorités sanitaires n’ont pas parlé aux grévistes. Le Nouvelliste a tenté en vain de contacter la ministre de la Santé et le directeur général de ce ministère, le Dr Gabriel Timothée.

Lévy Milot Félix soutient que la santé de la population est la dernière chose de laquelle les dirigeants s’occupent. Lui qui annonce que le mouvement va s’intensifier promet qu’à partir de lundi aucun médecin n’aura accès à l’hôpital.

C’est le même cas de figure qui se présente à l’hôpital de Carrefour, l’hôpital Justinien, l’hôpital La Paix, l’hôpital Psychiatrique, Sanatorium, Centre de santé la Renaissance, l’hôpital Raoul Pierre-Louis… dont le personnel de surface et le personnel administratif observent aussi le mot d’ordre de grève sur fond de revendications salariales. 

Cette nouvelle grève survient seulement à quelque trois mois de la levée de la grève de près de six mois des médecins résidents des hôpitaux publics qui revendiquaient un ajustement des frais de service. Jean Fritz, un patient qui souhaite que cette grève ne perdure pas,  constate que son souhait est loin d’être exaucé.

Edrid St Juste source le nouvelliste


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