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Dadou Jean-Bart: « Un plan Marshall pour le sport »

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Le sport est mal en point. Docteur Dadou Jean-Bart le sait, le vit au point d'appeler à «  un plan Marshall pour le sport », particulièrement le football, mercredi, sur Magik 9, quelques heures après la visite en Haïti du patron de la FIFA, Sepp Blatter. Surfant sur la «  vague Blatter», Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football ( FHF), rameute, sans faire l'économie de ses critiques à l'endroit de l'Etat haïtien. « L'Etat haïtien, assène-t-il, a oublié ses responsabilités à l'égard du football ». Dans le budget du ministère de la Jeunesse et des sports, il n'y a pas « un seul centime pour le football ».

Les supports fournis dans le temps à la FHF à travers le paiement du personnel administratif, du personnel technique encadrant les sélections nationales de toutes les catégories ont été suspendus. Les responsables de la FHF, confie DJB, tirent le diable par la queue pour trouver des fonds quand des sélections doivent disputer des matchs à l'étranger. N'en parlons pas pour la préparation des sélections.

Ce médecin, journaliste et chroniquer sportif depuis au moins trois décennies, avance des chiffres qui illustrent. Simple comparaison. La Fédération jamaïcaine de football dispose d'un budget annuel de 25 millions de dollars Us. Celle de Trinidad est de 20 millions. Des budgets, très en deçà de celui d'autres pays de la Concacaf, dont le Mexique avec 150 millions de dollars, explique Dadou Jean-Bart, ajoutant que « sans support du gouvernement », c'est la mort assurée pour le foottball que l'on joue moins dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, en plein boom démographique avec de rares terrains vagues et d'infrastructures sportives.
 
Malgré cette précarité, le football pratiqué dans 120 communes du pays, reste le « sport roi », pas le basket-ball, contrairement à la lecture du président Michel Joseph Martelly, soutient Dadou Jean-Bart, qui partage les temps forts d'une rencontre à laquelle Sepp Blatter, Martelly, le ministre de la Jeunesse et des sports et d'autres personnalités ont pris part. Le président Martelly, dans ses interventions, a montré sa passion pour le football et exprimé ses déceptions, accroché, comme beaucoup d'Haïtiens, aux images de la sélection de football de 1974, période au cours de laquelle «  le gouvernement de Duvalier investissait beaucoup d'argent dans le sport », selon Dadou Jean-Bart. « C'est la première séance de travail avec le gouvernement », souligne Jean-Bart, président d'une fédération traitée en parent pauvre espérant un changement de cap, de traitement, tant le chef de l'Etat s'est engagé à agir. « Il s'est engagé avec conviction », indique DJB.
Sepp Blatter, face à un président Martelly enthousiaste ayant désigné la ministre de la Jeunesse et des sports pour représenter le gouvernement dans une commission quadripartite (FIFA, Concacaf, gouvernement haïtien, FHF), souligne qu'il est important de se référer au plan de développement à long terme du football de la FHF, indique Dadou Jean-Bart.

Saluant « l'effet Blatter », Dadou Jean-Bart informe que l'idée d'agrandir et de doter le stade Silvio Cator de 10 000 nouvelles places a été évoquée au cours des discussions.  Haïti et la Palestine sont deux pays à bénéficier le plus d'assistance de la FIFA, confie DJB avec reconnaissance. La FIFA, outre le financement de la construction d'infrastructures dans le cadre du projet Gol, donne une assistance financière annuelle de 250 000 dollars à la FHF. Cela représente entre 15 000 et 18 000 dollars par mois. Cet argent est dépensé dans la formation, les voyages et d'autres frais pour le staff technique. La Digicel donne pour sa part 61 000 chaque trimestre. «  Nous disons merci, mais le football ne peut pas vivre de ça », indique Jean-Bart, appelant à une politique sportive, à des lois sur la retransmission des matchs. 60 à 90 pour cent des revenus du football à l'extérieur proviennent de cela, soutient Jean-Bart, qui promeut le football scolaire et la coordination dans les interventions des autorités publiques.

Dadou Jean-Bart, transparent comme un fantôme

Dans une note du palais national sur la séance de travail entre le président Michel Joseph Martelly, des officiels haïtiens et le président de la FIFA, le nom du président de la FHF n'est pas cité une seule fois. « Cette rencontre s'est déroulée notamment en présence des ministres de la Jeunesse et des sports, de la Santé publique et de la Population, de la Culture, du secrétaire général de la FIFA et du président de la Confédération d'Amérique du Nord, centrale, et des Caraïbes », indique cette note qui annonce « la création d'une commission en vue du développement du football en Haïti ».

« Dans ses échanges avec M. Blatter, le président de la République a mis l'emphase sur les efforts de son administration dans le domaine du football et son désenchantement par rapport aux avancées du football haïtien. Le président Martelly a en outre précisé pour son interlocuteur combien il était important de continuer à investir dans le sport le plus populaire d'Haïti.  La construction d'infrastructures sportives et la formation d'entraîneurs sont importantes dans le développement du football en Haïti, a fait savoir le chef de l'Etat, cité dans cette note.

Pour sa part, poursuit cette note du palais national, « le président de la FIFA, satisfait des discussions de fond sur le football haïtien, a jugé opportun la création d'une commission chargée d'élaborer un plan d'action sur 25 ans en vue de développer cette discipline sportive dans le pays ».

Depuis quelques années, les relations de la FHF et les pouvoirs politiques sont délicates. Cette fois, les violons s'accorderont-ils? Possible. Entre la FIFA de l'ère Blatter et la FHF de Dadou Jean-Bart, les relations sont bonnes. La FIFA a déjà joué au général et secrétaire d'Etat américain Georges Marshall - le concepteur du programme d'aide à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale- en reconstruisant certaines infrastructures sportives endommagées en Haïti après des castastrophes naturelles ou des destructions en 2004, après le départ de l'ex-président Jean Bertrand Aritside.

Roberson Alphonse - Source: Le Nouvelliste

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