L’EURO 2012: l’Espagne a écrit une nouvelle page d’histoire
Ce dimanche 1er juillet à Kiev-Ukraine, l’Espagne a battu l’Italie sur un score écrasant de 4 buts à 0. Cela a un peu étonné le monde du football, surtout après la victoire de la sélection italienne sur l’Allemagne en demi-finale. Celui qui suit vraiment l’évolution du football européen avec attention verra que les grands noms d’autrefois perdent un peu de la qualité de leur football. On s’attendait plutôt à une finale Allemagne versus Espagne. L’Italie a empêché que les pronostics se confirment, en éliminant les Allemands de cette grande compétition européenne. Cela ne m’a pas du tout étonné puisque j’ai longtemps réalisé que le football est dénué de cette logique.
On ne peut et ne doit pas évaluer une équipe à partir de son nom et de son passé en football. Les temps ont changé. Il faut bien qu’on prenne conscience d’un tel fait. L’Espagne vient encore une fois de prouver sa grandeur. Cette sélection espagnole a remporté trois titres distincts. Il faut surtout se rappeler qu’elle avait remporté la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. N’est-ce pas là une bonne référence. Ce dimanche 1er juillet, la Roja a remporté le titre de l’EURO 2012, un autre grand accomplissement ajouté à son palmarès.
Une première mi-temps déséquilibrée
L’Espagne a débuté le match en exhibant un jeu qui rappelle le Brésil et l’Argentine du bon vieux temps. Pendant longtemps, le football européen était plutôt physique et exigeait des passes en profondeur. A bien regarder, l’Espagne a longtemps changé son style de jeu. L’Italie a utilisé un système 4-4-2 et l’Espagne a mis en place une configuration 4-3-3 au commencement du match. L’Espagne a eu contrôle du match des les premières minutes de jeu. Elle a mis en application les principes de base du football : sorties en triangles, utilisation des couloirs, permutations fréquentes des joueurs, passes millimétrées et bonne anticipation. Tout ceci met en évidence l’homogénéité de la Roja (l’Espagne).
On ne pourrait ne pas apercevoir la participation collective des espagnols et leur discipline. Il ne serait pas hors de cadre si j’ose dire que l’Espagne jouait du total football en support à leur aisance technique. Cette façon de jouer des Espagnols a désorganisé la défense italienne qui, sous forte pression, était devenue poreuse laissant passer les joueurs de grand ou petit gabarit, ou les passes faibles ou fortes. La pression s’intensifiait au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient. À la 14e minute de jeu, Iniesta fait une ouverture sur Fabregas qui, de vitesse, a battu Chiellini, qui ne se positionnait pas bien et n’a pas pu réduire le champ d’évolution de celui-là. L’Espagnol, sur un demi-centre mesuré au micromètre, a bien servi David Silva qui se trouvait à 5 mètres des buts que gardait Buffon, et de la tête il a trompé la vigilance du portier italien. Espagne 1- Italie 0.
Après ce premier but, l’Italie a changé son système 4-4-2 en 3-3-4, cherchant l’égalisation en renforçant sa ligne offensive. Ce 3-3-4 changeait en 4-2-4 selon les besoins et les phases de jeu. L’Espagne a su s’ajuster face au changement de son adversaire en renforçant son milieu de terrain changeant sa configuration 4-3-3 initiale en 4-4-2 et des fois en 4-5-1. Ce qui surtout attirait l’attention c’est que l’Espagne continuait d’attaquer et de contre-attaquer pour essayer d’augmenter la marque. Je dois souligner que l’équipe espagnole, à mon avis, a eu un plus fort pourcentage de possession de balle.
À la 34e minute de jeu, Cassano de l’Italie a placé un tir dangereux que le portier espagnol, Cassillas, dévia des poings. Ce goalkeeper a une vision large et un sens d’anticipation qui fait de lui le meilleur gardien de l’Espagne et l’un des grands de l’Europe. Mario Balotelli de l’Italie s’est vu son champ d’évolution réduit. Il était mis en zone surveillée et ne pouvait bouger. Il avait son calme. S’il était l’architecte de l’élimination de l’Allemagne en demi-finale, les défenseurs espagnols lui ont bien serré la vis. Ils l’ont éliminé.
L’Espagne n’a pas lâché prise. Elle a maintenu le contrôle de la première mi-temps. Ce qui a apporté fruit à la 41e minute de jeu, quand Xavi a servi une passe en lunette, entre deux défenseurs italiens, sur Jordi Alba qui les a battus de vitesse pour se retrouver face à face, seul, avec Buffon, sans secours. Il a marqué le second but de la partie. La défense italienne se positionnait trop bas, et les deux défenseurs en question se plaçaient sur un même plan, ce qui avait facilité l’attaque des Rouges. Il n’y avait aucun couvreur -réparateur en défense. Cela a été une grave erreur défensive. Espagne 2-Italie 0.
Une seconde mi-temps unidirectionnelle
L’Italie a bien commencé cette seconde mi-temps, mais après 5 minutes de jeu l’Espagne reprit les commandes et dominait le match en long et en large. A la 48e minute, les Espagnols réclamaient un penalty qui aux yeux de tous était involontaire. Le défenseur italien n’a pas touché le ballon du bras intentionnellement. Le jeu continuait toujours avec la même allure. Les Espagnols jouent avec une vitesse défiant l’imagination. Tous les efforts de l’Italie n’avaient pas abouti. Les Azzurri se trouvaient dans l’obligation d’opérer des substitutions fréquentes à cause des blessures qu’on enregistrait. A 11 minutes de jeu, en seconde mi-temps, l’entraineur de la sélection italienne, Cesra Prandelli avait déjà fait toutes les substitutions jusqu'à la limite permise. C’est ce qui fait que l’Italie a terminé le match en infériorité numérique.
L’Espagne continue toujours sous la même lancée, multipliant les sorties en petits triangles, exécutant des passes courtes et précises. Certaines d’entre elles, je les nomme « passes frape panno ». Il faut souligner que la façon dont jouait l’Espagne a confirmé que les dribbles ne sont pas vraiment nécessaires en football quand on coordonne ses actions. Les joueurs espagnols se déplaçaient avec une telle rapidité qu’on regardait les Italiens, comme endormis ou des oiseaux mis en cage. C’est comme s’ils avaient complètement cédé, acceptant la défaite de très tôt. Leurs adversaires continuaient à offrir le beau jeu qui les caractérise. A la 84 e minute de jeu, Torres inscrit le 3e but, changeant les chiffres au tableau de marque. Espagne 3-Italie 0. Puis à la 88e minute, Juan Mata a réalisé le quatrième et dernier but du match. Espagne 4- Italie 0. L’entraineur de la sélection espagnole, Vicente Del Bosque, a démontré sa grande classe. Il a fait un excellent travail. L’Espagne était nettement supérieure à son adversaire.
Dans deux ans, ce sera la Coupe du Monde qui aura lieu au Brésil. L’Italie doit procéder à un grand remue-ménage. Si l’Espagne continue à jouer ce beau football, elle pourra aller en finale en 2014. Je pense qu’avec le temps, cette sélection aura tout ce dont elle aura besoin pour remporter un autre titre. Se référant aux derniers résultats des équipes européennes, certains pensent que l’Europe dépasse l’Amérique du Sud en football. D’autres disent que la dernière Coupe du Monde l’a déjà prouvé puisque les deux équipes finalistes furent européennes. Je ne partage pas une telle idée mais je respecte l’opinion des autres. A se rappeler que le football est dénué de toute logique.
robertnoel22@yahoo.com





