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Au pas, au galop

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Il y a comme quelque chose de cassé dans la dynamique Martelly. Un on ne sait pas quoi a disparu un matin, avant même que les cent jours de grâce ne s'épuisent.

Une certaine envie de faire autrement, de faire vite, de bien faire s'est désintégrée.
Est-ce pour avoir compris que la mécanique du changement parfait n'existe pas ?
Est-ce parce que la lenteur a fini par imposer ses charmes?
Est-ce la fatigue du marathonien qui s'est épuisé dans un sprint de départ hâtif?
On ne sait pas.
Mais, le Martelly des premiers jours a disparu comme une ombre s'évanouit dans le noir de la nuit ou à midi, en plein soleil. Que s'est-il passé ?
Petite revue d'effectif.
Si la Banque nationale de crédit a bien lancé son projet Kay pa m, on ne sent plus l'enthousiasme de la reconstruction. Aucune autre institution financière n'a suivi la BNC encore moins proposé un meilleur service pour convertir l'offre de crédit au relogement en mouvement. Aucune réunion avec les banques n'a été non plus annoncée pour les inviter à enclencher le processus.
Pas de ministère de la reconstruction dans le gouvernement Martelly qui ressemble à deux gouttes d'eau près au modèle standard de nos exécutifs mis en place depuis 1994.
La relance de l'économie ne passera pas par le secteur du bâtiment.
Martelly, comme son prédécesseur, laissera-t-il la problématique de la reconstruction aux ONG et à nos amis de la communauté internationale ?
Dans le secteur touristique, il a fallu l'annonce de l'arrivée des multinationales pour se rendre compte que le gouvernement n'a encore rien proposé de concret à ceux qui ont été ravagés par le tremblement de terre. On peut beau parler de reprise du tourisme, si les capacités d'accueil font défaut, ce n'est qu'un voeux pieux. Que va mettre sur la table l'équipe Martelly ?
Faire comme si la croissance se fera de par elle-même, toute seule comme tous les gouvernements précédents l'on cru ?
Le tourisme, le secteur des services en général, est, en Haïti, un de ces enfants mal aimés des familles. Le secteur public en dit le plus grand bien, mais n'en attend que des retombées. Les investissements reviennent au privé. Les taxes à l'Etat.
Pour en faire un vrai pôle de croissance, le tourisme a besoin de ces fameux incentives. Des incentives dynamiques. De vrais aspirateurs d'investissements, mais aussi des semences qui sont, de la part de l'Etat, des investissements dans l'avenir.
Pour le moment, le gouvernement n'a pas fait d'annonce spectaculaire qui porterait à croire qu'il fera mieux que ses devanciers.

Quoi de neuf aussi dans le secteur hospitalier ?
Le cri de l'hôpital Bernard Mevs résonne comme le clairon de la débandade. Comme le gouvernement précédent, l'équipe santé de Martelly n'a encore visité aucun des établissements hospitaliers de la région métropolitaine mis à terre par le tremblement de terre du 12 janvier pour leur proposer des remèdes.
Le CDTI est encore fermé. Saint François de Sales ou l'Asile Français en convalescence. Que dire des petits centres hospitaliers privés?
Pas un geste, pas un regard, pas un mot.
Allons-nous tous miser sur les ONG de la santé qui pompent les millions par dizaines avant de partir laissant derrière elles un secteur santé plus sinistré qu'avant leur venue ?
il reste bien sûr l'avion-ambulance, mais même les plus riches savent qu'il arrive trop tard les jours de malheur.
Dans la gouvernance en général, on espérait une autre manière de faire, nous en avons pour le moment rien vu. Ça cherche, ça palpe, ça parle, mais est incapable de passer à l'acte.
Conille, honnête technicien, demande du temps, six mois pour comprendre cela, trois mois avant de réagir sur ceci. C'est bien. Mieux vaut acheter du temps que de commettre l'irréparable. Mais en politique on n'apprend que de ses erreurs quand on avait sauté l'étape du choix réfléchi.
En avant Messieurs, cessez de faire comme ces responsables qui ne font aucun pas pour éviter de faire leur premier faux pas.


duval@lenouvelliste.com Source: Le Nouvelliste Par Frantz Duval

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