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62,50 gourdes pour un dollar, La gourde dégringole en une formidable avalanche.

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image Gourde

Du train que ça va, il y a lieu de craindre que la gourde ne franchisse sous peu la barre de 100 gourdes pour un dollar américain !!!

Pour bien le dire et en toute scientificité, la débâcle de la gourde n’est autre que le fruit de la méconnaissance de l’Etat, de l’insouciance et de l’incapacité de nos responsables… nous avons eu à cœur de mettre au grand jour la réalité de la Banque de la République d’Haïti à l’égard de ce que nous croyons juste d’appeler les bousculades…Non les gifles plutôt que subissait la gourde par rapport au dollar. L’essentiel de notre propos consistait à montrer avec force détails comment la peur de l’incertain nous envahissait même quand enfin Monsieur Castel avait tenu tardivement à appeler la population haïtienne au calme et à faire une démonstration de force quant aux capacités herculéennes de ladite banque. La BRH a des muscles disait-il !

Aujourd’hui, soit plus de six (6) mois après la parution du texte en question, qu’est-ce qui a changé ? Au vu des choses, tout porte à croire que des changements majeurs se sont opérés dans le système. Dans le sens d’une parodie, on est désormais forcé d’admettre que l’univers leibnizien qui veut que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles trouve désormais son cadre d’effectivité le plus probant.

Si l’on s’en tient donc aux faits, il s’avère qu’ils sont à cet égard très éloquents car pour n’avoir pas su endiguer le dépérissement de la gourde face au dollar qui prenait une ascension galopante, l’ancien gouverneur général ainsi que les autres membres de son conseil d’administration sont partis et de nouveaux responsables ont pris le relais de l’olympe de la BRH comme si (rions un peu) ils seraient investis d’une mission nouvelle… celle de freiner le dégringolade de la gourde. Une mission qui paraît-il commence déjà à donner des résultats car suivant le théâtre auquel on assiste, la gourde reprend ses droits de cité dans le paysage monétaire, la tête altière et hauts les fronts. Mais oui, voyez la parodie.

Dans la mesure où une parodie n’aborde le réel que du lieu de l’imaginaire, voire de l’utopie, qui est ici un bien grand mot, l’on conviendra volontiers que le spectacle auquel nous convie la réalité est tout autre.

Le mépris affiché pour la dégringolade de la gourde inquiète et force à l’interrogation. Quand on sait qu’en Juillet 2015, à quelques mois de son départ, le Gouverneur Général avait tenu à l’occasion d’une rencontre organisée à l’initiative de la Chambre de commerce haitiano-américaine (AMCHAM) à rassurer les hommes d’affaires, consternés par la chute vertigineuse de la gourde, en leur faisant avaler gloutonnement l’idée que la banque centrale disposait d’outils efficaces en vue de faire face à la forte dépréciation de la gourde. A quelques intervalles, la phrase lancée comme un mot d’ordre aux vertus salvatrices, « nous avons déjà agi et nous continuerons à agir » qu’il avait martelée à l’issue de cette rencontre, n’a toujours pas accompli les miracles annoncés.

On a changé de Conseil mais la l’état de la gourde va de mal en pis. A toutes les questions relatives à la chute de la gourde, à la surtaxation des biens et services publics, la justification des dépenses onéreuses et futiles de la manne du Fonds Petro caribe, aux nouvelles lignes affectées sur le budget 2015-2016, et tutti quanti, le Ministre de l’Economie et des Finances n’a qu’une réponse : « La politique envahit tout et s’immisce partout. Mais quand elle empiète sur l’économie, elle casse l’évolution de celle-ci ! ». Entre les lignes, on s’aperçoit que dans l’esprit du ministre, le fait du taux d’inflation qui a augmenté ces quatre dernières années en passant de 5% à 10% est à mettre irrémédiablement sur le compte des problèmes politiques qui polluent l’environnement économique. On pourrait, avec un peu d’humour, prolonger l’analyse pour la gourde en se servant de la causalité de M. Laleau en disant que si en 2011, le taux de change se chiffrait autour de 41 gourdes pour un dollar et qu’il en arrive aujourd’hui à 62, la faute est imputable aux manifestations de rue qui empêchent au gouvernement d’offrir mieux à son peuple !

Dans toute cette histoire faite de fanfaronnades et de bien-pensance, le pire serait de croire que le grand économiste aurait raison, quitte à ne pas en vouloir faire les frais. Il s’agirait alors de faire les choses dans les règles de l’art en se passant d’un

labeur exigeant, pénible mais efficace qui serait la conception et la mise en œuvre des politiques publiques adaptées aux urgences de l’heure et aux priorités fixées en terme d’objectifs à atteindre en matière de gouvernance étatique. Il n’empêche que si l’on va à contre-courant de la démarche gouvernementale inopérante, la question de savoir qu’est-ce qui a réellement changé pour la gourde peut être répondue autrement… Oui, autrement, par une politique publique bien définie et une implication des parties prenantes conscientes de leur responsabilité.

Yves LAFORTUNE

 



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