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Après trois mois de grève, l'état de santé du service public se dégrade et l’Etat dans la santé perd toute crédibilité.

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image Frantz Duval Rédacteur en Chef du Nouvelliste

Les résidents des hôpitaux publics sont en grève depuis près de trois mois. Ils ont été rejoints dans leur mouvement par les internes et les médecins de service. Dans aucun hôpital public où des résidents sont en formation n’existe un service des urgences, n’a été mis en place non plus une unité ou une cellule d’urgence. Des millions de gourdes sont dépensées pour des hôpitaux qui ne prodiguent que très peu de soins à la population depuis trois mois.

Les raisons de cette grève sauvage sont diverses. Cela va de protestation en protestation pour réclamer de meilleures conditions de travail au relèvement des primes et des salaires. La revendication salariale demeure le ciment de tout le secteur hospitalier public. Dans la santé publique, les salaires sont très bas et les moyens, dérisoires.

Pendant que les établissements qui sont les fleurons de l’infrastructure de santé publique sont à l’arrêt, les hôpitaux privés qui offrent des soins de santé à la population travaillent à plein régime. Jour après jour, la population acquiert de nouveaux réflexes pour trouver la santé. Jour après jour, l’état de santé du service public se dégrade et l’Etat dans la santé perd toute crédibilité.

Depuis trois mois, aucune autorité, aucun médiateur, aucun meneur de la grève n’a pu trouver un terrain d’entente pour éviter la course vers le pire. Nos médecins ne se parlent plus. Les malades s’en inquiètent de moins en moins.

Haïti, ces vingt dernières années, a pu former des médecins comme jamais dans son histoire avec la multiplication des facultés privées de médecine. Le programme de bourses complètes en médecine à Cuba et le choix que font des parents pour envoyer leurs enfants poursuivre leurs études médicales à l’étranger ont renforcé l’offre de médecins. 

Dans le même temps, la coopération cubaine et diverses ONG ont déployé des contingents de personnels de santé dans le pays. Le séisme du 12 janvier 2010 a décuplé la tendance. On n’a jamais eu autant de médecins et de centres de santé dans le pays.

Si l’offre de santé est riche, les inégalités n’ont jamais été aussi criantes entre le secteur public et les autres. Un médecin dans le service public est sous-payé, de même que tous les autres acteurs de la chaîne hospitalière. C’est ce malaise qui alimente la grève que nous affrontons depuis trois mois.

Paradoxalement, c’est la richesse de l’offre de santé qui enlève toute urgence dans les préoccupations des autorités et de la population trois mois plus tard. La grève des hôpitaux publics est oubliée. Les malades sont partis chercher et ont trouvé des soins ailleurs.

Si l’intelligence ne prend pas le pas sur l’irresponsabilité et l’insouciance du ministère de la Santé publique et sur l’intransigeance et la bêtise des résidents, cette grève de 2016 va laisser des traces profondes dans le système de santé haïtien qui s’appuie sur des béquilles qui ne seront pas toujours à sa disposition.

Il faut repenser l’offre de santé publique, la grève ne fait que nous le rappeler.

Frantz Duval Editorial du Nouvelliste



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