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Avons-nous besoin d'une nouvelle crise inutile ?

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Les rieurs avaient pour leur compte ce jeudi. Port-au-Prince s'est réveillée avec le récit d'un nouveau scandale: le président s'en est pris verbalement et vertement, en la résidence du Premier ministre, à des parlementaires, la veille.
Les noms d'oiseaux ont volé bas. Les gros mots ont rivalisé avec les mots sales, avant que tout ne se termine dans la bonne humeur et un mini récital de chants, rapportent des témoins de la scène.
Le décor était en place pour un esclandre. Le président Michel Martelly a débarqué à la réunion, mécontent de n'en avoir pas été averti et fâché que ses appels au PM soient restés sans réponse. Il a pris ombrage de cette rencontre entre le Premier ministre et des membres de la majorité parlementaire qui l'ont placé à la Primature. Quand un élu a osé soulever la question des pièces devant prouver la nationalité du président, que Monsieur Martelly refuse de déposer par devant la commission qui enquête sur le sujet, ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder les mots du vase.
"La présidence n'a pas de position officielle sur ce qui se dit autour de l'incident de mercredi soir ." C'est en ces termes laconiques qu'un membre du premier cercle du président Martelly a mis fin aux demandes d'éclaircissements du Nouvelliste, jeudi soir.
La prudence est la même du côté de la Primature. Personne ne voulait ouvertement opiner sur ce qui s'était passé la veille en la résidence du Premier ministre. Quatre confirmations : une réunion bilan sur les projets du gouvernement Conille, a bien eu lieu ; elle a été interrompue par la visite impromptue du président de la République, Michel Martelly ; des échanges de mots ont eu lieu, et tout s'est terminé sans heurt.
Signe que tout va pour le mieux, le Premier ministre a pris la route ce jeudi pour les Cayes. Il a passé la journée à superviser l'avancée des préparatifs pour le carnaval qui se tiendra en cette ville.
Cela n'empêche, le sénateur Steven Benoît a donné une conférence de presse pour intervenir sur ce qu'on lui a rapporté. Il a annoncé qu'il se retire de la commission d'enquête sur la nationalité du président et remet sa sécurité entre les mains du chef de l'Etat.
Pas besoin de dire que mille rumeurs font la ronde de bouche à oreille et que les médias et analystes s'en donnent à perdre mot sur les raisons de cette nouvelle sortie déplorable au sommet de l'Etat entre élus.
Alors que la République dominicaine annonce des changements dans sa politique migratoire, que le Brésil nous annonce sa sortie graduelle de la Minustah, que le gouvernement est incapable de déposer son premier budget devant les Chambres, cette affaire de mots est-elle nécessaire?
Coïncidence, comme à chaque nouvelle affaire, le président de la République part. Il prend l'avion ce vendredi pour le Panama et le Venezuela. Loin des remous de cette nouvelle escalade.
Avant de se séparer mercredi soir, le président et les parlementaires présents se sont promis de se retrouver en retraite bientôt. Pour discuter des affaires du pays ou pour comparer leur vocabulaire ?

Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Twitter:@dalfaz Source: Le Nouvelliste

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