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Clarens Renois se propose de réconcilier les Haïtiens avec la politique

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image Le Candidat Clarens Renois

Insertiion Demandée : Par Moise Jean - Juriste - Paris, FRANCE

Si vous demandez à un Haïtien du simple quidam au plus scolarisé, à Port-au-Prince ou dans n’importe quelle autre région du pays, ce qu’il pense de la politique, du gouvernement, des partis et leaders politiques, des élections, il vous dira non sans peine que cela ne l’intéresse pas, et qu’il n’a même pas envie d’en parler. Tout ce qu’il souhaite c’est de vivre sa petite vie tranquillement et d’attendre sa fin dernière. L’Haïtien d’aujourd’hui en a marre d’entendre les vocabulaires de changement, de progrès, développement, modernité, bonne gouvernance, transparence, justice etc… Ces termes ne leur disent plus rien. Selon eux, ce sont des mots comme les autres utilisés à des fins de manipulation. L’indifférence est donc étonnante ! On dirait un trop plein par rapport aux questions et appellations relevant du champ lexical de la chose publique.

Mais qu’est-ce qui doit engendrer ce comportement chez l’homme haïtien ?

En fait, les acteurs politiques n’inspirent plus confiance aux citoyens qui se sentent trompés, abusés et délaissés. Trop de promesses non honorées. Trop de vœux pieux. Trop de mensonges, de phrases creuses. Tout se passe comme si la politique n’est qu’un marché de dupe. C’est juste un fruit juteux, et comme pour l’obtenir il faut le mandat du peuple, donc on l’adule avec des belles phrases, de jolis mots. Fréderic Marcelin avait déjà fait ce constat dans son roman « Thémistocle Epaminondas Labasterre » où il a essayé de montrer comment la différence est grande entre l’Homme aux abords du pouvoir et l’homme au pouvoir. Le fameux Télémaque qui dénonçait la corruption, la dictature, la pauvreté et propose des projets de développement durable étonnait plus d’uns après avoir pris le pouvoir. Il en faisait davantage que ce qu’il dénonçait.   Dans ce roman à thèse, Marcelin s’exprimait à propos de la douloureuse réalité de la patrie commune de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Toute l’histoire politique des 19e et 20e siècles d’Haïti n’a été  qu’un vaste tintamarre.

Après la chute des Duvalier, les Etats-Unis cherchaient l’homme qui ferait au moins semblant d’adhérer aux valeurs triomphantes de la démocratie représentative. En vain. De cette vacuité, a émergé un combattant aux avant-postes, un militant qui refuse les compromis, qui exige une bataille sans merci contre les séquelles de la dictature. Un rebelle qui attaque l’ « impérialisme américain » ou les « monseigneurs » macoutes. Jean Bertrand Aristide, un nom, une histoire. Cet homme issu de la théologie de la libération, activiste de la gauche radicale se sentait remplir d’une mission divine. Comme un « magicien »,  son discours prenait des accents messianiques. Ce fut « un illuminé, un mélange de Robespierre et du Che ? Un descendant de Toussaint, de Christophe ou de Charlemagne Péralte ? », a commenté Christophe Wargny.
Aristide avait promis à tous « la justice », dans un sens double : à la fois l’égalité sociale et un programme en direction des plus faibles, mais aussi la fin de l’impunité pour les anciens tortionnaires duvaliéristes. Il avait promis aussi la « transparence » : une gestion équitable des ressources de l’Etat, la fin de la corruption, la liberté de parole. Enfin, il parachevait son triptyque par le mot « participation », en appelant à tous ceux qui le soutiennent, promettant une démocratie réelle. Mais une fois au pouvoir, le jeune prêtre a mené une politique à la fois naïve et brutale, faisant preuve d’un infantilisme politique qui lui a mis rapidement face à la bourgeoisie, l’armée et une partie de la communauté internationale : on connait la suite.

Le retour de Jean Bertrand Aristide au pouvoir en 2001 avait ravivé la flamme de l’espoir – bien que moins populaire qu’en 1990. Mais la situation ne tardait pas à dégénérer.  Le pays a connu quatre longues années de turbulences politiques. Nous avons raté l’occasion de célébrer le bicentenaire de l’indépendance de la première république nѐgre. Au lieu d’être une immense fête de devoir de mémoire et de réappropriation du sens de l’histoire d’Haïti, le 1er janvier 2004 fut une journée acre au gout amer. Jean Bertrand Aristide est renversé le 29 février 2004 ne laissant derrière lui malheureusement aucune réalisation à la hauteur du personnage encensé qu’il était.

Deux ans après,  René Préval a pu bénéficier d’un vote conjoncturel mais son indifférence par rapport au sort des plus vulnérables et sa mauvaise gestion de l’après 12 janvier 2010 a traumatisé  la population. Dans cette cacophonie où le gouvernant devient l’ennemi principal du gouverné, le dernier explore de nouvelles repères. C’est de là qu’est apparu Michel Martelly qui a fait campagne en 2010 sous le thème changement. Martelly avait fait nombre de promesses dont la création des universités dans chacune des principales régions du pays, l’école gratuite et l’amélioration des conditions des plus pauvres, la transparence, la réconciliation nationale. Il avait promis « une nouvelle ère ». Mais à quelques mois de la fin de son quinquennat que peut-on en  retenir concrètement en termes de réalisation ? Les Universités qu’il avait promises n’ont pas été créées, l’école gratuite n’est qu’une vaste fourberie,  les pauvres deviennent plus pauvres, les classes moyennes appauvries, la monnaie nationale passe de 39 gourdes en 2011 à 56 gourdes pour 1 dollar en 2015, la division s’accentue. Bref, rien n’a changé. Le pays recule davantage qu’il l’était il y a trente ans pendant que nos voisins dominicains s’avancent à grand pas. 
Peut-on donc parler de politique, d’élection avec ce peuple qui a autant de fois été trompé ? Comment lui parler de changement ? Comment lui redonner confiance dans ses leaders politiques ? Voilà la question à laquelle  les candidats aux prochaines présidentielles se doivent de répondre

A ce problème, Clarens Renois, un candidat qui se démarque de la fourmilière,  semble avoir le secret. Pour lui,  il est encore possible de redonner sens à notre histoire et de réconcilier l’homme haïtien avec la politique. La texture de son message est simple : « vous devez voter pour la personne de votre choix sinon on le fera à votre place puisque de toute façon le pays ne peut pas rester sans gouvernement. La seule chose, il faut bien choisir », conseille-t-il. Une façon de dire aux Haïtiens qu’ils ne peuvent pas se séparer de la politique car leur avenir et celui des générations futures en dépend, la seule chose il faut faire le bon choix. Il s’agit là de « politiser » la population afin qu’elle prenne en main sa responsabilité.  Son triptyque est l’Intégrité, la Réconciliation et le progrès économique.  Haïti, selon lui, n’est pas un pays atypique, et n’est donc pas le seul pays à avoir connu des moments difficiles.  Il y a des grands Etats qui ont connu des périodes de tâtonnent au cours de leur histoire et qui ont fini par se relever.  Il invite donc les citoyens à croire en ce changement qui est encore possible si on s’évertue à relever au moins ces trois défis majeurs.

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Depuis plus d’une année l’ancien journaliste de La Voix de l’Amérique ne cesse de tourner dans les dix départements du pays et dans la diaspora. Objectif : rencontrer les gens et leur parler de son projet politique et de sa vision d’Haïti. Une visite de sa page Facebook vous permettra une meilleure appréciation de ses tournées. Il a rencontré des jeunes, des paysans, des groupes socio-professionnels. Son organisation politique, UNIR (Union Nationale pour l’Intégrité et la Réconciliation), est présent dans les dix départements du pays. Une affluence de gens défilent constamment dans les locaux du parti à Pacot (Rue Garoute #6) dans le but de s’enquérir des informations. Qui plus est, il est en tête de liste dans tous les sondages qui ont été effectués jusqu’au moment où j’écris ce papier (Haïti pol, Ayitikandida ou Haïti sondage). Un coup de maitre pour un homme qui jusque-là a été un parfait inconnu dans le milieu politique !

Ce petit « miracle démocratique » qui se construit petit à petit est dû à l’image et au talent personnel de Clarens Renois qui projette de révolutionner la campagne électorale en Haïti en suscitant et en organisant les supporteurs après de les avoir convaincus. Il est en train de créer une sorte de « confrérie Renois » - ce qui laisse augurer que le leader de UNIR est en train de redonner espoir aux Haïtiens. Quel est donc son secret ?

La première chose, Clarens Renois vend une grande cause mobilisatrice – le changement. Il efface sa personnalité derrière cette cause fédératrice. C’est le modèle du téléthon qui s’organise : on s’y mobilise pour une cause rassembleuse. Il est en train de responsabiliser les citoyens en faisant d’eux des acteurs du changement. Il les « politise ».
Deuxième chose : Clarens Renois exploite les nouvelles technologies comme outils de vulgarisation et de mobilisation. Facebook, twitter, Instatagram, Watsap….  De janvier à juillet 2015, il est passé de 6 000 à plus de 22 000 fans sur Facebook qui commentent « Like » et partagent ces messages. Troisième chose : le financement par le don. Il a mis en ligne un site internet sur lequel les supporters peuvent faire des dons selon leur moyen. Il est le seul candidat en Haïti qui jusque-là utilise cette technique comme mode de mobilisation de fonds pour le financement de sa campagne électorale car, selon lui, c’est le moyen le plus propre et le moins contraignant. La seule entité à laquelle le candidat-élu a des comptes à rendre est la population.

Idéologiquement, Clarens Renois se présente au centre, mais si on met du temps pour l’écouter, on comprendra vite qu’il a le profil d’un homme politique « de gauche ». Communicateur de profession, il est porté par un mouvement populaire fort nourri par la jeunesse haïtienne qui  est attirée par cet homme qui a su « transcender les lignes ». Celle-ci projette de le voter massivement.
Si Clarens Renois a déjà fait beaucoup d’exploits dans sa lutte à l’assaut de la présidence, le chemin qu’il lui reste à parcourir est encore long et pénible. En attendant que la campagne électorale s’ouvre officiellement pour qu’il vende son projet politique et sa vision d’Haïti dans un cadre beaucoup plus large et beaucoup plus poussé, il devra continuer à mobiliser ses partisans, les volontaires et les groupes de supporteurs. Néanmoins, il est sur une très bonne pente – ce qui fait de lui l’un des candidats les plus redoutables de la longue liste     des prétendants à la magistrature suprême. S’il parvient à récolter les votes nécessaires pour occuper le fauteuil présidentiel, espérons qu’il ne rentrera pas dans l’histoire tête baissée à l’image de ses prédécesseurs, mais restera « debout » là où les autres ont « trébuché » et incarnera « le rêve haïtien », tout comme Nelson Mandela l’a fait en Afrique du sud ou plus près de nous Lula Da Silva au Brésil.

Moise Jean
Paris, le 20 juillet 2015



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