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Consensus sur la répartition des ressources de l’Etat

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La subvention accordée à chaque parlementaire pour la saison pascale a défrayé la chronique… sur les réseaux sociaux. Ce lundi, les parlementaires ont présenté leurs explications, ont exhibé leurs pièces justificatives... dans les médias traditionnels. La translation de l’indignation (ce tour de la question que nous faisons sur certains sujets) étant accomplie, tout est en passe de rentrer dans l’ordre. En attendant la prochaine subvention.

Selon le président du Sénat, Youri Latortue, il y a au moins cinq subventions accordées aux parlementaires par an. Ces subventions, de quelques milliers à plus d’un million de gourdes chacune, s’ajoutent à leur salaire. De plus, ils ont droit à des frais. A des per diem. A des privilèges induits par leur charge d’élu. Ce n’est pas de la corruption car tout est dans le budget et aucune contrepartie n’est attendue de nos représentants.

Pour ceux qui ont connu les débuts de la pratique de l’arrosage permanent de nos parlementaires s’institutionnaliser sous le second mandat de René Préval, adoucir les mœurs et pratiques entre l’exécutif et le législatif, c’est le prix de la paix politique.

Nos honorables parlementaires ont aussi droit à des crédits budgétaires pour s’habiller, pour s’installer, pour habiter, pour ouvrir bureau, pour se doter de consultants, pour communiquer. Ils ont aussi une allocation véhicule. Une franchise douanière. La possibilité de se faire louer des véhicules sur le budget du Parlement et autres petits avantages. S’y ajoutent les fonds obtenus ici ou là pour les projets ou pour couvrir des besoins ponctuels.

Les quelque quatre milliards de gourdes du budget du Parlement ne représentent que l’infime partie du trésor que se partagent nos élus. Ils égrènent le budget national à d’autres rubriques et certains mettent à profit la possibilité de faire fructifier leur influence… contre espèces ou avantages en nature.

Si une catastrophe survient dans le département ou la circonscription d’un heureux élu, d’autres ressources tombent dans son escarcelle. S’il a un poids politique ou pratique bien l’art de demander, les ministères et organismes autonomes allongent un chèque en faveur du parlementaire aussi souvent que possible. Les possibilités sont infinies pour un élu de collecter des fonds. Avant son élection, pendant son mandat et en préparant une nouvelle élection. Ce n’est pas par hasard que les places au Parlement sont si convoitées. Avec le poste de président, ce sont les meilleurs sièges de la République. 

Le coût supporté par le pays pour la démocratie représentative n’a rien à voir avec ce dont les parlementaires accouchent comme résultats. Pas assez de présence. Pas assez de lois. Pas assez de contrôle. 

Souvent, à leur décharge, on argue que chaque parlementaire supporte des charges insoupçonnées.  Un député ou un sénateur paie pour tout et n’importe quoi, sur demande de ses électeurs. Pas seulement pour ceux qui l’ont élu ou pour ses partisans proches, mais pour tout Haïtien qui a la chance de croiser son chemin. La liste des prétextes de demande s’allonge chaque jour.

Nous avons trouvé une mauvaise réponse pour pallier la précarité et la misère. Et si partout on estime que les élus doivent répondre aux sollicitations, c’est parce que le consensus est fait sur le droit des responsables publics de disposer de l’argent de l’Etat et sur le devoir qui leur incombe de le répartir selon leur bon vouloir.

Ce n’est plus seulement le président qui a la capacité de jouer au « Bon papa », mais, depuis peu, les parlementaires et, un jour, les maires, qui sait ? s’y mettront.

Pour revenir aux subventions, les parlementaires sont les bêtes noires de l’affaire de la semaine sainte, mais cela fait des années qu’à diverses occasions les employés de l’Etat reçoivent de petits chèques, des supplémentaires, des gratifications. Combien de fonctionnaires ont reçu l’argent du hareng saur et de l’huile d’olive pour la semaine sainte ? On ne le saura jamais.

Si personne dans le secteur public n’envoie la première pierre contre les parlementaires, c’est le signe que le consensus sur la répartition des ressources de l’Etat est fait depuis des années. Le budget de l’Etat, entre salaires, subventions et frais de fonctionnement, est la vache à lait d’avides suceurs.

Du pis de la vache au pis-aller, ni la démocratie ne se renforcera ni le développement ne surgira d’une pratique intensive de l’abus de la tétine.

Frantz Duval Editorial du Nouvelliste



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