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D'aventures glorieuses en aventures inutiles

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Les amateurs du genre doivent se frotter les mains. Il va y avoir du sport, de l’action, des sensations fortes. Un affrontement de titans s’annonce.

Les naseaux frétillent et fument. L’impatience est à son comble dans tous les camps. Klip klap, les scénarios de la bataille sont déjà écrits.

Ici ou là, des flammèches laissent craindre un imminent embrasement général. Les ti dife boule avant le lese frape augurent d’un déferlement cataclysmique. Le choc des truands s’étale en lettres majuscules sur une affiche étincelante.

Qu’importent les coûts d’un déchirement, il faut que l’honneur soit lavé, que les envies triomphent, que chaque camp remporte sa victoire. « J’avais raison avant d’avoir tort, faisons comme si l’histoire est à refaire, telle est ma volonté », crie-t-on dans chaque faction.

Les observateurs vont débarquer. Haïti va faire la une. Pas pour le meilleur, comme d’habitude.

Halte-là !

Les passions doivent-elles avoir la peau de la raison ?

La hausse des prix des produits de consommation courante peut à tout moment donner à la faim des arguments, de mauvais conseils, alimenter la rage de vouloir en découdre. Que vont faire les autorités et les importateurs pour lever la soupape, pour désamorcer, autant faire se peut, la crise ?

Dans l’affaire du CEP, ne vaut-il pas mieux que les heures de discussion s’empilent en lieu et place d’élections désastreuses ? Quel que soit le nom de l’institution électorale, que l’on change mille conseillers pour trouver la bonne formule, tout n’est-il pas préférable à une victoire immobilisé comme un trophée au fond d’une impasse ?

L’affaire des taxes impayées et des interdictions de départ peut-elle avoir un dénouement autre que l’acquittement des créances dans le respect des droits des incriminés ? Étalons dans le temps le problème au lieu d’en faire un boulet, un goulot, une entrave. Le Win Win situation n’est pas de tuer la poule qui caquète en chaque contribuable, mais de la faire pondre des œufs d’or.

Les relents de favoritisme, les rumeurs de mauvaise gestion, les manques et mélanges entre fonds publics et intérêts privés, dénoncés ici et là ne méritent-ils pas d’être évacués ? Vingt démentis vains valent la peine au lieu que s’installe la perception de la corruption arrogante.

Bien gouverner est une affaire de style, de manière, de bonnes décisions prises à temps, exécutées avec efficacité. Bien gouverner, c’est aussi des retraites, des revirements, des changements de cap. Cela est vrai pour les pays comme pour chaque être humain.

Faire risette aux dieux des causes perdues, faire offrande de ce que l’on ne possède pas, promettre son sang et sa sueur pour des victoires éphémères, nous avons tout essayé. Pour quel résultat ?

D’aventures en aventures, nous nous fourvoyons ici plus souvent qu’ailleurs.

Frantz Duval

Le Nouvelliste

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