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Devises et emplois

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image Frantz Duval - Rédacteur en chef du Nouvelliste

Deux événements ont eu lieu ce mercredi. Dans la matinée, une conférence de presse du gouverneur et du haut staff de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Dans la soirée, un dîner assis offert par l’Association des industries d’Haïti (ADIH) pour célébrer le prolongement par les Etats-Unis d’Amérique de la loi Hope en faveur du secteur de la sous-traitance, premier employeur privé de notre pays.

Le gouverneur Charles Castel avait tous les micros de la presse pour capter ses propos sur la santé de la gourde. Le régulateur s’est voulu rassurant. Charles Castel et les dirigeants de la BRH, sans donner de seuil, ni de taux plancher ou plafond- comme le souhaitaient certains journalistes- annoncent que des mesures ont été prises pour maîtriser la valse du taux de change de ces dernières semaines.
« Calmez-vous ». « La BRH a les moyens et est intervenue sur le marché des changes ». « Il y a des dollars ». « Nous en avons vendu ». « Il y a des réserves pour servir la demande ». Autant de déclarations qui ont ponctué les moments forts de la conférence de presse de la BRH, ce 15 juillet 2015.

Dans la soirée, au Karibe, devant une salle clairsemée où brillaient par leur absence la presse, les candidats aux prochaines élections et certains industriels du secteur de la sous-traitance, discours et notes sans papier, ont souligné le chemin parcouru pour faire voter une nouvelle fois la loi Hope.

L’accent a été mis aussi sur la reconstruction du secteur textile qui a connu des années noires entre embargo et crises politiques. Aujourd’hui, fer de lance des exportations haïtiennes avec près de 900 millions de dollars dans la balance, plus de 36 000 emplois (dont 65% tenus par des femmes) et représentant 10% du PIB, la sous-traitance a encore de la marge et du chemin à faire.

Dans un portrait sans concession, Mark D'Sa, représentant du département d’Etat américain qui a pris la parole, a rappelé qu’en 1974 Haïti exportait des travaux faits à l’aiguille, le top dans l’industrie de l’habillement. 40 ans plus tard, nos emplois sont tout au bas de l’échelle dans une industrie qui est toujours prête à démonter ses machines à coudre pour aller voir ailleurs si les conditions sont meilleures.
Alors quand Mark D'Sa a souligné que « la sous-traitance croît, mais est le seul secteur à croître et qu’elle n'est pas intégrée dans le reste de l'économie et que c'est un danger », ces propos ont fait écho à ceux du gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, qui, quelques heures plus tôt, soulignait que le taux de change a à voir avec les problèmes structurels de l’économie haïtienne.

Il nous faut des dollars, un taux de change stable, des devises à un prix soutenable, alors « il faut une vision de la croissance du secteur textile » comme l’a dit Mark D'Sa. Il nous faut une vision pour chaque pan de l’économie nationale.

Le représentant du département d’Etat voulait se faire entendre du prochain président d’Haïti et des futurs parlementaires de la 50e législature. Rares étaient les candidats présents dans l’assistance.
En Haïti, quand il faut parler d’emplois et de choses sérieuses, les chaises restent vides.

Frantz Duval Editorial du Nouvelliste



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