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L'économie, c'est vendre des choix et y mettre du temps

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Le Forum du secteur privé a tenu assises ce lundi au Karibe. En présence d'invités venus d'aussi loin que les Seychelles ou l'île Maurice. Du président de la République, du Premier ministre et d'officiels divers. La Banque mondiale et la BID parrainaient le nouveau-né : la recherche d'exemples à suivre.
Beaucoup de responsables haïtiens du privé comme du gouvernement ont pu découvrir le chemin emprunté par ces pays très éloignés de nous, mais avec qui Haïti a en commun le créole en partage. Des autorités seychelloises et réunionaises ont expliqué le B.A BA de leur réussite.
Bien entendu, les esprits chagrins trouveront que passer de 200 dollars de revenu par habitant à 9 000 n'est pas une preuve claire de réussite ou s'interrogeront sur le prix que l'île Maurice, par exemple, a dû payer pour s'offrir un tel bond.
Les pragmatiques argumenteront que seuls les chats au ventre rempli philosophent sur le goût et les vertus des queues de souris...
En Haïti, nous avons faim de mieux-être, quel risque prendrons-nous à examiner l'expérience de ces petits pays semblables au nôtre qui ont transformé leur destin en quelques décennies ? Aucun.
Reviendra cependant sur le tapis la difficulté pour Haïti de faire un choix, de s'arrêter sur un modèle, un plan, une direction.
Depuis 1986 et la dénonciation du fameux plan américain pour Haïti, en passant par les propositions de nos différents candidats et Premiers ministres dans leurs déclarations de politique générale, en passant par les propositions du professeur Paul Collier ou les mille et une tentatives de chaque institution ou commission en termes de gouvernance sectorielle ou globale, Haïti hésite à faire un choix économique clair et cohérent.
Nous additionnons des mesures. Appliquons des formules. Tâtonnons.
Nous n'avons pas les porteurs de propositions aux épaules assez solides ou au règne assez long pour, avec les risques que cela comporte, prendre la chance de miser assez et pendant un temps raisonnable sur une politique, une philosophie, une orientation.
Nous errons, doutons, changeons de cap, transigeons, laissons vite la part belle au laisser grennen.
L'économie, le choix d'une politique économique et les sacrifices que cela impose avant de connaître le bonheur des résultats attendus sont un risque qu'aucun gouvernement n'a encore eu le courage de prendre en Haïti.
En économie comme en affaires, pas de risque pas de résultats. C'est le B.A. BA.

Frantz Duval - Le Nouvelliste

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