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la foire d'empoigne

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 Michel Martelly est élu à la magistrature suprême de l’Etat sans rien gagner au Parlement. Au fait, il n’avait ni parti, ni trop d’alliés aux élections législatives faites en même temps que la présidentielle qui l’a fait président. Mais comme à ces marathons, aux stratégies ténébreuses, l’Exécutif a pu finalement « s’acheter » un groupe majoritaire à la Chambre basse. Aujourd’hui, comme des plantes qui doivent sans cesse être arrosées, certains députés jadis alliés de l’Exécutif, deviennent arides- et acides- depuis que la rosée du pouvoir a cessé. La Chambre basse vit sous tension.

C’est paradoxalement à la veille des élections que les relations entre la Chambre basse et le Palais national se font le plus tendues. Le choix des représentants du Parlement au sein de l’Institution électorale ont laissé à la bouche du président Martelly, l’acre saveur de la trahison ou même de « l’ingratitude ». Les mauvaises langues rapportent même, que le président aurait vertement reproché les députés du bloc majoritaire d’être plus enclins à lui soutirer de l’argent de ses programmes sociaux qu’à respecter ses consignes.

Entre-temps, au milieu des querelles entre ces amis conjoncturels, les députés du groupe minoritaire, le bloc des parlementaires pour la Réforme institutionnelle (PRI), ont gagné du terrain. Au point de se demander aujourd’hui si le président de la Chambre basse qu’on croyait acquis à la cause de l’Exécutif n’est pas plus proche du PRI que du PSP. « Pour ne pas se perdre trop vite en conjectures, on dira qu’il n’est plus totalement PSP, mais pas encore PRI », a nuancé pour nous un observateur avisé. Le député Jean Tolbert Alexis, avec sa verve et son aura, constitue sans conteste au sein du Parlement, l’une des plus grandes pertes que pourrait subir l’Exécutif à la veille d’une période électorale qui pour des raisons diverses nécessitera des décisions conjointes entre les pouvoirs.

Problème de monnaie d’échange ?

Quand ce n’est pas le sentiment d’appartenance à un même parti qui unit l’Exécutif et le Parlement, l’expérience montre que l’Exécutif doit alors se trouver une vraie monnaie d’échange pour se faire, ne serait-ce que des amis provisoires. Dans cette catégorie on retiendra, les nominations à des postes diplomatiques ou dans la fonction publique, le financement de petits projets de développement et jadis la nomination de juges de paix et d’officiers du Parquet.

Aujourd’hui pour chacun de ses moyens d’entente au moins un problème se pose. Depuis la création du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), les parlementaires ne peuvent plus défiler au Ministère de la Justice pour réclamer la nomination de juges paix dans leurs communes, sous peine de vote de censure contre le Garde des sceaux. Ainsi, même étant à la veille des élections, les parlementaires ne peuvent plus s’attribuer ces puissantes armes de combat électoral que représentaient pour eux des juges acquis d’avance à leur cause.

Si hier, les parlementaires pouvaient miser sur leurs proches nommés dans la fonction publique ou leurs épouses casées dans nos consulats à l’étranger, le gouvernement a récemment coupé court à ces « tolérances ». Avec des épouses mises à pied, des protégés révoqués dans la fonction publique, députés et sénateurs trouvent désormais très peu d’intérêt à rester fidèle au Palais national. La seule consolation qui leur reste, serait les petits projets de développement. Mais comme pour gentiment leur fermer la porte au nez, la primature leur demande de s’adresser désormais à un ministre que la plupart d’entre eux ne semblent pas trop aimer : Ralph Théano. Depuis que ce dernier est devenu le vrai point focal – ou point de blocage- de toutes les relations entre les parlementaires et les autres ministres, plus de voix se sont soulevées contre lui. La plus déterminante sera celle du député Abel Descollines pourtant porte parole du groupe majoritaire, mais qui réclame comme plusieurs de ses pairs, la tête de Théano.

Loin de croire que la tension à la Chambre basse, se résume au cas Théano, l’Exécutif se souviendra que les périodes électorales ne laissent réellement unis que les vrais amis.
[email protected] Matin



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