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Le discours de Jocelerme Privert, président de l’Assemblée nationale le 7 février

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Après l’adresse à la nation du président Martelly le 7 février consacrant la fin de son mandat, le sénateur Jocelerme Privert, président de l’Assemblée nationale a dit prendre acte des déclarations du chef de l’Etat et déclaré un vide présidentiel et le dysfonctionnement du pouvoir exécutif. Le Nouvelliste publie l’intégralité de son discours.

Liberté Égalité Fraternité

Sénat de la République d’Haïti

Discours du Président à l’Assemblée Nationale en

réponse à l’adresse à la nation du Président Michel Joseph Martelly

Son Excellence

Monsieur le Président de la République ;

Honorable Président de la Chambre des Députés et Vice-Président de l’Assemblé Nationale ;

Monsieur le Premier Ministre ;

Mesdames Messieurs les membres du Gouvernement ;

Honorables Parlementaires ;

Mesdames Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et Consulaire ;

Mesdames Messieurs les Représentants des partis politiques ;

Mesdames Messieurs de la presse ;

Mes chers Compatriotes ;

Mesdames Messieurs ;

Ce dimanche 7 février 2016 est marqué d’une pierre blanche dans l’histoire de la démocratie haïtienne.  Aux uns et aux autres il impose une halte salutaire pour un examen de conscience sur nos responsabilités envers le peuple haïtien, un examen sans concession, sans faux-fuyants ni complaisance.

La cérémonie du jour se situe dans un contexte où la nation tout entière nous observe et prend note de nos actions et de nos engagements. La confiance qu’elle nous donne n’est pas un blanc-seing. Elle est assortie de responsabilités que nous sommes tenus d’accomplir.

Chaque pouvoir doit mesurer et assumer le poids de ses attributions, les responsabilités qui s’y attachent ainsi que les conséquences qu’entraîne toute faille tant pour le présent que pour l’avenir.

Excellence, Monsieur le  Président de la République, 

Le choix démocratique fait par le peuple haïtien est irréversible. Loin d’être un vœu, la démocratie est devenue le ciment de notre cohésion nationale, la raison politique qui marque notre dignité. Cependant, une fois de plus, dois-je rappeler que c’est au prix de grands sacrifices que notre peuple parvient aujourd’hui à s’inscrire dans la modernité, la liberté et la dignité. Chaque autorité, chaque élu a donc pour devoir de respecter ce choix, désormais imprimé dans nos valeurs, nos principes et nos décisions. Pour consolider etrenforcer cette démocratie, nous devons nous efforcer de respecter la Constitution et les lois de la République. 

Excellence, Monsieur le Président de la République,

En ma qualité de Président de l’Assemblée Nationale, et conformémentaux dispositions des articles 134-1, 134-2 et 134-3 de la Constitution de 1987 amendée, je prends note de vos déclarations et dresse le constat de la fin de votre mandat. Je déclare donc qu’à partir de ce moment il y a un vide présidentiel. 

Ce vide entraîne un  dysfonctionnement du pouvoir exécutif ainsi que la démission du gouvernement qui n’a pas la légitimité constitutionnelle que lui confère le vote de sa déclaration de politique générale par le Parlement Haïtien.

Peuple Haïtien,

Le départ du Chef de l’État en ce jour du 7 février, dans le respect des exigences de la Constitution amendée, n’arrête pas pour autant la marche de l’histoire nationale. La roue de la République continue de tourner inexorablement en attendant l’installation du président provisoire qui sera élu par l’Assemblée Nationale.

Certes, le gouvernement de consensus, issu des accords de décembre 2014, n’avait pas reçu l’aval parlementaire ni avant ni au moment de sa prise de fonction en janvier 2015. Cependant, le bon sens doit convenir qu’il bénéficie de la logique imperturbable du fait accompli, selon la théorie  immuable du  « fonctionnaire de facto », puisqu’il gère les affaires de la République depuis plus d’une année. En attendant l’accession du président provisoire, ce gouvernement continuera de faire fonctionner l’administration publique dans un régime prudent et mesuré de liquidation des affaires courantes, sans prendre aucune mesure capitale qui engage les prochains pouvoirs, et surtout hors de cet appétit de signer qui assaille souvent les administrateurs en imminence de départ.

Au Palais national vide de la présence d’un Chef d’État pour un laps de temps que nous souhaitons très succinct, le Secrétaire Général de la Présidence veillera au grain. Il montera une garde vigilante, apaisante et sage sur la Maison du Peuple.

Chers et éminents collègues de la 50e, 

Je m’adresse à vous pour vous faire comprendre et assumer l’immensité de vos responsabilités devant la nation et le monde. La tenue de cette deuxième assemblée nationale en si peu de jours et dans cette circonstance particulière vous coiffe du diadème incessible de la souveraineté populaire. Plus rien désormais ne peut le ternir ni le compromettre ni vous en priver. Aucune déclaration, aucune déclamation, aucune décision, aucune action  d’aucune force au monde ne peut enlever une couronne tissée sur la navette de la souveraineté populaire. Vous êtes et demeurez Parlementaires tant que le peuple souverain qui vous a élusn’aura pas choisi quelqu’un d’autre à votre place. 

Toutefois, l’Assemblée Nationale, que cela soit dit ici et retenu par tous, n’hérite d’aucune attribution exécutive, même si en cette conjoncture de vide au sommet de l’Etat elle demeure l’unique détentrice de la souveraineté populaire. Elle veillera à ce que la période de flottement respecte le délai assigné par l’Accord du 5 février 2016 entre les deux pouvoirs régaliens de l’État. Une commission bicamérale spéciale sera instituée instamment pour étudier les dossiers des postulants au regard de l’article 135 de la Constitution amendée  et produire un rapport ouvrant la voie aux procédures d’élection du président provisoire, une procédure célère qui s’inscrive dans la fourchette de temps impartie par l’Accord.

Dans cet intervalle de fragilité institutionnelle, administrative et politique, au nom de tous les Parlementaires de la 50e législative, au nom de la Nation souffrante et attentive aux prochaines décisions de ses représentants et de ses leaders authentiques, en ma qualité de Président de l’Assemblée nationale investie par le peuple souverain et les circonstances exceptionnelles d’une part prépondérante, sinon entière  de la Souveraineté nationale, je demande aux forces vives du pays haïtien, à tous les secteurs politiques, à la société civile d’observer une trêve politique qui permette une communication sereine et conviviale entre tous. En cela, nous aurons aidé la République à se doter rapidement de l’institution cardinale de la Présidence, dans un climat d’apaisement et de profonde réflexion patriotique, dans l’Union qui fait la force, cette union qui a gonflé notre palmarès de peuple avide de liberté et de dignité des plus sublimes épopées de l’histoire humaine.  Ainsi nous nous serons donné les moyens de traverser ensemble, la main dans la main, cet espace de temps de défaillance et de langueur institutionnelle et d’effectuer les choix les meilleurs pour l’avenir du pays que nous aurons installé dans la stabilité politique et la paix sociale. 

Jocelerme PRIVERT

Président de l’Assemblée Nationale.




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