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Le ministre de la Justice répond à l'ANMH

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Le communiqué sur les sanctions pénales liées à la diffamation publié par le ministère de la Justice, dimanche dernier, continue de faire des vagues. L'ANMH l'a vivement dénoncé et voit en cette sortie une tentative de restreindre la liberté de la presse. Le ministre de la Justice, Me Jean Renel Sanon, pour s'expliquer, a indiqué que le communiqué revêt un aspect général et qu'il s'agit d'un rappel.

« Il n'y a pas de velléité à attaquer la presse, a déclaré le ministre de la Justice. Les travailleurs de la presse sont des partenaires obligés que l'on respecte. La liberté de la presse est un acquis démocratique, a soutenu Me Jean Renel Sanon, vendredi sur Radio Magik 9. Selon lui, dans un Etat responsable, il n'est pas normal qu'une radio accepte de donner la parole à quelqu'un pour faire des déclarations diffamatoires, des menaces et des incitations à la violence.

Pour Me Sanon, le communiqué dénoncé par l'Association nationale des médias haïti

ens (ANMH) n'a rien de nouveau. « C'est une note de rappel, a-t-il dit. Ce sont des dispositions qui existaient déjà dans le code pénal. Ce rappel est un fait normal. Je ne vois pas pourquoi il y a eu tant d'agitation. J'appelle tout le monde au calme. Peut-être que la note n'a pas été lue de la même façon que moi. Ce qui est important, le chauffeur ne peut demander d'éliminer les contraventions, il ne doit pas les commettre tout simplement. »

Le ministre a estimé que la réaction de la l'ANMH s'inscrit dans le cadre de la démocratie et de la liberté de pensée. « Moi comme responsable, je fais mon devoir. Je pense que je dois attirer l'attention sur des comportements délictuels », a-t-il avancé.

Des explications qui ne convainquent pas Lilianne Pierre-Paul, présidente de l'ANMH et l'une des responsables de Radio Kiskeya qui était la principale invitée de Radio Magik 9 vendredi matin. La présentatrice vedette du « jounal 4è » a indiqué pour le ministre que c'est faux de dire que les micros des médias sont ouverts aux gens qui profèrent des menaces ou qui lancent des appels à la sédition. Cependant, elle n'a pas nié que cela peut arriver dans des émissions à ligne ouverte, « mais le journaliste, toujours il rappelle l'auditeur à l'ordre. »

La journaliste chevronnée a rappelé que les articles évoqués dans le communiqué du ministère de la Justice sont totalement obsolètes. « Et, Me Sanon est un avocat, il le sait très bien, a-t-elle souligné. Si à la suite d'une déclaration à la radio une personne se sent lésée parce que son nom a été cité, elle peut solliciter le droit de réponse ou recourir aux dispositions de l'article 28. 3 de la Constitution de 1987 qui traitent des délits de presse... »

Le communiqué du ministre de la Justice est une tentative d'intimidation, a soutenu Lilianne Pierre-Paul. Parlant cette fois en son nom personnel, la journaliste dit voir dans ce message une façon de dissuader les médias d'accorder la parole à des formations musicales qui ont été écartées du carnaval à cause de leurs meringues hostiles au gouvernement. Cette démarche pouvait être élargie à tout autre citoyen qui n'est pas d'accord avec le pouvoir, a-t-elle prédit.

« C'était une mesure, a-t-elle estimé, préventive du gouvernement pour empêcher les médias d'accorder la parole à des gens qui se positionnent contre le pouvoir. Monsieur le ministre, avec tout le respect que j'ai pour vous, je refuse de croire que ce communiqué était fait pour de simples citoyens. »

La note a un aspect général, a rétorqué le ministre Sanon. Il ne visait pas quelqu'un en particulier, a-t-il dit. « Pour la bonne santé de la démocratie, il n'est pas normal que quelqu'un utilise la radio pour faire des déclarations infondées, qui portent atteinte à la renommée des gens sans preuves...», a soutenu le ministre de la Justice, prévenant que quelqu'un doit payer le prix de son forfait.

Dans le communiqué, on peut lire ce qui suit : « le ministère de la Justice et de la Sécurité publique, dans le souci de préserver les acquis de l'Etat de droit, se fait le devoir de rappeler à tout un chacun que la législation pénale haïtienne punit sévèrement la diffamation, les menaces et les incitations à la violence. Ainsi les auteurs tant matériels qu'intellectuels de tels actes répréhensibles tomberont-ils sous le coup des dispositions des articles 64, 313 et 321 du Code pénal haïtien ainsi que les articles 18, 22 et 23 du décret du 31 juillet 1986 sur la presse et la répression des délits de presse. »

L'Association nationale des médias haïtiens (ANMH) proteste énergiquement contre ce communiqué « musclé du ministre de la Justice, Me Jean Renel Sanon, qui a menacé de manière à peine voilée d'imposer des restrictions à l'exercice de la liberté de la presse en Haïti. Dans une claire tentative d'intimidation des professionnels des médias, le ministre assimile toute diffusion d'information non conforme aux vues de l'exécutif à de la diffamation ou de l'incitation à la violence », selon un extrait de la note de protestation de l'ANMH.

Roberson Alphonse Source: Le Nouvelliste



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