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Le Parc de Caracol pas encore approprié par les Haïtiens !

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C’est le deuxième cadeau que nous fait le monde extérieur et qui est boudé par les secteurs locaux.
Le premier c’est l’université Roi Henry 1er de Limonade (Nord d’Haïti). Construite par le gouvernement et le secteur des affaires de notre voisine, la République dominicaine, il n’y a toujours pas d’entente définitive avec les responsables de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) pour une utilisation effective des nouveaux locaux.
C’est encore au nord du pays (Caracol, Nord Est) qu’est en cours la construction d’un nouveau parc industriel. Le Parc de Caracol.
Le président de la République Michel Joseph Martelly s’y est rendu pendant la semaine accompagné du PDG de la première entreprise haïtienne ayant choisi d’y emménager. Il s’agit de Peintures Caraïbes appartenant à Pierre Yves Gardère.
Ont participé également à cette visite d’inspection de l’état d’avancement des travaux l’Ambassadeur américain sortant, Kenneth Merten, le chef du bureau d’Haïti au Département d’Etat, Tom Adams, ainsi que la conseillère et cheffe de cabinet de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, Cheryl Mills.
Cependant on est surpris de l’absence des premiers intéressés : les secteurs industriel, bancaire et commercial d’Haïti.
Ces derniers ne se sont pas beaucoup fait entendre jusqu’ici dans le dossier de Caracol. Est-ce une attitude ‘wait and see’ ou carrément de l’indifférence ?
Est-ce que comme pour l’université de Limonade, cette initiative est perçue comme une mainmise étrangère sur une activité relevant d’abord des nationaux - puis on nous fait l’honneur de nous inviter ?

Impuissance et marasme …
Ou est-ce que devant le marasme et l’impuissance qui caractérisent l’économie nationale, ce n’était pas la meilleure chose à faire ?
Nécessité aussi de faire un plus grand effort pour attirer les investissements, étant donné la crise économique mondiale.
D’ailleurs on croit comprendre que le Parc industriel de Caracol rencontre bien des difficultés à trouver des locataires. Aussi bien à l’extérieur (Haïti n’a pas bonne presse) qu’à l’intérieur. Rien qu’à voir l’excitation du président Martelly en y recevant le patron des Peintures Caraïbes, une compagnie qui probablement n’a besoin que de quelques dizaines d’employés. Mr Gardère dit pouvoir créer 170 emplois la première année et 300 dans deux ans.
Le président a été également reçu par le directeur pour Haïti de la firme sud coréenne qui constitue pour le moment le principal espoir des promoteurs du parc, Mr Daniel Cho.
L’entreprise Sae-A Trading promet de créer 20.000 emplois dans six ans. En 2013, elle emploiera 6.000 personnes.

Financé avec l’argent de la Reconstruction …
Le parc a été financé avec une partie des fonds attribués au pays après le séisme du 12 janvier 2010, soit 224 millions de dollars (source : New York Times, 6 Juillet 2012).
Les trois promoteurs du projet sont le gouvernement haïtien qui a fourni le site (la baie de Caracol), l’administration américaine et la Banque interaméricaine de développement (BID).
Outre les infrastructures principales, le projet comprend aussi la construction d’une usine électrique et d’un port commercial.
L’emplacement du parc (300 hectares) a été cependant critiqué par des organisations locales. Les développeurs n’ont accordé, selon ces dernières, aucune importance au fragile écosystème de la baie de Caracol qui venait d’être choisie comme zone marine protégée du fait de contenir les dernières réserves de mangroves et une bande de coraux parmi les plus étendues du pays.
D’autre part, selon l‘article du New York Times mentionné plus haut, la firme Sae-A Trading n‘était pas la première sur la liste de l’administration Obama qui s’est occupée du démarchage de clients pour le parc. Critiquée par les organisations syndicales, y compris par l’américaine AFL-CIO, pour ses techniques anti-syndicales, la firme sud-coréenne n’a finalement été choisie que de guerre lasse vu les difficultés pour attirer aujourd’hui de telles entreprises en Haïti.

Une tâche difficile pour l’équipe Martelly-Lamothe et à laquelle la coopération des secteurs locaux est normalement indispensable.
Est-ce que cette coopération a été insuffisamment recherchée ?

‘Trouble shooter’ pour Haïti …
Ou est-ce que le projet ne continue pas trop à ressembler à une affaire personnelle pour Mr et Mme Clinton et leur super-conseillère et ‘trouble shooter’ pour Haïti, Cheryl Mills.
En quelque sorte, alors que tôt ou tard ce sont les locaux qui doivent en avoir la responsabilité puisque construit avec des fonds nous appartenant au titre de l’assistance post-séisme, le Parc Industriel de Caracol n’a pas encore été ‘vendu’, en un mot, aux Haïtiens !

Haïti en Marche,

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