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Le sport en roue libre

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En plein match entre l’Argentine et le Brésil, deux commentateurs de Radio - Télé Caraïbes lâchent un couplet inattendu sur le sort des sélections nationales haïtiennes U-17 et U-20.

Comme d’habitude, avec ce média, une préoccupation sérieuse se glisse entre des commentaires débridés et un peu de pub sauvage. C’est accrocheur et divertissant.

Quels sont nos plans pour ces talentueuses équipes de football qui n’arrivent même pas à affronter des formations de leur rang pour les aider à préparer valablement les compétitions mondiales dans lesquelles elles sont engagées ? se demandent les deux animateurs dans un dialogue plus sérieux qu’il ne le paraissait.

Qui du secteur privé ou de l’Etat haïtien va mettre les fonds nécessaires à la disposition de nos jeunes équipes nationales pour leur préparation? se questionnent les journalistes.

Si vous ne faites pas confiance à la Fédération haïtienne de football, confiez l’argent à un comité, proposent-ils.

La question de l’argent est souvent au cœur des préoccupations dès qu’il s’agit de sport en Haïti. Il n’y a jamais les budgets adéquats pour assurer dignité et efficacité aux athlètes.

Laurent Lamothe, Premier ministre aujourd’hui, ancien tennisman de haut niveau, se souvient des péripéties qui entouraient les participations haïtiennes à chaque compétition.

Le Premier ministre a même confessé de retour des Jeux olympiques de Londres en août dernier qu’il a eu honte de se faire remonter les bretelles par le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Sepp Blatter, qui lui a fait le reproche qu’Haïti ne peut pas s’adresser à la FIFA pour des problèmes de billets d’avion pour ses sélections nationales.

En un mot, Blatter nous a fait la leçon : si nous voulon être dans les rangs des grands, il y a un minimum que le pays doit supporter.

Faire flotter le drapeau d’Haïti devant des milliards de téléspectateurs a un coût. Devrait être une opération budgétisée. Une ambition rationnelle.

Combien l’Etat est prêt à miser et sur quelles disciplines sportives pour avoir l’honneur et la fierté de voir nos athlètes, nos joueurs, nos représentants affronter en égaux les meilleurs du monde entier ?

Personne n’a de réponse à cette question.

Nous y allons par à-coup. Aucune entreprise haïtienne ou établie en Haïti n’a suivi la Digicel- la Sogebank et Voilà mises à part - dans un ambitieux programme de sponsorisation. Nous ne parions ni sur nos jeunes ni sur les valeurs confirmées. Nous n’avons ni mécènes ni fous de sports.

Dans cette édition, Le Nouvelliste présente une longue interview avec Samyr Lainé réalisée à Washington par Stéphanie André. Dans ses réponses, Lainé explique toute la problématique de sa préparation pour les Jeux olympiques de Rio. Il lui faut des moyens. De l’argent. Et de l'attention.

Après sa lettre d’appel à l’aide aux autorités sportives, cette interview campe l’athlète et l’homme.

Pouvons-nous nous contenter de récolter les fruits, de nous enorgueillir des victoires de Samyr Laîné, de Victoria Duval, de Linouse Desravine ou d’autres sans aussi prendre nos responsabilités envers eux ?

Une participation à une finale des Jeux olympiques vaut des millions en infrastructures et en préparation d’athlètes. Une participation à un tournoi de grand chelem de tennis a un prix et impose des sacrifices aux familles. Une équipe nationale de football qui emmène les couleurs nationales à des compétitions internationales, cela vaut son pesant d’or.

Nos politiques, la société haïtienne en générale peuvent-ils continuer à se gausser, à prendre woulib sur le dos de nos athlètes sans jamais mettre la main à la poche ?

Frantz Duval est rédacteur en chef du grand quotidient Le Nouvelliste

Source: Le Nouvelliste

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