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Le temps est lourd, la caravane mariale passe

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Dans le cadre de la commémoration du centième anniversaire des apparitions de Notre-Dame de Fatima (1917-2017), tout un éventail d’activités est programmé, tout au cours de l’année, pour marquer cet évènement majeur de l’Église catholique.

C’est ainsi que le samedi 30 juillet dernier, la première caravane mariale a visité le diocèse des Cayes, sous les auspices du Centre biblique Notre-Dame -de-Fatima (CBNDF) et de tous les comités mis en place par le père Jules Campion, directeur du CBNDF.

Très tôt, le samedi matin, aux abords de l’église du Sacré-Coeur de Turgeau, régnait un incessant va-et-vient de pèlerins revêtus de leur T-Shirt arborant le logo du Centre (un coeur rouge entouré de la couronne d’épines). Ils viennent de toutes les paroisses de la capitale et même de Saint-Marc. Rayonnants de joie, ils embarquent à bord d’une quinzaine d’autobus et environ une vingtaine de véhicules privés. 

La caravane démarre dans un ordre parfait sous le coup de 9 heures. Une voiture de police ouvre la marche suivie de l’autobus de la presse. Le pick-up transportant la Vierge pèlerine arrive tout de suite après. Juchée sur le toit de la voiture, assiégée de fleurs de toute beauté, Notre-Dame de Fatima donne l’impression de suivre attentivement toutes ces activités qui la mettent à l’honneur. Des animateurs reconnus sont chargés de maintenir les pèlerins dans une atmosphère de prière, tout au long du trajet.

D’après le programme bâti pour la circonstance, un premier arrêt est prévu à Petit-Goâve. Sirènes, klaxons annoncent l’arrivée du cortège marial. Pendant ce temps, les journalistes donnent une démonstration digne de l’accueil d’un chef d’État. Ils sautent de leur véhicule, caméras brandies en avant pour filmer tantôt Notre-Dame de Fatima du haut de son perchoir, tantôt le père Campion qui avance, escorté des membres de Solèy Lafwa et d’autres membres du comité. Ce petit cortège s’arrête devant la grande banderole qui souhaite la bienvenue à la caravane mariale. Là, le maire de la ville, M. Samson Jean Limongy, accompagné du curé de la paroisse, le père Boniface Sénat, coupe le ruban et remet les clefs de la ville au P. Campion, pendant qu’une fanfare donne un « ochan » à la délégation qui s’ébranle en direction de l’église de Notre-Dame-de-l’Assomption de Petit-Goâve. La traversée montre une ville assez propre comparativement à certaines villes de province et même la capitale.

Au rythme du célèbre refrain : « Ave, ave, ave Maria », les pèlerins, certains enjoués, les bras levés, d’autres plus recueillis, font leur entrée à l’intérieur de ce qui reste de ce beau bâtiment détruit par le séisme du 12 janvier 2010. Le père Sénat, dans des propos très élogieux, accueille le directeur du CBNDF qui, à son tour, le remercie chaleureusement au nom de sa patronne Manman Fatima (un surnom affectueux). Au cours de cette heure passée à l’église, les pèlerins ont eu la chance d’entendre le père Campion chanter les louanges mariales avec beaucoup d’onction, comme lui seul peut le faire : « Salut Vierge Marie, ô vous pleine de grâces, / Vous êtes toute belle et rien ne vous surpasse. » J’ai découvert, en même temps, le père Pierre-Marie France qui lui donnait plutôt bien la réplique.

L’heure avance. Direction, Cavaillon. La caravane mariale s’ébranle à nouveau dans le même ordre. La réfection de la nationale numéro 2 permet de franchir cette distance dans un temps record. Soudain, une grande banderole souhaitant déjà la bienvenue à la caravane se déploie et laisse deviner qu’on n’est pas loin de Cavaillon. 

Changement de décor. Une vingtaine de motocyclistes vêtus de T-Shirts bleus, dans une pétarade, vient à la rencontre de cette délégation inhabituelle. La caravane passe dans la rue principale au son des cloches de l’église paroissiale. Le maire de la ville, Ernst Aïs, qui fait partie du comité d’organisation, en bon hospitalier, a réservé un accueil spécial aux pèlerins en leur offrant des bouteilles d’eau pour se désaltérer.

Comme prévu dans le plan d’organisation, à 5 heures pile, la caravane, à l’invitation du maire Gabriel Fortuné, s’engage sous l’arc de triomphe de la ville des Cayes. Une fanfare entonne La Dessalinienne. Le maire prend la tête de la caravane qui suit jusqu’à l’ arrivée à l’église du Sacré-Coeur où la Vierge pèlerine fait son entrée au rythme des cloches, sous les vivats des fidèles qui remplissent l’enceinte. Que de démonstrations chaleureuses au cours de cette journée mémorable ! C’est au tour du curé du Sacré-Coeur des Cayes, le père Alfred Bernard, de manifester son contentement de recevoir Notre-Dame, dans sa paroisse. C’est de là d’ailleurs que partira la procession aux flambeaux.

Elle débute avec une pléiade d’enfants de choeur dont l’un porte la croix processionnelle. Suit Notre-Dame de Fatima qui, entre-temps, a changé de trône. « Rèn syel la, rèn tè ya, tout pitit ou ap salye ou », m’exclamé-je. Elle est portée , cette fois-ci, par des brancardiers élégamment vêtus et même gantés de blanc comme à Fatima, au Portugal, entourés de trois enfants habillés en pastoureaux et des anges vêtus de blanc. Les pères Campion et Pierre-Marie emboîtent le pas en méditant le chapelet ou en chantant avec les fidèles. 

Toujours au rythme de l’Ave Maria de Fatima, les pèlerins, mêlés aux fidèles des Cayes, recueillis, traversent la ville, éclairés par la lumière des bougies qui tremblotent, fouettées par une légère brise. Un coup d’oeil en arrière offre un tableau féerique rappelant un peu Lourdes ou la Cova da Iria, tandis que les cloches de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption se mettent à carillonner, à toute volée, pour saluer le passage de la Vierge pèlerine. 

Enfin, on est devant la façade principale de la cathédrale. Les fidèles se bousculent un peu. Mais le cortège finit par franchir la porte sainte pour pénétrer à l’intérieur. (Une église vaste pouvant contenir 1500 personnes). Les grands-parents recommandaient de faire trois demandes en visitant une église la première fois. Alors, je me conforme à cet esprit. En un rien de temps, toutes les places sont occupées et beaucoup de gens restent debout. Notre-Dame de Fatima, bien en vue, repose sur son trône garni, en majorité de fleurs jaunes, blanches- un rappel des couleurs du Vatican. Les pastoureaux et les anges entourent toujours la grande Dame qui semble dominer l’assemblée.

L’assistance attend impatiemment l’arrivée de son Éminence le cardinal Chibly Langlois,évêque des Cayes, qui doit saluer les pèlerins venus de si loin. Le voilà, il apparaît, vêtu d’une soutane noire relevée d’un camail liseré de rouge. Il gravit la chaire pour souhaiter la bienvenue et se dit très heureux d’accueillir la Vierge pèlerine dans son diocèse, ainsi que ces centaines de pèlerins. Il salue cette noble démarche entreprise par le CBNDF de commémorer le centième anniversaire des apparitions de Fatima. Le cardinal Langlois exhorte les pèlerins à prier pour le pays, pour nos familles et surtout pour l’unité des Haïtiens, avant de se retirer sous les applaudissements du peuple de Dieu.

Le programme de la soirée, qui est en réalité une veillée, commence. L’équipe Solèy Lafwa, menée par Jimmy Albert, chargée de l’animation de la veillée a déjà pris place dans le choeur. Les membres saluent l’assistance avant de scander quelques slogans très prisés des habitués : « Si tu crois, -répètent-ils- tu verras la gloire de Dieu », répondent les fidèles en choeur, ou encore « pitit manman Marie… pa janm pèdi batay». Succèdent les chants très animés. Une ambiance surchauffée. Les bras levés, les pèlerins sautent de joie, dansent pour rendre grâce à Dieu. D’autres animateurs se joindront à eux tout au cours de la soirée pour faire de ce pèlerinage une fête grandiose.

 Pas de veillée sans messe. Puisque c’est samedi soir, les participants ont droit à la messe dominicale qui débute à minuit. Une célébration regroupant le curé de la cathédrale, le père Pierre-Michel Brunache, le père Pierre-Marie et des vicaires de la paroisse. Le père Jules Campion, en tant qu’invité d’honneur, le visage radieux, visiblement satisfait, prononce l’homélie de circonstance. Comme à l’accoutumée, il encourage les gens à réciter le rosaire, à faire pénitence, à se convertir. En fait, un rappel des recommandations de la Vierge aux petits voyants de Fatima. Un héritage laissé par Manman Marie aux chrétiens et aux hommes de bonne volonté du monde entier. 

Tout de suite après la messe, le Saint-Sacrement est exposé. Et s’ensuit tout le rituel : adoration, chants animés, procession du Saint-Sacrement, intercession, prières de guérison, de libération, aspersion de la foule avec de l’eau bénite. De temps en temps, de l’assistance montent tantôt des cris de désespoir, tantôt des louanges ou encore des amen, alléluia… Haïti n’a pas été oubliée, beaucoup de prières sont montées vers le ciel pour le sauvetage de notre pays divisé, confronté aux problèmes de tout genre. Un moment chargé d’émotions.

Personnellement, je saisis cette occasion pour féliciter les comités chargés de l’organisation de cette première caravane mariale : Jimmy, le coordonnateur, et l’équipe Solèy Lafwa, Edner, Isabelle, Ingrid, Fatima, Mylouse, Hugues, Deltha, Romulus, et tous ceux qui ont travaillé dans l’ombre. Grâce à leur esprit de dépassement, de sacrifice, la réussite est totale.

C’est déjà la fin de l’aventure. Une première dans le calendrier chargé d’activités pour commémorer le centième anniversaire des apparitions de Fatima. La satisfaction est au bout. Alors,« Viva Maria », pour parodier les pèlerins de la Cova da Iria.

Charlotte B. Cadet

Source Le Nouvelliste

 



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