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Les larmes du directeur général

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image Frantz Duval

Le directeur général du Bureau des mines et de l’énergie s’est effondré en pleurs, mardi, au Sénat de la République. Ludner Remarais avait accompagné Jacques Rousseau, ministre des Travaux publics, Transports, Énergies et Communications, à une audition par-devant la commission des Travaux publics du Grand-Corps.

Devant les larmes du DG, ceux qui assistaient à la scène n’ont pas pu cacher leur sourire. Des rires francs ont même fusé.

Le Bureau des mines et de l’énergie est une direction technique sous tutelle du ministère des Travaux publics. Il détient l’expertise pour évaluer les ressources minières du pays et, au besoin, recommande de les donner en exploration puis en exploitation.

Le DG Remarais, à ce titre, détient les clés du coffre-fort de la République. Les dernières ressources naturelles encore disponibles de notre pays dévasté sont sous son contrôle. Par sa signature et ses recommandations, Remarais peut les brader ou changer la face misérable de l’économie haïtienne pendant des années.

Tous les gouvernements haïtiens, depuis ceux des Duvalier, ont évité de mettre en exploitation nos réserves de cuivre, d’argent et d’or. Les deux expériences haïtiennes avec les compagnies étrangères d’extraction minière, la Reynolds et la Sedren, s’étant achevées au détriment d’Haïti.

Le vendredi 21 décembre, dernier week-end avant le long congé de Noël, le DG du Bureau des mines a signé un contrat accordant le droit d’exploitation de centaines de millions de dollars des mines du pays à des particuliers réunis en deux compagnies.

Ce cadeau de Noël suscite depuis des interrogations. Haïti va-t-elle recevoir des millions en retour de ses minerais ou a-t-elle offert ses millions sans garanties réelles ?

Depuis l’annonce de la signature des permis-contrats, Osner Févry, avocat, agissant au nom d’une coalition de petits partis politiques, a, dès le 26 décembre, traité les trois contrats engageant l’État pour 10, 20 et 30 ans de « suspects » et appelé le Parlement à jouer son rôle. Début janvier, après l’annonce du gel de la coopération canado-haïtienne par le ministre Julian Fantino, Jacques-Édouard Alexis, deux fois Premier ministre, a élevé la voix pour dénoncer des zones d’ombre dans cette affaire. Il y voit même l’une des raisons possibles du revirement canadien vis-à-vis d'Haïti.

C’est dans ce contexte de rumeurs et d’expectations que la commission des Travaux publics a reçu le ministre des TPTEC et le directeur général du Bureau des mines et de l’énergie. C’est à cette occasion que le DG, pressuré de questions, a pleuré.

Voir un adulte pleurer est toujours triste. Voir un directeur général pleurer est très rare. Les pleurs des autres nous font sourire et souvent le rire fait oublier les larmes et les raisons des pleurs.

Frantz Duval - Redacteur en chef du Nouvelliste



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