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Les élections de la discorde

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Jusqu'à aujourd'hui, ni le CTCEP, ni le pouvoir exécutif, ni le Parlement ne peut donner la certitude de la tenue des élections avant la fin de l'année 2013 ni avant la fin de 2014. Pourtant, il ne reste que trois mois pour que l'année 2013 touche à sa fin. C'est comme si les élections sont une catastrophe qui nous prend au dépourvu. N'est-ce pas nous qui avions déterminé en notre âme et conscience l'intervalle de renouvellement de nos dirigeants ? C'est gravé dans le marbre de la Constitution depuis 1987.

Le pire dans cette histoire qui prend l'allure d'un feuilleton tragi-comique, c'est que chaque élément est une pomme de discorde. Impossible de nous  entendre sur rien pour passer à autre chose. Le nom de l'institution qui doit organiser les élections, les membres qui doivent en faire partie, la loi qui régit le processus... Il a fallu plus de deux ans au président Michel Martelly pour arriver au projet de loi électorale. C'est peu pour un pays où le temps ne vaut rien. C'est beaucoup pour un pays comme le nôtre.

Nous voici finalement arrivés là où nous sommes. Des sénateurs qui ne savent pas quand leur mandat prendra fin, des membres des cartels communaux réduits en agents de l'exécutif, des ASEC et CASEC inexistants. Une nouvelle fois le pays nage dans l'incertitude. Personne ne sait de quoi demain sera fait. Une nouvelle fois, nous tournons en rond.

Ce climat tendu ne fait que fragiliser nos faibles institutions. Et la méfiance s'installe partout comme autour d'une table de poker. Au Parlement, particulièrement à la Chambre des députés où le projet de loi électorale est à l'étude, les législateurs n'arrivent plus à s'entendre. La commission spéciale chargée d'étudier le document avait choisi de soumettre deux rapports à l'assemblée en fonction des intérêts ou tendance politique des deux groupes de députés composant la commission.

Finalement, un seul rapport a été soumis au bureau. Ils ont été ramenés à la raison. Tard dans l'après-midi de jeudi, une séance s'est tenue, après maintes tergiversations, sur le projet de loi électorale. Un nouveau pas est franchi vers la tenue des élections. Le bénéfice de l'urgence, selon les députés, est accordé au vote du document.

Si les députés de l'opposition et ceux acquis à la cause du pouvoir en place se sont mis d'accord sur le vote du projet de loi électorale, on ne sait pas encore ce qui va se passer au Sénat. Car, depuis qu'on a prêté des velléités au président Michel Martelly de renvoyer le Parlement en janvier prochain, le courant ne passe plus entre le Sénat et l'exécutif. Pour les intérêts supérieurs de la nation, il serait une bonne chose que ces deux branches de l'État trouvent un moyen pour vider leurs contentieux. Puis s'asseoir pour discuter de l'avenir du pays au-delà de janvier 2014. Est-ce trop demander aux élus du peuple ?

Jean Phares Jerome

Source: Nouvelliste

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