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Les tigres sont encore lâchés… (1ere Partie)

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« Le bal est fini! » Les moines sans la foi Ont arrêté Le balancier de la résistance. La ville de « Ninive » danse Sur le tintamarre horripilant Des cloches assourdissantes De la terreur carnassière. Le glas sonne sans sursis Pour un rêve brisé. Menotté… Violé. Fusillé sans procès. (Robert Lodimus, Couronne d’épines et de ronces, inédit)

Lundi 30 novembre 2015. Le soleil déploie ses rayons d’indignation sur toute la surface de la République d’Haïti. Les élans de colère et de frustration lancinent les cœurs des riverains. La station de radiodiffusion fondée par feu Sony Bastien, Liliane Pierre-Paul et Marvel Dandin a essuyé des coups d’armes automatiques dans la soirée du 29 novembre. Les malandrins, heureusement, n’ont pas fait de victimes au sein des membres du personnel de nuit. Cependant, les « gredins » courent toujours dans les rues de Port-au-Prince et des alentours. Selon les informations qui circulent, l’institution policière qui regroupe des valets servant de bras armés criminels à la « présidence putréfiée » et au « gouvernement décrié », aurait diligenté une enquête afin de retrouver et de punir les coupables de l’acte odieux et disgracieux. Qui vivet videbit! (Qui vivra verra!)  

Des personnalités appartenant au corps politique, aux élites économiques et culturelles – dont la plupart sont douteuses et peu crédibles – ont défilé durant toute la semaine à Radio Kiskeya. Elles ont déploré ce crime grotesque qu’elles qualifient d’entorse gravissime faite à la liberté d’expression et d’opinion garantie dans la Charte constitutionnelle de la République d’Haïti. Les protestataires ont exigé que les autorités en place prennent publiquement position contre de tels agissements. Et ils les somment d’adopter des mesures appropriées en vue de protéger les membres du quatrième pouvoir.   

Une fois de plus, les militants révoltés peuvent constater que la dictature politique de 1957 n’a pas perdu ses dents, contrairement à ce que le père de la constitution de 1987, le docteur Louis Roy laissait entendre après le triomphe  du référendum qui conduisit à l’adoption de l’ « enfant bâtarde » d’une « révolution manquée ». Le  système duvaliériste a sept vies comme le chat dans les légendes arabes. Le monstre vit de « métamorphose » en « métamorphose ». Difficile pour les Haïtiens de s’en débarrasser…! Mais pas impossible…! 

Raymond Queneau nous apprend : « L’histoire est la science du malheur des hommes. » L’humanité est construite sur des arpents de douleurs et de souffrances ponctuées par de courts instants de joie et de bonheur. Enfin, pour une infime minorité. Il faut des savants pour pérenniser le passage tumultueux des générations dans les couloirs de l’existence humaine. Et c’est le rôle des historiens. Ne serait-ce peut-être pas l’occasion de dépoussiérer à la surface l’attitude un peu molle d’un confrère septuagénaire – écrivain lui-même à ses heures perdues – qui nous a déclaré péremptoirement : « Mon cher ami, écrire ne sert pas à grand-chose…! » Et pourtant, l’homme en question, que je sache,  n’a jamais cessé de vanter sa grande connaissance des œuvres monumentales qui s’accouplent avec les pignons de la réserve littéraire universelle.   

Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Jean Ricardou, Georges Semprun, Jean-Pierre Faye, Yves Berger étaient déjà préoccupés par les questions relatives à l’utilité de l’acte d’écrire. Ils ont conjointement publié en 1965 Que peut la littérature ? En tentant de cerner la problématique, Yves Berger en a conclu :  

« La littérature n’est rien que ce que j’en ai dit, qui ne fait pas les révolutions, qui n’empêche pas l’injustice. Qui ne dresse aucune barricade. C’est quand les barricades ont été dressées, longtemps après, que l’on découvre les livres qui auraient pu les faire. Il ne leur manque rien que ce pouvoir. » 

Écrire ou parler ne peuvent pas se substituer au « réel ». Cependant, dans toutes les formes de combats politiques, de luttes sociales, de revendications culturelles, ils fournissent les outils paradigmatiques qui assurent le développement et l’équilibre de la dialectique aux fins de l’avancement et du progrès de la société. Le changement vient de la pensée. Ce sont les antennes d’impression et d’expression qui nous permettent de percevoir la réalité, de transmettre nos messages, d’émettre nos idées et nos opinions, puis de les  transformer en acte dans le domaine adjacent à nos activités sociales, politiques, économiques,  culturelles, environnementales... Le changement implique deux facteurs phénoménaux : perception et conception. Le premier n’est-il pas le fruit de l’observation rationnelle qui renvoie au doute méthodique cartésien; et le second, le résultat de l’intelligence créative obtenu d’un mode de croisement des savoirs théoriques  et des connaissances pratiques de l’objet soumis rigoureusement aux études? Communication et révolution demeurent étroitement liées. L’information est la clef qui ouvre les portes de tous les compartiments des compétences intellectuelles. Socrate disait lui-même aux inconnus: « Parlez pour que je vous connaisse! »  

Dans les sociétés barbares, rétrogrades, les dictateurs se comportent en pires ennemis des produits livresques. Les autodafés des allemands en 1933 sous le règne des nazis occupent une place peu enviable dans les histoires de persécution et de destruction entreprises contre les livres. Le poète Heinrich Heine disait : « Où l’on brûle les livres, on finit aussi par brûler les hommes. » La suite, comme nous le savons, emmena tragiquement aux chambres à gaz d’Adolphe Hitler et de Paul Joseph Goebbels.  

C’est par la « parole » et l’ « écriture » que les peuples opprimés commencent à signifier  leur volonté et leur détermination d’être « Libres ». La suspension arbitraire de la « Liberté » d’expression liée aux droits naturels et imprescriptibles permit au régime macoutique de cheminer durant 29 années dans la terreur. Certaines lectures étaient sévèrement censurées. Prohibées. De jeunes intellectuels furent accusés de communistes parce qu’ils avaient commis le péché mortel de se procurer certains ouvrages de Karl Marx, de Friedrich Engels, de Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, de Léon Trotski… Ils furent torturés pour avoir eu l’ « imprudence » de lire quelques exemplaires de Granma international ou des articles parus dans La Pravda à l’époque de Nikita Khroutchev. Contrairement aux croyances simplistes, la censure du cerveau n’est pas seulement une pratique répressive inhérente aux pays du Sud. La House Un American Activities Committee (HUAC) et le « maccarthysme » des années 1947-1954 correspondent également à une époque de tentative du contrôle excessif de l’esprit par la restriction des « savoirs livresques » susceptibles de « gauchiser » le choix idéologique des citoyens états-uniens. L’orientation idéologique s’acquiert par le discours écrit ou oral. Personnellement, nous avons eu quelques petits problèmes au cours des années 1980 en voulant traverser l’une des frontières reliant le Canada et les États-Unis avec l’ouvrage de James Hepburn, America Is Burning (L’Amérique brûle). Interpelé par l’agent douanier, nous étions obligés de répondre à une suite de questions insensées et « loufoques ». Bref, un véritable interrogatoire  à la Clouzot… 

Contrôler et censurer l’information 

Le journalisme et les pouvoirs dictatoriaux ne font jamais « bon ménage ». En Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique), en France, en Grande Bretagne, en Allemagne et ailleurs, certains journalistes sont traînés arbitrairement devant les tribunaux par les autorités ou des oligarques pour cause de « libelle diffamatoire », quand il ne s’agit pas de les contraindre à dévoiler par la force leurs « sources d’information ». Les inculpés sont obligés de s’assurer les services d’avocats expérimentés pour éviter d’aller en prison,  de payer de lourdes amendes, et pour protéger l’anonymat de leurs « informateurs ».  

Les professionnels de la communication spécialisés dans le journalisme d’enquête, le traitement des dossiers inédits, les « scoops » à proprement parler – pour conserver le concept anglais – essuient des menaces graves et constantes qui proviennent des États impérialistes, fascistes, et des milieux mafieux. Nous arrive en mémoire le cas de l’animateur d’une émission d’affaires publiques, Gilles Proulx, notre ancien professeur de Presse parlée, au programme Information et Journalisme de l’université de Montréal. Des inconnus du crime organisé sont même allés jusqu’à placer une bombe sous sa voiture. Par miracle, il s’en est tiré. L’attentat perpétré le 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo par les frères Chérif et Saïd Kouachi montre davantage que les personnalités qui choisissent d’exercer le métier de journaliste s’exposent continuellement à des dangers imminents. Ils peuvent être victimes – et certains le sont – à tout moment de la folie furieuse et assassine des « têtes brûlées » qui s’érigent en « maîtres » suprêmes des vies et des pensées au nom de la politique, de l’économie et de la religion. La sériosité des menaces proférées à l’encontre des « médias progressistes » ou « engagés » se mesure à l’aune des enjeux internes et externes. Il importe de les distinguer des « médias réactionnaires » qui regroupent plutôt ces espèces de « folliculaires » frustrés qui louent leurs stylos et leurs micros aux plus offrants et qui n’hésitent pas à retourner leur veste pour satisfaire des intérêts singuliers et mesquins. Ces laquais sont dénués de valeurs morales. Ils souffrent d’un déficit d’éthique professionnelle.  

L’information détient un pouvoir intense dans la société mondiale du XXIe siècle. La technologie qui lui sert de support a réalisé d’énormes progrès. Grâce à l’internet, la nouvelle voyage à la vitesse de la lumière. Des milliards d’individus sont informés simultanément d’un même événement qui se déroule à un endroit quelconque de la planète. Et ces citoyens ont la possibilité d’interagir, de réagir en une fraction de seconde sur les décisions politiques, économiques et sociales qui viennent bouleverser leur mode de vie commune et individuelle. D’apprécier ou de rejeter des mesures qui garantissent ou entravent leur avenir en tant qu’entité qui compose l’État. De protéger et de sauvegarder leurs intérêts en qualité d’agrégats humains qui forment une nation libre, indépendante et souveraine. De toute évidence, les réseaux sociaux sont appelés à jouer un rôle déterminant au niveau d’un processus de modification des rapports relationnels  entre les pays du Nord et du Sud. C’est par les couloirs de l’internet que sera peut-être vulgarisé le « mot d’ordre » historique qui entraînera la terre entière dans un cycle de bouleversements sociopolitiques révolutionnaires. Il suffira un jour d’un simple « cliquage » à l’aide d’une « souris » pour que les poumons des machines néolibérales arrêtent  de respirer dans les usines géantes qui boivent le sang des masses ouvrières.  

L’informatique demeure une invention à double tranchant. Parallèlement aux fonctions de surveillance, d’espionnage des vies privées, de  restriction des libertés citoyennes qu’elle remplit dans le système de société bourgeoise, elle peut être instrumentalisée dans une dynamique de lutte planétaire   contre l’exploitation globalisée. Les États occidentaux et occidentalisés développent des techniques d’écoute téléphonique sophistiquées, inventent des logiciels performants en matière d’espionnage et de contre-espionnage et se partagent les informations sensibles  qui permettent de prévenir l’émiettement ou l’éclatement des pouvoirs de domination.   

Les grandes « entreprises médiatiques » sont aujourd’hui concentrées entre les mains des multinationales, des transnationales et des multimilliardaires de la trempe de Bill Gates. Elles filtrent les nouvelles. Les laissent passer au compte-gouttes. Protègent le capital. Étouffent les revendications, les plaintes et les doléances des classes marginales. Ne jouent pas leur rôle de contre-pouvoir. Mais collaborent au maintien du statu quo. Pratiquent la désinformation. Avec quelle intention la Minustah de l’« arrogante » Sandra Honoré exploite-t-elle une station de radiodiffusion en Haïti? Ne serait-ce pas dans l’intention malhonnête de faire des croche-pieds à une presse locale patriotique? Peut-être, comme certains observateurs, vous avez adroitement remarqué de quelle façon des politiciens haïtiens douteux, antinationalistes, des traîtres à la langue fourchue, envahissent l’espace des émissions d’affaires publiques qui sont devenues ces jours-ci très à la mode. Très prisées. Les mêmes invités, malgré leurs propos insultants et disgracieux à l’endroit d’autres hôtes, y reviennent fréquemment. Ces « piaillards » sans scrupule mangent aux « râteliers » de tous les mouvements politiques qui accèdent au palais national. Par qui sont-ils vraiment rémunérés? Et pour quels services? 

Un scoop 

Nous avons dirigé Radio Plus durant toute la période du coup d’État du 30 septembre 1991. Nos analyses et nos éditoriaux étaient considérés par les « tombeurs » du gouvernement aristidien comme un cheveu sur la soupe du « crime de haute trahison » de Raoul Cédras et de Michel François. Un « éternel candidat » à la présidence se présenta un après-midi à notre bureau. Il nous tendit en souriant un sac en papier jaune contenant des liasses de billets verts. Quand nous lui fîmes part de notre intention de le dénoncer pour tentative de corruption, le curieux individu cracha vif le morceau : « Je suis envoyé par le chef de la CIA en Haïti », avoua-t-il, apparemment gêné. Il cita le nom d’un étranger que nous nous gardons bien de révéler. Mais que nous notions quelque part… Nous ajoutâmes calmement : « Dites à votre chef que la Radio Plus que nous-mêmes dirigeons, ne mange pas de ce pain-là. » Nous aurions pu étayer l’esprit vérace de ce paragraphe par d’autres témoignages similaires. Aussi éloquents. 

 Pierre Karl Péladeau, chef du Parti québécois, l’aspirant à la fonction de premier ministre du Québec, détient le groupe de presse classé deuxième en importance au Canada. Il possède des journaux, des revues, des imprimeries, des maisons d’éditions, des chaînes de radiodiffusion et de télévision, des compagnies de câblodistribution et de téléphonie mobile, etc. Aux États-Unis, en France, en Allemagne et en d’autres endroits, le tableau de centration des moyens de production des organes de presse ne change pas. Les journalistes, en devenant des salariés du capital, aliènent volontairement ou inconsciemment leurs droits d’opiner, d’informer, de guider et de former. Le proverbe anglais conseille: « Don’t bite the hand that feeds you. » (Ne mordez pas la main qui vous nourrit.)  

Fonder un médium, lorsque l’initiative ne s’inscrit pas dans un contexte de révolution politique, économique, sociale et culturelle, portera – d’une façon ou d’une autre – le casque en acier du capitalisme. Cela se fera à visière levée. Ou baissée.  

Encore 

En 1974, deux journalistes, Carl Bernstein et Bob Woodward, ont torpillé la carrière politique de Richard Nixon aux États-Unis. L’affaire du Watergate demeure encore vivante dans certaines mémoires… Ce fut la direction du quotidien Washington Post qui, pour une raison quelconque,  eût confié aux deux reporters  l’enquête sur les agissements secrets et scandaleux du président. Dans ce scénario de destitution,  Il y avait les mains cachées des redoutables adversaires de Richard Nixon. La politique fonctionne dans le monde de l’occultisme et du mauvais coup. 

Les journaux états-uniens se sont aussi emparés de l’affaire des « relations  de sexe » nébuleuses que Bill Clinton aurait entretenues à la Maison Blanche en 1997 avec la pétillante Monica Samille Lewinsky. La presse mondiale relaya l’information. Explosa de cocasseries. Le président parjura. Le Sénat des États-Unis intervint. Bloqua la procédure judiciaire. Et sauva finalement la présidence échaudée. Les grands médias traditionnels vont-ils exhumer cette vieille histoire pour  en faire une fois encore des choux gras durant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis? Hilary Clinton est en train probablement d’y penser…! Et avec raison! 

31 août 1979 et 28 novembre 1980 

Ces dates rapportent des souvenirs entachés d’abus et de violences politiques.  Des cas révoltants de tortures physiques et psychologiques.   En ce qui a trait à l’histoire d’Haïti, les actes bestiaux découlant des événements du 31 août 1979 et du 28 novembre 1980 se classent parmi les pires agressions qu’un État dictatorial  eût exercées sur son territoire à l’encontre de la société civile et des institutions privées à vocation démocratique. Le « jean-claudisme duvaliérien » fit taire des voix qui avaient pris courageusement l’habitude de s’élever contre le non-respect des droits collectifs et l’aliénation des libertés individuelles. La presse haïtienne indépendante s’était transformée graduellement en une entreprise nettement avant-gardiste. Elle nourrissait secrètement une velléité de révolte populaire. S’inscrivait dans une dynamique de changement politique. Entretenait une logique de développement économique. Et indiquait une voie de  progrès socioculturel.  

Parmi les « médias martyrs » qui s’affichaient ouvertement au cours des années 1977-1980 contre l’obscurantisme politique,  on retrouvait la Radio Progrès du défunt Gérard Résil, professeur de phonétique et de phonologie au Conservation national d’art dramatique. Dirigée par un personnage douteux, sans conviction idéologique, certes, elle fut quand même le premier médium parlé à subir ouvertement les agressions armées du gouvernement.  Toute la salle de rédaction était fichée par le redoutable colonel Jean Valmé à cause de leurs discours anti-duvaliéristes.  Le vendredi 31 août 1979, les militaires des casernes Dessalines envahirent Radio Progrès, menottèrent et ligotèrent avec des cordes le directeur général, les journalistes, les animateurs des émissions de variété, les techniciens, les visiteurs et les emprisonnèrent illégalement. Méchamment. Aucune réaction de contestation ne provenait de la population apeurée et « zombifiée ». Nous y présentions nous-mêmes le journal du matin. Plus tard, nous avions appris qu’il y aurait eu des mouchards parmi les membres du personnel.   

Gérard Résil, tout tremblant, fut conduit à la Radio gouvernementale (Radio nationale) par les autorités militaires où il fut forcé de déclarer que le jeune personnel qui composait  la « salle des nouvelles » entretenait effectivement une idéologie marxiste-léniniste et travaillait à l’instauration du communisme en Haïti. Les nouvelles de cette vague d’arrestations furent-elles relayées par les autres médias de la capitale ou du pays? Néanmoins, la peur devint contagieuse. Et elle s’installa partout.  

Le jour du 31 août 1979 est pratiquement occulté du registre des  mésaventures de la presse sous les bottes des États fascistes. Combien de citoyennes et de citoyens haïtiens se souviennent-ils encore de l’équipe extraordinaire que formaient les jeunes rédacteurs et intellectuels progressistes du journal La Ruche? Nous citons : René Depestre, Jacques La Colère dit Jacques Stephen Alexis, Roger Gaillard, Gérard Chenet, Gérald Bloncourt… Leur arrestation illégale et leur détention arbitraire, suivies de la fermeture de leur organe de communication, sonnèrent en 1946 le glas du « lescotisme » répressif. André Breton, invité en Haïti par l’Institut français en 1945 pour donner une série de conférences sur le Surréalisme, disait du président Élie Lescot que celui-ci était un « nègre blanc (1) ».  

Patrice Monfort écrit à propos de cette page d’histoire appelée – à tort –  la « révolution » de 1946 : 

« Des manifestations publiques s’organisent contre la répression policière, contre l’ineptie du gouvernement et en faveur de la libération des prisonniers politiques. La grève générale est décrétée. L’insurrection couve dans Port-au-Prince. Le Palais national d’Haïti est pris d’assaut, mis à sac, et certains membres du gouvernement sont faits prisonniers. » 

Où sont passés ces Haïtiens qui avaient la vaillance de déclencher des mouvements de grève, de braver des brutalités policières et de défaire des dictateurs corrompus ? Haïti vit aujourd’hui au rythme des marches collectives stériles organisées par la horde des « pacifistes »! Au lieu de fouetter les « vendeurs du temple », comme Jésus le fit, ceux-là se contentent de tendre l’autre joue.  

En vérité, ce pays est encore loin, extrêmement loin du temps de la grande « insurrection populaire » qui viendra hisser les couleurs de la « Révolution » dans les foyers éclairés aux lampions de la misère. 

 

Robert Lodimus 

__________________ 

Référence 

1.- Patrice Monfort, Révolution surréaliste en Haïti. La révolution est-elle soluble dans le surréalisme? Africultures, Littérature/Édition, 14 octobre 2005. 

 



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