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Lettre ouverte aux Citoyens/Citoyenne Jovenel Moise, Jude Célestin, Henry Céant, Moise Jean Charles et Maryse Narcisse, Candidats/Candidate à la Présidence.

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Je m’adresse à vous en votre double qualité de Citoyenne/Citoyens et de Candidate/Candidats en pôle position, susceptible de gagner les prochaines élections présidentielles en Haïti. 

Je suis originaire de la Grand’Anse. Je viens d’un petit village du nom des Abricots, surnommé le Paradis des Indiens. Ce coin paradisiaque, bercé par la mer vivait paisiblement au rythme des saisons, loin des tumultes de la capitale. Les habitants profitaient gracieusement de la générosité de la nature pour se nourrir et faire vivre leurs familles à Jérémie et à Port-auPrince. La végétation luxuriante laissait les visiteurs sans voix. Même dans leurs rêves les plus fous, ils n’oseraient imaginer qu’en Haïti il y aurait quelque part où la déforestation était plus ou moins maitrisée. Mais ça, c’était avant ! Bien avant que Matthews ne « viole » la Grand’Anse, la mutile, transformant d’un coup le Paradis en Enfer. Dante serait loin d’imaginer pareil sinistre dans sa divine comédie. Tout n’est que ruine et désolation, et ce n’est qu’un euphémisme. En réalité aucun mot n’est suffisamment puissant pour décrire la situation. Ceux d’entre vous qui se sont rendus sur place peuvent en témoigner.

 Par ailleurs, j’ai constaté, non sans amertume, que de grandes et illustres personnalités se sont rendues dans la Grand’Anse. Ils se contentent de visiter les Communes de Jérémie, d’Anse d’Hainault, de Dame-Marie et de Beaumont dans une moindre mesure. Au moment d’écrire ces lignes, la Commune des Abricots et d’autres encore, n’ont reçu la visite ni le soutien des hautes autorités de l’Etat, ni même les prétendants à l’exercice de la fonction suprême que vous êtes. C’est frustrant de voir des hélicoptères survoler les Abricots pour se rendre à Dame-Marie par exemple. Une petite visite de votre part nous aurait fait un grand bien moralement, au moins le sentiment d’abandon ressenti se dissiperait. 

Ainsi, la grandeur avec laquelle j’introduis le terme « bien » dans sa double nature adverbiale et adjectivale, est une indication qu’il y a des choses auxquelles la Grand’Anse en général et les Abricots en particulier espèrent. Oui, ils espèrent de vous, que vous mettriez à leur disposition vos talents et compétences respectives. Aussi, et « aux noms de tous les miens », je signale à votre attention les faits suivants : 

• Monsieur Jovenel Moise, la Grand’Anse était le grenier d’Haïti. Elle nourrissait à elle seule presqu’un tiers de la Population du pays. Abricots y jouait un rôle prépondérant, réputée pour être une puissance en la matière dans le département. Plus de 60% de la consommation alimentaire locale (Abricots) est produite sur place. Avant le passage de Matthews, Abricots était quasiment auto-suffisants. En considérant que les différentes variétés de bananes et de figues-bananes constituaient le socle de l’agriculture locale, je vous demanderais de mettre à la disposition des planteurs de la Grand’Anse, ceux des Abricots en particulier, des « plan bannann », entre 100000 et 200000 si possible. Ce, du fait que tout votre de fond de commerce, au sens propre comme au figuré, est construite autour de l’agriculture avec « bannann lan » comme produit phare. Cela permettra de remettre les agriculteurs au travail et de mitiger les risques de « grande famine » dans le Département, voire même Port-au-Prince. Engrais, outils agricoles et autres semences sont aussi nécessaires. Les terres, le soleil, les rivières et les gens heureusement sont encore là, il nous faut l’aide de quelqu’un comme vous pour les mettre ensemble et nourrir les gens. 

• Monsieur Jude Celestin, bien avant le passage de Matthews, l’état des routes intercommunales dans le Département, était déplorable. Elles n’existent pas aujourd’hui. Pour me rendre aux Abricots, j’ai du laisser mon véhicule à Jérémie pour prendre une motocyclette. Avec la moto, il faut compter deux heures et demie contre trente/quarante minutes habituellement. Par endroits il faut tout bonnement « pote moto a ». Heureusement je pouvais compter sur la bienveillance des paysans entre la première et la deuxième section communale (Anse-du-Claire et Burotte). Ces derniers s’activent pour rouvrir la route, mais leurs bonnes volontés ne suffisent pas. « Se konn fè ki fè ». En posant l’hypothèse que Monsieur Jovenel Moise déciderait d’envoyer les « plan banann » par exemple, il faudra les transporter par la route jusqu’aux Abricots. En ce sens, je vous prierais de prendre les dispositions nécessaires afin d’inscrire la route de Jérémie-Abricots dans vos priorités d’interventions dans la Grand’Anse aujourd’hui et dans le futur éventuellement. « Lè a rive » pour une harmonisation des compétences par la mutualisation des ressources au profit de la population de la Grand’ Anse et des Abricots en particulier. Cela contribuera à instaurer la paix. 

• Monsieur Jean Henry Ceant, les problèmes fonciers demeurent une préoccupation majeure pour tout le pays bien avant le cyclone. Le risque de conflit, de spoliation, de squattage (…) est décuplé, la problématique est exacerbée après Matthews car beaucoup de paysans ont perdu leurs « papye tè » et/ou d’autres titres de propriétés. Sachant que vous êtes une sommité dans le domaine, toujours dans l’hypothèse que les demandes précédentes seraient agrées, il va falloir très certainement effectuer de nouvelles percées en mettant en branle le mécanisme d’expropriée pour cause d’utilité publique, ou encore regrouper des petits propriétaires en un seul espace de culture, tout cela nécessitera l’aide et le conseil avisé d’un notaire qui « renmen Ayiti ». 

• Monsieur/Madame Moise Jean Charles et Maryse Narcisse. Je vous mets en binôme pour ces raisons : Madame Narcisse vous êtes Médecin, Monsieur Jean Charles, me semble-t-il, a été l’un des instigateurs de l’arrivée des Médecins cubains en Haïti. Je saisis donc l’occasion pour vous signaler que le cholera est en recrudescence dans la Grand’Anse, plusieurs cas sont même répertoriés aux Abricots. En ce sens, Madame Narcisse, vous pourrez par exemple vous organiser pour apporter une aide médicale à la population par le truchement de cliniques mobiles. Quant à Monsieur Jean Charles, vous pourrez activer vos contacts et profiter de votre proximité avec la Havane pour faire venir des Médecins dans la Grand’Anse, notamment aux Abricots afin de juguler les maladies ambiantes tout en mettant en place une campagne de prévention. Il faudra en même temps guérir et prévenir. Votre axe d’action rejoint, en toute logique, ceux suscités. Après les avalanches, la population doit être en bonne santé autour de la table pour déguster le fruit des changements annoncés au bénéfice de « tout pitit Desalin » yo. 

Certes, toutes ces actions présentent une certaine interdépendance l’une de l’autre, mais chacun de peut décider de les mener séparément. Idéalement il serait mieux de créer une synergie en vue d’une réponse commune, dénuée de tout individualisme, empreint d’humanité où la souffrance des populations sinistrées sera au cœur de la démarche. 

Confiant que cette initiative trouvera un écho favorable auprès de vous, je vous souhaite, Madame et Messieurs, mes vœux de succès pour les élections à venir. Dans ce moment de grande détresse et d’affliction, faites-en sorte que la patrie vous soit à jamais reconnaissante.

 Patriotiquement votre ! 

Me Jean Shanon BEAUBLANC, Av. Tel : +1 (509) 31 70 95 49 Email : [email protected]




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