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MONNAIE NATIONALE ET ÉCONOMIE LOCALE

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Par: Junior CENANFILS - Sociologue

I. Introduction

Le savant ne cherche pas forcément la spécialité dans un domaine pour l'approcher, il lui suffit d'une lueur, d'une étincelle pour le saisir et l'exprimer. En d'autres termes ce que recherche le savant, ce n'est pas de l'érudition pure et simple, mais de la méthode, la voie menant au but, la fondamentale, pouvant servir au bien collectif. Cette formule de départ est pour préciser l'humilité de notre constat d'analyse, sur la question du parallélisme entre la monnaie nationale et l'économie locale. Dans ce sujet, nous allons essayer d'aborder la philosophie de l'argent en Haïti en fonction de la pauvreté du peuple. 

Une philosophie locale dans l'ordre universel qui s'allie avec une posture du dégout et du rejet de soi et, de ce qu'on a de plus précieux. L'économie locale est en chute libre, nous ne pouvons pas prévoir un avenir radieux à cet effet. Le taux de croissance haïtienne se dévalue au quotidien et, la monnaie d'utilisation est arrivée quasiment à ses limites d'échange, au regard de la dette internationale, de l'urgence de reconstruction nationale et, de son administration. Notre argumentation s'articule autour des points suivants : la politique monétaire haïtienne, les méandres de la production nationale et, la culture du patriotisme. Quel est l'impact réel de la chute de la gourde sur l'économie locale ?  La politique haïtienne en matière de ressource stratégique doit pouvoir traiter des éléments concrets pour l'état de son avancement et, de sa survie face à l'occident.

II. La politique monétaire haïtienne

Selon certains économiste classiques, la  monnaie est par définition, un ensemble de moyens de paiements directement utilisables par des agents pour régler des transactions sur le marché des biens et services à l'intérieur d'un espace donné. En conséquence, la seule vraie politique monétaire en Haïti que le cercle des dirigeants devraient adopter, relève de la connaissance du cœur et de la raison. D'un côté, il est intéressant que ceux qui décident pour l'avenir d'un pays prennent en main le sens de l'amour de ce pays. On ne peut pas diriger réellement pour le bonheur ou pour le bien-être de tout un chacun, si on ne l'aime pas. Car cet amour patriotique conduit nécessairement le pays vers sa liberté et sa prospérité. Celui qui aime son pays le conduira à bon port et, l'amour ne peut être connu que les actions qu'il suscite. De l'autre côté, il y a la raison qui devrait effectivement guider les actions politiques de tout gouvernement et de toute autorité. Descartes dans son discours de la méthode (1637) explique que la raison est la chose du monde la mieux partagée. La rationalité nous permet de mieux statuer sur la logique du choix, précisons que le mot pour Ivan Illitch (la convivialité, 1973) veut dire "crise". C'est-à-dire que pour éviter ou résoudre toute situation de crise incessante, il faut définir la gestion de la cité en fonction des principes rationnels. Car pour l'éminent sociologue Allemand Max Weber (le savant et la politique, 1919), c'est la rationalité qui donne, fournit le sens de la légalité. Donc, en dépit des difficultés de chantier de la bonne gouvernance haïtienne, la question de la politique monétaire au pays se révèle être, plus qu'une urgence et, il s'agit d'un choix stratégique de protection de la société, un appel à l'amour pour le peuple et, un signe de respect de la politique interne du pays en matière de la circulation monétaire.

La politique monétaire est le principal instrument de la politique économique d'un pays. Autrefois, on utilisait pour faciliter l'échange : le troc. Mais à cause de la non-homogénéité des objets échangés, le troc est devenu difficile dans la dynamique de l'échange entre les avoir. Ainsi, au terme de l'évolution du travail, plusieurs manières d'organiser l'échange a vu le jour, par exemple: le sel en Abyssinie, la morue sèche en terre neuve, le cuir en Ecosse. Et rapidement, les métaux ont fait leur apparition dans le domaine de l'échange, en lieu et place des denrées qui peuvent périr, c'est la cas du fer chez les Spartiates, l'argent et l'Or. Et nous ne sommes pas sans savoir, aujourd'hui qu'il y a une lutte pour l'implémentation de l'Or dans le domaine de l'échange universelle entre les peuples. C'est la cas de la dernière proposition de la Chine communiste (2015), soutenu par les Russes contre les Américains. Tout ceci nous aide à comprendre que la réalité d'une politique monétaire réside dans le niveau de confiance que les gens ont placé dans leur matière d'échange : la monnaie. Si l'amour du peuple est absent dans son argent, il fallait naturellement le redonner pour la survie de l'inter-échange au sein de la cité, de force ou de gré. 

L'histoire conventionnelle de la monnaie nous permet d'avancer que les attributions et les formes de la monnaie qu'elles soient fiduciaires ou scripturales, exercent une fonction d'unité de compte, intermédiaires des échanges et de réserve de valeur. Dans la dynamique classique et, selon la loi de Jean Baptiste de Say (History of Economic Theory, 1828) : " Les produits s'échangent contre des produits". Cette loi nous laisse entendre que l'argent est juste un produit. L'argent est neutre, il est commandé pour acheter d'autres produits et non pour s'acheter lui-même. Tandis que, dans la perspective de John Menard Keynes (théorie de la monnaie et de l'emploi, 1936), l'argent n'est pas neutre, il est commandé pour lui-même dans des spéculations à des fins de précautions. Aujourd'hui, avec la démocratisation participative de l'argent, il peut dans des cadres de grandes associations bancaires, contraindre d'autres argents qui n'arrivent pas à traverser les frontières nationales. Tel est le cas du dollar américain en Haïti, qui emprisonne notre gourde.

Faisons une courte considération sur l'histoire de la monnaie nationale. C'est 1807, sous la présidence de Henry Christophe qu'a eu lieu la première émission de monnaie haïtienne. Selon Thomas Madiou, en 1812, on a eu la première petite monnaie haïtienne, que l'on appelait monnaie à serpent et, à partir de 1813, la gourde commence à être en circulation. La loi du 16 avril 1827, sous la présidence de Jean Pierre Boyer autorise l'émission des monnaies de papier de 1 à 25 gourdes.

Selon Suzy Castor, de 1867-1869, sous la présidence de Sylvain Salnave, les papiers de monnaie qui circulaient n'avaient aucune valeur, il fallait près de mille (1000) gourdes pour un (1) dollar américain. Ainsi, la convention du 13 avril 1919 fixa le taux de change de cinq (5) gourdes pour un (1) dollar. Cette convention est devenue caduque 1967. Alors, il faut dire que jusqu'en 1980, ce taux de change resta en vigueur. La fluctuation du taux de change commence à partir de 1989, lorsque plus de 56 millions de la devise haïtienne furent expatriées. À ce moment-là, les journaux racontent que l'économiste haïtien Leslie Delatour qualifiait cette fuite de capitaux, de véritable saignée en matière économique. La dévaluation de la gourde par rapport au dollar est devenu beaucoup plus criante encore, à partir des années 2000. Apprécions ce tableau de la banque de la République d'Haïti, des années 2005 à 2016.

Evolution des prix en gourde pour 1 $ US. De 2005 à mars 2017


2005: HTG 40,40
2006: HTG 40,41
2007: HTG 36,82
2008: HTG 38,28

2009: HTG 39.05
2010: HTG 40.08
2011: HTG 41.91
2012: HTG 42.33

2013: HTG 43.27
2014: HTG 44.05
2015: HTG 56,29
2016: HTG 65.94

Mars 2017: 69,13

                Source: Banque de la République d'Haïti (BRH).

À présent, présentons sommairement deux arguments constituant la problématique de la chute de notre monnaie nationale:

1er argument : La chute de la gourde est due à la portée de l'infériorisation collective, de la monnaie nationale au réflexe nostalgique du temps de "zòrèy bourik". Il y a quasiment depuis plus d'une décennie, un dégout national pour la gourde. Un dégout caractérisé par le flux migratoire externe des haïtiens vivant à l'étranger qui cultivent le dollar. Par le transfert des étrangers qui rentrent au pays pour les familles. Il y a un manque de confiance totale dans l'argent haïtien par les consommateurs et les banquiers, puisqu'ils subissent constamment une pression du dollar sur le marché local. Une telle pression marche de pair avec le phénomène récent de la mondialisation et la globalisation. Et étant donné que les valeurs de la mondialisation de la cybernétique ne peuvent pas réussir leur course dans la résolution d'unification des valeurs. L'argent comme élément basique d'inter échange perse tous les arcanes politiques et diplomatiques, en emportant sur son passage le dollar Américain comme outil de mondialisation. Il s'agit là d'un effet de culture lié aux dogmes des diffusionnismes. Ainsi, pour contrecarrer ce phénomène de la chute quotidienne de la gourde, il faudrait diligenter un conseil monétaire de revalorisation de la monnaie nationale, permettant de déceler les indices de promotion et de communication par rapport à ce choc de culture. 

2ème argument : Les grandes industries et entreprises commerciales haïtiennes qui font l'échange international, ne croisent aucune balise nationale, leur imposant la valeur de la gourde comme facteur de culture. S'il n'y a pas de balise juridique et formelle, instituant les forces d'échanges nationaux de la gourde au bien commun. Nous ne serons pas en mesure de déceler les difficultés de la perte d'argent dans les échanges. Par conséquent, l'échange ou l'achat d'argent par argent se révèle être une contrainte, causant des pertes locales, il fallait à ce niveau repenser les actions légales, conduisant à une meilleure circulation de la gourde sur le territoire national, au risque d'une émeute de la fin ou de la fuite continuelle des banquiers et investisseurs internationaux.

Dans quelle perspective se situe la politique monétaire haïtienne au vu de l'économie locale? On adresse cette question pour une meilleure compréhension du marché de l'emploi et de la consommation en Haïti. Avec la montée du système néolibéralisme : le libre marché, nous assistons avec un État gendarme qui ne contrôle que la police et l'armée . Alors que, le commerce et l'échange sont, nettement laissés entre les mains du secteur privé ou des multinationales, qui dictent l'avenir de nos banques et de la monnaie. Ainsi, la production nationale se retrouve à un carrefour de diminution constante, sans précédent.

III. Les méandres de la production nationale

La monnaie nationale fait partie intégrante de la production nationale. Dans l'équation, si la production nationale est faible, la monnaie nationale est faible. Donc, la gourde est comme perdue son sens de valeur étymologique espagnol "gordo", qui signifie "gros, gras" pour épouser la forme française du mot "gourde" qui veut dire "idiot". Ainsi, les deux concepts inflation, déflation nous permettront théoriquement de mieux cerner l'influence de la monnaie sur l'économie. Selon David Ricardo (Des principes de l’économie politique et de l'impôt, 1817), l'économiste anglais, la théorie quantitative met en évidence l'origine monétaire de l'inflation. Pour Ricardo, l'inflation est susceptible de se produire dès qu'il existe une monnaie fiduciaire et, que celle n'est pas intégralement couverte par l'Or. Si les prix augmentent, c'est à cause d'un gonflement de la masse monétaire supérieur au gonflement de la production. Selon cette théorie, il n'est pas intéressant d'épargner une masse monétaire supplémentaire et, non dépensée. 

Pour les tenants de l'école monétariste, particulièrement dans la courbe de Philips (1958), il y a une relation négative entre l'inflation et le chômage. À court terme, plus le chômage est élevé, moins l'inflation est forte. Et,  à long terme, ces deux variables sont decorrellées. C'est-à-dire que le chômage à long terme n'est pas lié à la structure économique. D'où la naissance de concept de chômage structurel.

Dans un communiqué récent de la Banque de la République d'Haïti (BRH), en date du 5 Avril 2017, le vice-gouverneur Mr. Georges Henry Fils, va injecter 10 millions de dollars américains sur le marché des changes. Il ajoute qu'aux taux de 69,00 gourdes pour (1) un dollar les transactions ne peuvent excéder 30, 000 dollars. Et, les banques commerciales ont pour obligation de soumettre à la Banque de la République d'Haïti les informations relatives aux ventes effectuées (acheteurs, montants et taux). La remarque qu'il faut faire de cette décision du communiqué, au lieu de résoudre la chute de la gourde, il va l'empirer. Nous sommes en train de parler de la chute de la gourde et son impact catastrophique sur l'économie locale. Ce n'est pas le dollar américain qui va être en manque dans ce pays, c'est de préférence la gourde. La question est : est ce qu'on va faire un pays, en dollar ou gourde ?

Puisqu'il parait que selon certaine hypothèse qu'il y a une absence de crédit, soit que les banques ne se prêtent plus entre elles, il y a risque de pénurie de crédit ou absence de liquidité sur le marché. Donc, le réflexe simpliste de la banque centrale est d'investir un peu plus d'argent dans l'économie. Admettons que ce flux d'injection d'argent, améliorerait la situation humiliante de la gourde. Mais c'est en dollar américain, il n'est pas en monnaie nationale. Il semble beaucoup plus à un prêt masqué, des banques américaines par la BRH. Cet acte en soi n'a pas de grandeur et, ni d'élévation de la gourde, notre monnaie nationale.

Nous sommes en face d'une économie locale de grappillage et, il n'y a aucun contrôle sur le marché local. Les produits locaux sont sans prix, ils suivent le cours du dollar et les décisions de la banque centrale. Le petit paysan ne va plus pouvoir envoyer ses enfants à l'école, le nourrir et l'habiller. La décision de la banque centrale d'injecter le dollar sur le marché local, en gourde, est sujet à deux types interprétations néfastes, à la survie de l'économie haïtienne : 

1ère interprétation: Il accepte que le taux de change à 69% est un prix juste pour l'équivalence de la gourde. Et le montant excédent que l'on peut retirer de la banque commerciale n'aurait de contrainte que dans le cas, de la classe moyenne. C'est-à-dire que, la classe moyenne ne va plus pouvoir avancer des verrous par une partie de la société, qui contrôle le fond monétaire par rapport à un autre, qui dépose son argent de chez eux. Et pour nous autres, la solution idéale serait d'imposer des règles juridiques d'achat de dollar sur le marché, permettant de relever l'estime de la gourde de cette situation de déchéance nationale. Et de surcroit, tout le monde saura que sur le marché local, l'utilisation et l'achat du dollar pouvait butter sur certaines règles de protection de la monnaie nationale.

2ème interprétation: L'impact de la chute de la gourde sur l'économie locale est liée à une absence de circulation monétaire réelle, sur le territoire national. Les gens n'ont pas d'argent. Le dollars est devenu beaucoup plus populaire en Haïti, que la gourde. Il n'est pas étonnant que le jeune haïtien de plus de 11 ans ne sait pas réellement le nom de la monnaie nationale. Il est dans une confusion totale avec lui-même. Il ne sait pas faire la différence entre les 100 gourdes et les 20 dollars. Dans le cas d'Haïti, le chiffre 100 gourdes est appelé 20 dollars. Et pour amplifier cet imaginaire débordé de confusion et de trouble ; la banque Centrale va injecter dans l'économie nationale 10 millions dollars américains. Où allons-nous trouver de la gourde pour les 10 millions dollars? En convertissant ce chiffre par 69 gourdes, on obtient un montant de 690,000.000.00 gourdes. Et travaillant sur la différence, nous avons un montant (c'est-à-dire une perte) de 680.000.000.00 gourdes. Supposons actuellement, qu'il n'y a que cette somme en circulation sur tout le territoire national. Dans moins d'un mois, nous allons faire face à deux évènements majeurs: a) Une crise économique aigue, où il n'y aura pas d'argent investit dans l'économie nationale. b) Une perte de valeur monétaire et culturelle énorme, où plus de 10 million dollars de devise américaine va être expatriées. Cela s'appelle le pourrissement total de la structure économique du pays de non-retour.

"Dans son dernier bulletin, la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) explique que contrairement à 2014 où l’accès aux aliments s’était grandement amélioré, en raison d’une baisse significative des prix. En 2015 les choses se sont révélées très compliquées, avec la chute significative de la production agricole, la dépréciation effrénée de la Gourde par rapport au dollar américain et au pesos dominicain et les conséquences de la crise socio-politique. La CNSA souligne que la situation est encore plus sombre avec la faible croissance économique enregistrée au cours de l’exercice 2014/2015 (1.7%), soit 1.1 point de moins par rapport à l’exercice antérieur (2.8%), couplée avec une baisse de plus de 3% de la production agricole (4% pour les céréales selon la FAO). A ce rythme, la lutte pour l’amélioration des conditions de vie, notamment pour la sécurité alimentaire est loin d’être gagnée. En fait, en modélisant les différents paramètres structurels et conjoncturels actuels, on est amené à l’évidence qu’au moins une croissance du revenu per capita de 5 pourcent par an entrainerait une réduction de la proportion de personnes en insécurité alimentaire de 10% d’ici à 2020". 

Les méandres de la production nationale s'expriment dans la présentation de ce court focus group des marchands détaillants dans les rues de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Ordinairement, "la hausse du prix de l'essence a entraîné une augmentation des prix des produits de première nécessité. Dans les marchés publics de Port-au-Prince, les marchandes font état d'une hausse sensible de leurs produits. La marmite de haricot est passée de 150 à 165 gourdes. La caisse de lait évaporé a connu une augmentation de 40 gourdes (660 à 700 gourdes), même augmentation pour la caisse d'huile végétale qui a atteint 1 700 gourdes. Le sac de sucre blanc est passé de 2050 à 2575 gourdes. Le sac de maïs (alberto) qui se vendait à 750 gourdes a atteint aujourd'hui 850 gourdes. La farine, élément de base dans l'alimentation haïtienne, a enregistré une forte hausse passant de 1300 à 1750 gourdes.  Le sac de riz est passé de 1291 à 1172 gourdes (baisse de 118 gourdes), le sas de farine de blé est passé de 1083 à 857 gourdes (baisse de 228 gourdes), la caisse de 50 kilos d’hareng saur est passé de 1490 à 1417 gourdes (baisse de 77 gourdes).  Au marché de Delmas 32, des marchandes indiquent que le sac de riz est passé de 1100 à 1200 gourdes et précisent que le sac de sucre a connu une hausse de 75 gourdes". 

À noter qu'en dehors du transfert de l'étranger, de l'aide internationale, des emprunts de la banque mondiale et des importations des grands commerçants haïtiens de l'étranger, c'est le marché informel qui assure la vie économique locale et quotidienne des haïtiens. En outre, la vie respectable dans la cité n'est possible et enchanteresse que dans la culture du patriotisme.

IV. Culture du patriotisme

Dans l'instruction civique et morale, il est dit que : le patriotisme, est le sentiment qui nous porte à aimer notre patrie et même prêt à mourir pour elle. Les données avancées ci-dessus font clairement un état de disparition totale de la gourde haïtienne par la montée du dollar. La disparition de la monnaie nationale implique la disparition de la réserve de valeur du pays et, le fait qu'aucun effort ne soit fait pour la prémunir, il est important de questionner le patriotisme de plus d'un. La culture du patriotisme nous appelle à l'amour de cette terre que les ancêtres nous ont légué. Et aimer cette terre, c'est d'aimer et de protéger tout ce qui sort là-dedans, dans son for intérieur, sa nature, sa faune et sa flore. Les haïtiens doivent pouvoir mettre en valeur sa terre et ses produits agricoles, les minéraux et les végétaux. Protéger les animaux et respecter les personnes âgées. Eduquer les enfants afin qu'ils puissent travailler au bien-être de la patrie. Nous devons cultiver le patriotisme, car il nous permettrait de prendre totalement le contrôle de nous-mêmes et de notre environnement dans le respect des principes collectifs et au bien-être de tous, indistinctement.

Le manque de respect pour la monnaie haïtienne où le marchand détaillant, les haïtiens en général qui chiffonnent l'argent de l'État, sont pareils avec ceux qui détruisent les biens d'autrui. Le manque de respect de la monnaie est un symbole de manque de confiance dans les actions progressistes de nos pairs. Ce que doit faire les entreprises commerciales, les banquiers, l'État c'est d'inciter les gens à aimer son argent et, à investir dans la monnaie nationale.

V. Conclusion

La réflexion portée sur l'effet de la chute de la gourde dans l'économie locale nous laisse croire qu'il y a une nécessité urgente, de prendre des mesures transversales pour freiner cette perte d'argent au quotidien. Les produits de premières nécessités sont en hausse considérable et, fort de cela, les véritables produits locaux ne sont pas prises en considération. Nous avons constaté que l'augmentation du taux de change de dollar en gourde a un profond impact sur l'économie locale, particulièrement, sur les denrées des paysans et marchands détaillants. 

De 2005 à avril 2017, les prix des produits de premières nécessités ont augmenté de plus de 20% sur le marché local. Au fond de cette augmentation, il y a une diminution considérable des bénéfices que le paysan ou le marchand détaillant aurait pu en tirer et, lui permettant de se reproduire dans leur champ. Entre la politique de vente du marché informel des marchands détaillants, le pivot de l'économie local et, les pratiques formelles du taux de change sur le marché par rapport au dollar, il y a un monde de différence qui contribue à une confusion totale du petit consommateur et de son comportement. Ainsi, malgré les vertus des pratiques spéculatives des acteurs, l'économie nationale ne fait que s'endetter et s'appauvrir davantage. Enfin, si le patriotisme veut dire "amour pour sa patrie", lui seul peut aider à la sauvegarde de cet épiphénomène, qui annonce déjà les couleurs au sein de l'économie haïtienne. Car, il y a lieu de constater, que la monnaie nationale s'engouffre dans les décisions institutionnelles des banquiers.

 

 

2  Et en Haïti, la question de l'armée est presqu'un tabou, une chimère.

 

V. Bibliographies

1. Audrey FOURNIER. (2011). Banques et création monétaire: Qui fait quoi? Le monde .fr.

2. Castor, Suzy. (1988). L'occupation américaine d'Haiti. Port-au-Prince. éd. Société haitienne d'histoire.

3. Constitution du 29 mars 1987.

4. Lionet Christian. (1992). Haiti: l'année d'Aristide. Paris. éd. L'Harmattan.

5. Madiou Thomas. (1811 à 1818). Histoire d'haiti. Tome V. p.187. éd Henry Deschamp.

6. Corvington Georges. (1977). Port-au-Prince au cours des ans: la métropole haitienne du XIXè siecle 1804-1888. Troisième éd. Port-au- Prince; Imprimerie Deschamps, pp. 24; 39.

7. CNSA. (2016). Social : Prix des aliments en 2016, sombres perspectives...Radio Métropole. Mars 2016.




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