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Carnaval, oui, mais n'envoyons pas de fleurs

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Le carnaval des fleurs aura bien lieu. Et pour ne rien rater, le gouvernement vient d'en modifier les dates. Plus question de tenir bamboche tout un week-end. La fête aura lieu les derniers jours de juillet : les dimanche 29, lundi 30 et mardi 31 juillet seront jours gras (c'est sûr) et fériés (on attend de savoir).

Un budget nominal de soixante-cinq millions de gourdes est annoncé. La fête en coûtera sans doute le triple. Pour le moment, pas question d'avoir des chars allégoriques, selon un membre du comité organisateur.

Pas de chars, donc pas de reines ni de rois.

En un mot, la beauté n'est pas invitée à la fête. Pourquoi parler de carnaval des fleurs alors ?

Quelle idée de parler de carnaval des fleurs quand on ne pense qu'à faire du bruit, avec la douzaine d'orchestres choisis par le gouvernement.

Pour ce qui est du bruit, il est dit que les groupes n'ont pas besoin de présenter une nouvelle méringue. Le carnaval dit des fleurs servira à la population de Port-au-Prince un bouillon réchauffé. Une pâle copie du carnaval des Cayes. Djakout, qui s'était mal tiré aux Cayes, va-t-il se faire battre à nouveau à plate couture par T-Vice à Port-au-Prince ? Les orchestres et DJ n'auront pas non plus de dimanches d'exercices précarnavalesques. Donc on arrivera à la fête sans les répétitions et les mises en jambes qui permettent de bien fêter, ayant déjà appris les refrains et testé les slogans.

Ni beauté, ni bataille de méringues, ni chars, ni reines, ni nouvelles méringues, ni récompenses pour les créations nouvelles, le carnaval des fleurs se fane avant même d'éclore.

A dépenser l'argent du Trésor public, on a intérêt à bien le faire. L'équipe Martelly, qui n'a à son palmarès que le succès franc du carnaval des Cayes, ne doit pas moins à la région métropolitaine: une belle fête. Tant qu'à faire, elle doit réussir le carnaval de Port-au-Prince, y mettre de l'ardeur et de l'imagination.

Le comité organisateur a encore le temps de revoir sa copie. Bref, de ne pas reprendre une mauvaise formule. En fait, d'inventer un modèle gagnant pour Port-au-Prince.

Frantz Duval

Le Nouvelliste

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