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QUAND L’INDÉFENDABLE LE DISPUTE À L’UBUESQUE !!!

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« Cordonnier, pas plus haut que la chaussure » !
Chaque Samedi matin, le journaliste Jean Monard Métellus, sur les ondes de Radio Caraïbes, offre à des milliers d’Haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur un espace de réflexion sur la vie politique haïtienne que synthétise « Ramassé ». Contrairement à un Jeando vociférant tous les matins derrière un micro ou un Bouboule déchirant le silence de la nuit, ses invités se recrutent  le plus souvent parmi des têtes bien faites et bien pleines auxquelles se mêlent par moment des spécimens vivants de stupidité fanatique comme pour nous rappeler à quel point la raison est menacée dans ce morceau d’île. Ces imbéciles heureux, trainant après eux des titres de noblesse, qui Sénateurs, qui Députés, qui Secrétaires d’Etat, qui représentants « société civile », qui d’anciens putschistes rebaptisés démocrates, une fois décrochés de la place publique où ils se cramponnent y débarquent avec leurs ongles pour griffer et leurs becs pour troubler le micro et importuner les fervents auditeurs. Insolents, arrogants, agressifs, ambitieux et hyperactifs, ces terroristes du verbe nous inquiètent. Les traiter de stupides et de dérangés serait une erreur grossière car,  le clown de nos jours s’impose en stratège pour mieux prendre de court les béotiens qui ne manquent pas chez nous.

Ainsi, puisqu’il faut de tout pour faire un monde, le panel de Ramassé du Samedi !er Septembre 2012 réunissait toute une brochette d’intellectuels de renom dont le sens du dialogue et la profondeur des analyses mettaient à nu leur désespoir et leur appréhension à la fois frissonnante et contagieuse quant aux dernières stations de la dégénérescence du pays qui les révélaient à eux-mêmes dans leur humanité de citoyens à part entière.  La communication, cette structure de la connaissance vraie, a toujours été un art que les politiciens haïtiens maitrisent mal. Pourtant, dans l’air embaumé de ce matin tranquille, le Sénateur Hérivaux, ayant compris que le pays a besoin d’un sursaut lève dans un regard détaché avec la force des mots un voile pudique sur la situation. Il n’est vraiment un secret pour personne que tout est à reconstruire en Haïti, à commencer par l’administration, l’économie et même la conscience nationale en état de décomposition. Les élections législatives se font désespérément attendre, prolongeant une sorte de vide institutionnel et les relations entre le Président et son « opposition » qui lui reproche avec acidité ses dérives autoritaires sont placées sous le signe de la défiance réciproque. L’analyse empreinte de justesse et de respect du Sénateur m’a fait revivre Haïti et les personnages de ma jeunesse, cette Haïti, dont la splendeur ancienne est mon passé et non celle propice au roman noir.

Dans le même ordre d’idées, l’ancien Maire de Port-au-Prince, Evans Paul, n’a pas arrêté de nous étonner par son sens de la mesure et la créativité de ses paroles. Il nous a séduits par son sens politique aigu, une vive intelligence, la magie du verbe,  une simplicité et une évidence incroyables. Quand on considère que dans la fosse s’agitent tout un orchestre d’ambitieux qui  rêvent de solos derrière leurs instruments à vent, impatients d’attendre l’expiration du mandat présidentiel de cinq ans, le Maire Paul reste valeur d’exemple. Et pour répéter le mot de Margareth Thatcher à propos de Gorbatchev : « C’est un Monsieur avec qui on peut faire affaire ».
J’ai également éprouvé un plaisir immense à l’intervention de M. Laleau, Ministre du Commerce de Martelly qui nous a fait grâce des ragots « A BAS GRANGOU, TI MANMAN CHERI, KATIÉ PAM POZÉ, » pour nous offrir des propos d’engagement, de redressement et aussi de maîtrise de la dépense publique. Le Ministre a compris que le pays souffre d’une grande pénurie d’emplois et par conséquent avance des solutions pour en sortir. Il faut mettre des moyens là où besoin est. Et de par son approche dans la reconstruction du marché de Tabarre, on est en droit de lui accorder le bénéfice du temps. Cet homme discret, disponible et pédagogue qui n’est pas de mes connaissances m’a fait penser à Gramsci dont j’ai toujours fait mienne la pensée : « Le pouvoir se gagne par les idées ». Aux dires de mon cousin Maurice Célestin, il est un pur produit de ce paradis caché du Nord-Ouest, cette ville aux vieilles pierres et aux portes sans âge, aujourd’hui rénovée : Saint Louis du Nord.

A contrario du Ministre Laleau, l’entrée en scène d’un Secrétaire d’Etat à réputation sulfureuse dont par charité je tairai le nom a surpris le panel et les auditeurs qui se sont retrouvés profondément déçus. Il n’a fait que nous jeter à la figure du foutage de gueule croyant que les politiques puissent continuellement survivre aux mensonges. Grisé par sa fonction, il s’est même proposé de défendre les choix politiques du gouvernement sans pouvoir convaincre sur les moyens à employer pour atteindre ses objectifs. Rien dans ses paroles ne renvoie à une pensée sérieuse et l’on s’est retrouvé du côté d’un nihilisme sépulcral. Il faut dire que le gouvernement tire à hue et lui, le pauvre, tire à dia. Le pays se trouve dans un embrouillamini constitutionnel où seul un organisme chargé de veiller au contrôle de la constitutionnalité des lois pourrait débrouiller l’écheveau. Les provisions constitutionnelles ne manquent pas pour la formation d’un Conseil Electoral Permanent, mais malheureusement le Parlement transformé en foire à cause de la cupidité des uns et des autres est incapable de jouer son rôle. Quelle déchéance ! En dépit des réactions de la presse, de l’animosité de la classe politique vis-à-vis du pouvoir, ce dernier multiplie les rencontres pour trouver in fine une solution à ce problème politique. Certains secteurs se sont abstenus par crainte de se faire enfumer à des réunions au Caribe. D’autres, par contre, ne voulant pas rater l’exposition médiatique, ont payé de leur présence. Ceux qui  connaissent les ressorts de la vie politique haïtienne, cette faculté qu’ont certains hommes à retourner leur veste en un tournemain pour se précipiter à plat ventre  chez le vainqueur, comprendront pourquoi certains acteurs s’entêtent à profiter de la vague rose pour reconquérir le Parlement. Et c’est dans cette atmosphère que ce Secrétaire d’Etat nous sert ses idioties lamentables.

Dans la politicaillerie haïtienne, le mérite se mesure à l’aune de l’allégeance plutôt qu’à celle de la compétence et  les rivalités aboutissent à la marginalisation de l’élite. Voilà pourquoi, le langage du Secrétaire d’Etat se comprend quand, sans ce pouvoir, l’ascenseur social ne l’aurait pas conduit si haut en si peu de temps. Néanmoins, il devait faire montre de prudence pour ne pas rejoindre dans la poubelle de l’histoire ceux qui, avant lui, avaient épousé le même comportement, à travers le mensonge et la bêtise qui attirent imperceptiblement sur lui les effluves de la pitié plutôt que de la tolérance pour certains manquements à l’éthique.
                                      
                                       Miami, le 2 Septembre 2012
                                       Dr Jean L. Théagène
                                       Président de L’Union Nationale
                                       Des Démocrates Haïtiens

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