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Quand Michaëlle Jean impressionne la Tunisie

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image Michaelle Jean

La semaine dernière mes obligations professionnelles m’avaient conduit à Tunis dans la capitale Tunisienne. Je devais intervenir dans une conférence sur l’innovation technologique organisée dans la ville de Hammamet située à quelques soixante kilomètres de la capitale. Les organisateurs de la conférence avaient offert un lunch où les orateurs devaient rencontrer le ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et des Technologies de l'Information et de la Communication, le sieur Tawfik Jelassi.

Le ministre Jelassi est un produit de la diaspora Tunisienne. Cela le rendit immédiatement sympathique à mes yeux. Il nous fit part de son cheminement professionnel. Presque toute sa vie il fut en dehors de la politique, évoluant en dehors de la Tunisie où il étudia, travailla dans de grandes entreprises aux Etats Unis, et enseigna même à l'école de génie de renommée mondiale Ponts et Chaussées, en France. Ce n'est qu’après la « révolution » (comme on se plait à l'appeler en Tunisie) qu’il se mettra au service de son pays. On se rappellera que la Tunisie était le pays où avait débuté en 2010 ce fameux mouvement du « Printemps Arabe » qui embrasa les pays du Moyen Orient dans leur quête de la démocratie.

Je lui fit part de mon appréciation à le voir mettre ses compétences au développement de son pays et souligna l'importance de la diaspora à produire des gens de son calibre qui étudient à l’étranger et viennent ensuite aider à mettre leurs pays sur les rails du progrès économique et social. Mon pays Haïti, ajoutai-je, a besoin de ses enfants de la diaspora et j'aimerais bien voir nos professionnels de l’extérieur suivre son exemple. Il nous expliqua que la Tunisie fait face à un excédent de gens qualifiés. Les investissements dans le domaine de l’éducation avaient produit un contingent de gens hautement éduqués mais le pays se trouve maintenant dans l’impossibilité de pourvoir un emploi à eux tous. Ainsi en Tunisie des individus avec des doctorats se trouvent sur le pavé. C’était aussi sa raison principale de rencontrer les orateurs: leur exposer le problème et glaner de leur expertise des suggestions capables d'aider les professionnels Tunisiens à s'engager dans l’entrepreneuriat et, au lieu d’attendre qu’ils soient embauchés, qu’ils apprennent à créer des entreprises eux-mêmes.
 
Au cours de la conversation il revint sur Haïti et me dit qu’il rencontra une de mes compatriotes, une personne exceptionnelle, brillante, intelligente et fut impressionné par elle et fier de la rencontrer par le biais de son premier ministre. Cette personne n’était autre que Michaëlle Jean. La Tunisie étant un pays francophone je théorisai immédiatement que madame Jean avait visité le pays en vue de solliciter son support pour sa candidature à l'Organisation Internationale de la Francophonie. Je fis référence à sa candidature. Mais il précisa immédiatement pour les autres orateurs présents que madame Jean avait laissé Haïti pour s’établir au Canada et maîtrisa le système Canadien si bien qu’elle devint la gouverneure générale du pays. Il exprima son admiration pour cette réalisation extraordinaire de madame Jean. Il confessa qu’après l'avoir rencontrée en Tunisie il comprit pourquoi elle avait pu se hisser au sommet du gouvernement Canadien.  

Il y eut au moins deux hommes fiers autour de la table. C’était un immense plaisir de voir que la compatriote avait une fois de plus rehaussé l’éclat d’Haïti à l’extérieur. C’était après tout parce que j'avais mentionné Haïti et sa diaspora que le ministre Jelassi fit référence à l'ancienne gouverneure du Canada. Cela va sans dire qu’il était cause de fierté de savoir qu’une compatriote m'avait précédé et avait laissé des sillons où je pouvais mettre les pieds. On parlait naturellement en anglais pour faciliter les orateurs anglophones.
 
A la fin du lunch je glissai entre les mains du ministre une copie de mon roman « Parlers à Paradoxes.» Il ne cacha pas son plaisir de voir un ingénieur en logiciels évoluant dans un pays anglophone lui présenter son œuvre écrite en français. J’ai la distincte impression que l'empressement de Mr. Jelassi à recevoir l’œuvre était surtout dû au fait qu’elle venait d’un compatriote de madame Michaëlle Jean. Elle m’avait ouvert la porte. Le travail était déjà fait parce qu’elle eut le temps d’impressionner la Tunisie et particulièrement son ministre à la technologie. Les Haïtiens devront se tenir sur les épaules les uns des autres pour que le pays sorte de l’ornière.

 



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