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Quelles sont les priorités de nos priorités ?

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Les photos de nos joueurs de la sélection U-17, champions caribéens en titre, dormant à même le sol à l’aéroport international Punta Cana en République dominicaine, circulent sur les réseaux sociaux. Leur calvaire a commencé à la frontière haïtiano-dominicaine où ils ont dû passer la nuit au service de l’Immigration (toujours à même le sol) ou dans l’autobus les transportant vers l’autre partie de l’île. Encore une fois, l’une de nos sélections doit voyager et nous avons toutes les peines du monde pour que l’organisation soit une réussite. Sans oublier qu’il faut aussi souvent quémander par-ci par-là pour trouver les moyens financiers pour les jeter dans la compétition.

La République dominicaine a raté une belle occasion de nous avilir. Mettons de côté toute forme de  nationalisme ou toute affinité politique et posons les vrais problèmes. Les autorités dominicaines auraient pu saisir cette opportunité de loger et de prendre en charge nos joueurs qui doivent atteindre le Honduras pour disputer des matches éliminatoires de Coupe du monde. Qu’aurions-nous dit si la République dominicaine avait agi de la sorte ? comme se le demande notre journaliste Enock Néré, qui accompagne les U-17 dans leur calvaire. Où est le responsable des sélections ? Qui avait planifié le voyage ? Pourquoi fallait-il passer par la République dominicaine quand les conditions ne sont pas réunies ?

Nous pourrions aussi demander à quoi sert un ministère des Sports, qui va dépenser 4, 5 millions de gourdes  pour l'organisation d'une marche baptisée  « Marche de la jeunesse et des sportifs », le 15 mars prochain. La marche, c'est l’État par l’intermédiaire du ministère des Sports qui en prend l'initiative. Elle se déroule drôlement autour du thème « N ap fè espò pou yon demen miyò », pour inciter l’État et les autres secteurs, dont la société civile, à prendre conscience de la nécessité de faire marcher le sport.

Ce n’est plus une nouvelle, le président Michel Martelly a tourné le dos à nos sélections nationales de football. Il aime certes le football mais il ne veut pas donner un sou à la Fédération pour appuyer ce sport tant aimé par les Haïtiens. À l’inauguration de la place Sainte-Anne ce vendredi, le chef de l’État en a profité pour disputer une partie de foot. Tout de suite après – alors qu’il se rendait à pied à la Primature –, Michel Martelly s’est arrêté à la rue des Casernes pour une partie de dominos avec des riverains. Le président de la République en a profité pour distribuer des petites enveloppes jaunes contenant chacune un billet de mille gourdes. On ne saura pas combien d’argent le chef de l’État a distribué au total dans cette activité, admettons-le, à l’allure populiste.

L’image véhiculée par le chef de l’État donne l’impression que tout va bien alors que les relations entre les deux pays se partageant l’île d'Haïti ne cessent de se détériorer depuis la pendaison d’un jeune Haïtien en République dominicaine. La situation a empiré depuis qu’un groupe de protestataires avaient investi le consulat dominicain à Pétion-Ville pour s’emparer du drapeau dominicain avant de le brûler.

Au moment où l’actualité est dominée par ces incidents malheureux gênant les relations diplomatiques entre Haïti et la République dominicaine, le chef de l’État s’en éloigne. Il ne pipe mot à ce sujet. D’autres secteurs, politiques, économiques notamment, pour des intérêts particuliers, ne dénoncent, ni appuient, non plus. Jeudi, Michel Martelly a préféré se rendre à Cornillon pour inaugurer deux salles informatiques. Ce qu’un agent exécutif intérimaire ou un simple membre de son cabinet aurait pu faire.

Par ailleurs, le président de la République vient d’annoncer l’organisation du carnaval des fleurs en été prochain. Le Premier ministre Évans Paul a pourtant confirmé récemment que ces festivités n’auront pas lieu, dans la logique de « réduire les dépenses de l’État ». Ce même vendredi, Haïti a renoncé à organiser la prochaine Assemblée générale de l'OEA «à cause de contraintes financières et logistiques».

Prenons-nous parfois le temps de définir nos priorités ? Disons mieux les priorités de nos priorités. Au lieu de continuer d’accélérer, parfois dans la mauvaise direction,  ne faudrait-il pas s’arrêter pour régler les freins, reviser le moteur, vérifier la direction et relancer la machine ?

Valéry Daudier Editorial du Nouvelliste



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