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Réaction responsive au texte : Dossier OEA : Le mauvais choix de la diplomatie haïtienne de monsieur Michel Eric Gaillard

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J’ai été désagréablement surpris par les arguments « pauvres » de monsieur Michel Eric Gaillard pour critiquer le vote d’Haiti contre une mesure de suspension du Vénézuela à l’accessoire Organisation des états américains, OEA,  portée par les États-Unis à travers le secrétaire général de cette organisation il y a quelques semaines.

Pour justifier ses arguments dans ce qu’il considère comme « Un mauvais choix de la diplomatie haïtienne », Monsieur Gaillard a rappelé des faits ou des positions que le Vénézuela a prises dans le passé et qui auraient été selon lui contre Haiti. Selon lui, Haiti devrait se référer à cela pour se venger et prendre position contre le Vénézuela aujourd’hui sans tenir compte des aspects contextuels ni temporels des relations internationales.

Premier argument : Dans les points de  vue de Monsieur Gaillard publiés au Nouvelliste et relayés par le site de la Radiotélévision Caraïbes, le gouvernement actuel du Vénézuela serait un pays anti-démocratique qui ne respecte pas les libertés individuelles et emprisonnent les opposants politiques. Pure baliverne !

Monsieur Gaillard doit être trop féru des médias-propagandistes occidentaux dont les principales responsabilités se limitent à propager, diffuser, communiquer, véhiculer, vomir inlassablement les actions, les propos et les idées que les chefs et les gouvernements de  leurs pays décident au mépris de tout moral,  toute éthique, toute déontologie.

La situation au Vénézuela est trop bien connue. Et je suis  encore plus désolé que Monsieur Gaillard n’ait pas pris le soin de rappeler les circonstances qui ont amené Monsieur Hugo Chavez au pouvoir et comment un pays vieux comme le Vénézuela( indépendant depuis 1845) a été obligé d’avoir un homme comme Hugo Chavez pour conduire une politique socio-économique  révolutionnaire en faveur de plus de 28 millions de vénézuéliens sur 31 qui vivaient dans une paradoxale pauvreté tandis que le pays est une puissance énergétique majeure au même titre que les USA, l’Arabie Saoudite ou la Russie. En effet, les réserves pétrolières du Vénézuela, environs 300 milliards de barils,  lui permettraient même d’être le premier pays du monde dans le classement par réserves de pétrole prouvées. Pourtant, un petit groupe d’ex-colons espagnols, nostalgiques des périodes coloniales,  qui ne se sont jamais considérés comme vénézuéliens ont toujours milités pour le chaos dans ce pays afin de continuer à monopoliser l’or noir du pays au détriment de la mobilité sociale la majorité  des vénézuéliens. Effrayés des idées fortes et progressistes du chavisme, ces colons modernes s’étaient repliés un instant. La mort prématurée, possiblement non-naturelle, du leader socialiste  les a redonné du poil de la bête et depuis l’accession du président Nicolas Maduro au pouvoir, ils essayent tout en interne pour lui mettre le bâton dans les roues,  l’humilier afin de le chasser ;  au mépris de la volonté de ces dizaines de millions de vénézuéliens,  souvent traités de « vaut-rien » par ces bourgeois du Pétrole. Constatant la difficulté qu’ils ont à manipuler le peuple vénézuélien, ils essayent de s’appuyer sur l’OEA et certains étasuniens pour légitimer leur forfait aux yeux du monde comme ils ont su le faire à vos yeux monsieur Gaillard.  Quels principes l’OEA et les USA peuvent-ils défendre quand ces deux-là même ont laissé Haiti sans appui alors que la République Dominicaine à travers un arrêt honteux de leur cour constitutionnelle a décidé d’enlever la nationalité à des centaines de milliers de personnes en violation de toutes les lois et conventions internationales sur l’apatridie mais surtout par ce qu’elles ont la peau noire ?

Deuxième argument : Le Vénézuela avait voté un embargo sur Haiti en 1993.

Cette manière de poser cet argument relève du « novisme » et ne devrait pas être suivie par un étudiant haïtien car elle est trop dépourvue de toute analyse contextuelle.

Petit rappel pour monsieur Gaillard : En 1993, Haiti était gouverné par une junte militaire qui avait organisée un coup d’état contre un président élu démocratiquement. La mise sur embargo d’Haiti était une volonté du président Aristide alors en exil à Washington,  soutenue par le secteur démocratique et la société civile dans le but évidente de couper le lait aux putschistes et forcer le régime militaire à remettre le pouvoir. Cela, est ce que j’ai besoin de le rappeler,  avait apporté le fruit attendu puisque le 15 octobre 1994, Jean Bertrand Aristide était revenu au pouvoir en Haiti et les militaires avaient capitulé.

A cette époque, le Vénézuela avait pris parti pour la démocratie en écoutant la voix de la majorité et avait répondu à une requête d’un président élu au suffrage direct.

Si on revient aux questions de principe qui vous semblent être chères puisque vous en aviez fait mention au paragraphe cinquième de votre texte : Le Vénézuela aujourd’hui est dirigé par des personnes issues de suffrage direct. Les principes démocratiques veulent que l’opposition « riche » de Caracas attende la fin du mandat du président Maduro pour aller aux élections et essayer de l’emporter comme elle a, selon ses dires,  remporté les législatives antérieures. Toute tentative de mettre fin au mandat du gouvernement en place n’est que pure atteinte aux principes démocratiques !

J’aimerais aussi souligner pour monsieur Gaillard qu’au moment où nous parlons,  les valeurs, les principes et les règles en matière de relations internationales ne sont forts et applicables que quand il s’agit de pays ne disposant pas d’arsenales militaires imposantes. Les pays dits puissants par les armes et les moyens de communication gigantesques influencent les esprits simples et les rendent incapables de prospecter. La réunion de 1862  pourrait avoir été une faute de la part du Vénézuela.  Cependant, il ne faut pas perdre de vue que c’est Haiti elle-même, à travers, Alexandre Pétion,  qui avait demandé à Simon Bolivar de faire très attention pour que l’appui d’Haiti au Vénézuela ne fasse pas écho sur le continent ce pour éviter les représailles internationales.

En plus, le régime de Chavez, malgré ses difficultés internes, est l’un des rares qui a apporté une aide conséquente, sans conditions machiavéliques au pays de la liberté depuis des lustres,  à travers le programme PétroCaribe. L’importance de cette aide dépasse largement la non-invitation d’Haiti à la réunion de 1862. La mauvaise utilisation des retombées financières évidentes de ce programme par nos dirigeants ne doit pas nous exempter de notre responsabilité de soutenir ce pays particulièrement ce régime envers et contre tous.

Les propos de l’ambassadeur Harvel Jean Baptiste sont ceux d’un homme qui vit au quotidien à la faveur de ses fonctions à l’OEA, les arguments irrationnels des représentants des pays puissants pour imposer leurs décisions au sein des organismes régionaux et mondiaux et qui fort de cela, met en avant sa dignité et responsabilité de diplomate et celles d’un pays dont le sacerdoce a toujours été le souci de la défense des valeurs de la démocratie et le respect des Etats lesquels lui sont sans cesse bourdonner aux oreilles par la bien-pensante communauté- dite internationale.

Troisième argument : Vous dîtes que Haiti, en appuyant Maduro et les millions des vénézuéliens, a raté l’occasion d’exercer un leadership politique dans la région….. J’ai rapidement compris que vous vouliez amuser un peu la galerie. Depuis des années, Haiti s’est toujours rallié à la voix dictée par un pays plus puissant. Cela s’est toujours passé comme lettre à la poste. Des fois nos médias n’en parlent même pas. Est-ce là votre idée du Leadership ? Comment un pays suiviste, dépourvu de ligne politique propre, dépourvu de capacité décisionnelle peut-il exercer un leadership régional ? vous avez peut-être la réponse !

Haiti, en votant contre cette honteuse suspension, est revenu à ses principes fondateurs, ceux-là mêmes qui l’ont conduit à se soulever contre l’esclavage qui était la règle à l’époque. Contre vents et marées, tempêtes et tonnerres, dénigrements,  rejets, embargos, menaces,  Haiti avait dit non au commerce des êtres humains, non à l’esclavage, non à la bestialisation des hommes. C’est cela le LEADERRSHIP !

La présence du président Maduro à la tête du Vénézuela est la décision librement exprimée d’une très grande majorité de vénézuéliens. On ne peut pas avec certitude, dire la même chose pour l’Arabie Saoudite, la République du Congo, l’Ouganda ou l’Algérie. On ne peut pas dire la même chose pour le gouvernement américain actuel.  Pourtant, il y a des voix qui se soulèvent  dans ces pays mais qu’on étouffe sans un mot de  nos  chers organismes de défense des droits humains, ni des représentants de ces pays-moralisateurs au sein de l’OEA, de l’ONU, etc...

Je vous invite monsieur Gaillard à aller au-delà de ce que vous écoutez sur RFI, BBC, CNN ou France24. Sans cela, vous êtes condamné à légitimer les propos des puissants comme vous avez eu l’occasion de le faire dans les médias haïtiens.

Salutations respectueuses.

Frantzcy Bazelais

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