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Trop tôt pour crier la fin de la crise préélectorale ?

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image Le President Martelly (archives)

Le président Michel Martelly est plus donnant qu’on l’imaginait. Il n’a pas cessé de faire des largesses. Au début de son mandat, il distribuait des motos et des enveloppes. Maintenant, il fait des concessions sans fin. De la démission du gouvernement Lamothe à la prorogation du mandat des parlementaires, Michel Martelly n'en finit pas de lâcher du lest.

Lundi soir, au Palais national, les représentants des trois pouvoirs de l’Etat ont signé un accord tripartite garantissant l’existence du Parlement après le 12 janvier 2015, le vote des amendements à la loi électorale, la formation d’un CEP selon l’esprit de l’article 289 de la Constitution. Cet accord, qui devrait éviter au pays de sombrer dans le chaos après le 12 janvier 2015, est le fruit de plus de trois années de discussions dans les médias et de plusieurs rounds de discussions entre des acteurs secondaires de la crise politique.

En moins d’un mois, le président Martelly donne tout ce qu’il tentait de garder depuis le début de la crise préélectorale. Il est même allé au-delà du rapport de la Commission consultative qui ne prévoyait explicitement pas la prorogation du mandat des députés et des sénateurs en fin de mandat. Il a lâché son Premier ministre, renvoyé le CEP, libéré les prisonniers politiques pour obtenir en retour la promesse de ratification de la politique générale du Premier ministre désigné, Evans Paul, le vote des amendements à la loi électorale... Cerise sur le gâteau, le Premier ministre est sorti de la matrice de l’opposition qui a mis des bâtons dans les roues de Martelly depuis son arrivée au pouvoir.

Lorsque Michel Martelly a désigné Evans Paul au poste de Premier ministre, certains pensaient qu’il voulait faire passer le temps. On croyait qu’il allait envoyer K-Plim vendre sa peau au Parlement avant de sortir son vrai Premier ministre après le 12 janvier. L’accord de ce soir prouve que le président Martelly est sérieux. Il a joué peut-être sa dernière carte. Par amour pour le pays ? Pour enfin enterrer la crise préélectorale ? Qu’on doute ou non de la bonne volonté du président Martelly, qu’on l’aime ou non, une chose est sûre, il met ses devoirs au propre. Il a donné le maximum quand les autres refusaient de faire la moindre concession. Certains diraient même que c’est pour la première fois qu’un chef de l’Etat haïtien a fait autant de concessions.

La balle est maintenant dans le camp des parlementaires. Les présidents des deux chambres qui ont paraphé l’accord seront-ils capables de calmer le jeu au Parlement ? Cela devrait être une simple formalité à la Chambre des députés. Au Sénat, on doit encore attendre pour voir si le sénateur Simon Dieuseul Desras a de l’autorité sur ses troupes. Ou encore si le G6 va demander quelque chose d’autre à l’exécutif. On ne sait pas si le G5 a laissé de côté ses velléités de venger la démission de l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe.

Qui va parler à la classe politique pour lui rappeler que K-Plim est l’un des siens. Qui va convaincre les manifestants de rentrer chez eux ? Les politiciens, qui se plaignent toujours de leur mise à l’écart dans les postes de décision, ont l’opportunité, à travers Evans Paul, de se retrouver pour une fois au timon des affaires. Ne pas appuyer son choix ne constituera-t-il pas un mauvais signal à la population ?  Nos politiciens sont-ils prêts à imiter les femmes, majoritaires de la population, qui n’ont pas voté Mirlande Manigat alors qu’elles revendiquent le pouvoir ?

Les partis politiques de l’aile dure de l’opposition ainsi que leurs représentants au Parlement vont-ils trouver un moyen pour contester l’accord de ce lundi ?  Les signataires ont bien pris la précaution d’insérer dans le document : « Le non-respect de l'une des clauses contenues dans le présent accord entraîne son invalidité avec toutes les conséquences de droit ». Il n’est que d’attendre.

Jean Pharès Jérome Editorial du Nouvelliste



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