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Un « Cardinal » pour Haïti! Ce pays attend son « Rodrigue Le Cid »

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                                                              Hélas! on voit que de tout temps
                                                              Les petits ont pâti des sottises des grands 
                                                                           (Jean de La Fontaine)

L’effet insupportable de la misère, loin de mithridatiser, de droguer, de « léthargiser » les masses populaires retranchées dans les bidonvilles ou les favelas, aura fini de préférence  par les conscientiser davantage sur les enjeux véritables de leurs multiples problèmes et leurs indicibles tourmentes… Et, par conséquent, les « aguerrir »! Et ce jour-là, comme les autres peuples du Sud, parias et esclaves de l’impérialisme du Nord, les indigents d’Haïti s’éveilleront…! Tous, ils auront finalement réussi à dénicher quelque part leur Rodrigue, leur  Spartacus ou leur Gengis khan…

Tout d’abord…


Le pape François a eu la « sagesse » d’élever au rang de Cardinal le premier évêque de nationalité haïtienne, Monseigneur Chibly Langlois. Cette nomination tardive qui a soulevé des moments de louanges dithyrambiques, des instants de jubilation apologique à Port-au-Prince et dans la diaspora, faudrait-il le souligner, survient à une période où le catholicisme est en train de perdre ses dernières dents dans les pays occidentaux. À l’heure des célébrations dominicales, les bancs et les troncs demeurent vides. L’église catholique, autrefois vaste entreprise religieuse lucrative, commence à faire faillite à certains endroits. Des cathédrales fastueuses sont vendues à la criée…  Les industries de la construction les achètent pour une bouchée de pain, les transforment en condos luxueux   qui trouvent acquéreur auprès des éléments de la moyenne bourgeoisie. Le grand handicap : le Vatican, ces dernières années, a déshabillé sur la place publique – comme dans un numéro excitant de striptease – son prestige international et son caractère sacré. Plusieurs de ses « apôtres » se sont impliqués profondément dans des télé-feuilletons à forte saveur de pédophilie et de fornication. Les accusations pleuvent contre les « prêtres défroqués ». L’église catholique au Canada et ailleurs vend ses biens mobiliers et immobiliers pour « dédommager » ses « victimes » et réparer, si possible,  les torts qu’elle a causés à la société. Aux dires de nombreux enquêteurs, La Place Saint-Pierre à Rome est devenue un foyer de corruption et de coercition. C’est en ce sens qu’ils ont interprété les motifs inapparents de la démission surprenante du pape Benoît XVI. Il faut révéler aussi – et nous parlons en connaissance de cause – que beaucoup de jeunes adolescentes ont bercé et bercent encore les « rejetons » des prêtres délinquants qui les ont séduites, violées dans les enceintes des cathédrales.  Les riches ne vont plus à la messe du dimanche. Certains menacent même de couper les vivres à l’État du Vatican si toutefois le nouveau « Pontifex maximus» persiste à dénigrer les « engraisseurs, pourvoyeurs immédiats » du système qu’il représente… C’est de la prolifération de la misère que la religion tire son beurre…!

Le Vatican est l’État le plus riche de la planète. Nous vous référons au livre scandaleux d’Avro Manhattan, Les milliards du Vatican. Concernant la richesse colossale de l’église catholique, l’auteur ne s’embarrasse pas de parler de « source d’embarras moral croissant… »

De plus, le catholicisme s’est fait reconnaître comme l’artisan principal de l’établissement de l’esclavage des Africains noirs en Amérique…

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Depuis l’occupation étrangère arrogante du 29 février 2004 – nous parlons de l’installation des troupes des Nations Unies sur le territoire national avec la connivence de la bourgeoisie compradore et de certains petits intellectuels bourgeois – les minorités dirigeantes ne sont toujours pas arrivées à comprendre l’urgente nécessité de concevoir une stratégie de lutte commune et viable dans l’espoir de parvenir un jour à recoudre solidement le fanion de la dignité de l’Être  haïtien.

Or, on ne saurait dénombrer avec précision – tellement qu’ils sont légion – les « honorables » Platon, Aristote, Cicéron, Rousseau, Montesquieu, Hobbes, Saint Augustin, Machiavel, Michels… qui se dressent sur la poitrine fatiguée de ce pays comme la crête raide du coq orgueilleux qui chante dans la frilosité de l’aube… Nous pensons qu’il est temps pour les politologues, sociologues, économistes, environnementalistes, enseignants … haïtiens de questionner honnêtement la pertinence et l’utilité de leurs savoirs théoriques et pratiques, tant sur le plan intellectuel que professionnel. Ces « éminents savants », ces « illustres universitaires » devraient admettre, sans rechigner, qu’ils ont échoué. L’état actuel de la République d’Haïti en témoigne éloquemment. Depuis des décennies, la classe politique haïtienne se noie pitoyablement… Les vagues de son errance lui arrivent jusqu’au cou. Elle se perd de plus en plus dans un labyrinthe de propositions creuses de résolution de crise sociale et économique à n’en plus finir. Un dédale de palabres démentiels pour le partage absurde d’un pouvoir hypothéqué, qui a vendu son âme au démon des crimes sordides, de la corruption éhontée, du vol des deniers publics, de la violation constitutionnelle, du manque de prestige et de personnalité, du népotisme, de l’illettrisme politique, du bas quotient intellectuel ... Comme si l’on  pouvait pactiser avec le diable…!

Haïti souffre de l’absence de politiques qui ont le sens véritable du professionnalisme. Des individus bien imbus de leur responsabilité citoyenne, avec toutes les exigences, toutes les contraintes, tous les risques  que comporte l’exercice du métier de politique. Des leaders conséquents, capables de décider au lieu de se plaindre. De définir des stratégies de lutte, d’agir au lieu de quémander sournoisement les faveurs du « Prince » maudit de la géhenne… Avec Machiavel, la politique est devenue la « science du pouvoir ». L’efficacité de l’action politique se mesure à l’aune de la  « force» (lion : guerre, violence, répression…) et de l’ « intelligence » (renard : ruse, diplomatie…), deux entités inséparables  qui témoignent de la maîtrise des connaissances philosophiques et des expériences pratiques qui axiomatisent le domaine de la politique.

La pauvreté est à la fois « criminelle » et « criminogène ».

Les questions liées au déclin économique des sociétés mal loties ne doivent pas être posées en termes de « fléau », mais de « scandale ». Là, nous rejoignons Susan George, Jean Ziegler et les autres.

Ils nous apprennent que les pays riches utilisent  le quart de la production céréalière mondiale pour nourrir leurs animaux, qu’ils en gardent aussi la moitié pour alimenter leurs habitants. Logiquement, il n’en reste pas beaucoup pour l’Afrique,  l’Asie et l’Amérique Latine. Si le pain arrive à manquer, si des enfants affamés crèvent comme des animaux pestiférés, ce n’est nullement à cause d’un soi-disant « déficit de production alimentaire », mais de « gaspillage alimentaire » pratiqué avec mépris et méchanceté au sein des pays hautement industrialisés, au grand dam et à la déception des « misérables ». Plusieurs Intellectuels progressistes,  gauchistes ou révolutionnaires , y compris Susan George, Fidel Castro,  Jean Ziegler, John Perkins, Noam Chomsky… n’ont pas peur d’accuser les États impérialistes de contrôler la nourriture produite dans le monde pour mieux exercer et étendre leur puissance hégémonique sur les régions affaiblies, sans moyens logistiques dissuasifs, défensifs et offensifs. La nourriture est donc devenue une affaire de « profit », et par conséquent de « pouvoir de vie et de mort » sur les individus défavorisés par le sort. Susan George, philosophe, essayiste, qualifie cette pratique de « colonialisme subtile ». Conséquence de tout cela : la faim tue, et pousse parallèlement à tuer…

Moment de vérité…

Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter d’aborder les problèmes inhérents au mauvais fonctionnement des États du Sud de façon parabolique et métaphorique, comme les Prophètes l’ont fait.  Il faut avoir le courage et la détermination de toucher la plaie du doigt. Et c’est ce sentiment de bravoure qui manque à la plupart des politiques qui, j’en suis sûr – surtout en les écoutant brandir à tout bout de champ leurs diplômes académiques, faire l’éloge des universités qu’ils ont fréquentées en Europe ou en Amérique du Nord – détiennent des stocks d’informations pertinentes sur les pratiques politiques désabusantes, déshumanisantes, kleptocratiques… entretenues par  « certaines instances influentes » de la « communauté internationale » hors de leurs frontières. 

Quels sont les principaux États capitalistes qui s’amusent à fermer hypocritement les portes d’accessibilité au développement durable au nez des populations vivant dans les régions identifiées ironiquement avec les étiquettes portant la marque de tiers-monde,  le concept de l’économiste et du démographe Alfred Sauvy? La réponse n’emprunte aucun couloir d’hésitation : États-Unis, France, Canada, et les autres acolytes du G8… Le clamer hautement signifierait pour certains groupes ou individus : annulation de visas d’entrée en Europe ou en Amérique du Nord; perte de subventions au profit des organismes et partis politiques « bidon ».

Ce qu’il faut faire…

En ce qui concerne Haïti, ce serait une grave erreur que de vouloir mettre une fois encore la « charrue avant les bœufs ». C’est après la « chirurgie » qu’il faut administrer les médicaments afin d’« accélérer la guérison » et de « prévenir les infections ».

Le « duvaliérisme » est un « cancer ». Il faut l’éradiquer. Hitler et Goebbels n’ont pas assassiné de leurs mains… Cependant, ils ont ordonné l’assassinat de plusieurs millions d’êtres humains. Le « cerveau » du crime –  appelé aussi l’auteur intellectuel –  est encore plus dangereux que le « bras » du crime…

Rappelons-nous Martin Thembisile Hani (Chris Hani), appelé le Guevara sud-africain, assassiné le 10 avril 1993, quoiqu’il acceptât de s’asseoir depuis 1986 avec ses ennemis pour le bien – croyait-il – de son pays déchiré par l’apartheid. C’est la « faiblesse » de l’ennemi qui le pousse à hisser le « drapeau blanc » et à vouloir « parlementer ». Il attend de reprendre des forces pour bondir. Le « tigre » ne change pas de nature. Souvenez-vous d’Henri Namphy, avant et après la tuerie du 26 avril 1986 devant Fort Dimanche. De « bamboche démocratique », le pays était passé carrément à l’ère de « l’enfer politique »  d’un « macoutisme dictatorial » froidement repensé et cyniquement renouvelé, avec l’aide de la CIA.

La politique est une science prévisionnelle. Karl Deutsch l’a démontré et bien expliqué. (The nerves of  government)

États-Unis, France, Canada… ont supplanté et devancé M. René Préval dans son idée secrète de faire revenir M. Jean Bertrand Aristide de  son exil en Afrique du Sud avec son épouse et ses enfants. Ils ont non seulement conditionné le retour d’Aristide à celui du tortionnaire Jean-Claude Duvalier, mais encore exigé que ceci se soit fait avant.

À qui attribuer la responsabilité de la réinstallation du duvaliérisme à visage ouvert sur le sol national?

Certainement, à la « classe politique » qui a gravement péché contre les « théories systémiques » de Von Bertalanffy et les « recommandations éclairantes » de Machiavel, surtout lorsque ce dernier attire l’attention du nouveau « Prince » sur l’importance de ce qu’il appelle lui-même la « cruauté bien appliquée ». Nous nous gardons bien d’élaborer davantage à ce chapitre, ne serait-ce que pour éviter de faire allusion – sans faire exprès –  à la Russie de Staline et Trotski, au Nicaragua des sandinistes et Somoza, etc.

Les alliés de « l’axe du bien » ont-ils permis aux nazis une forme quelconque de réhabilitation sociale et politique? Ils les ont éliminés. Naturellement, hormis ceux-là que le Vatican a aidés à fuir en Amérique. Ange de Lucifer un jour, ange de Lucifer pour toujours…!

La présence de M. Evans Paul le 1er janvier 2014 à la cathédrale Saint-Charles Borromée des Gonaïves relève d’une stratégie gauchement, maladroitement conçue par les puissances de l’occupation, dans l’unique intention d’absoudre les péchés mortels du duvaliérisme sanguinolent, en prévision de l’avenir, bien entendu. L’ex-leader du KID a donc volontairement accepté, par ce geste « inexpliqué » – et à dire vrai, « inexplicable » –  de compromettre son avenir politique. Néanmoins, nous restons convaincus de cette réflexion qui est nôtre: pour un suicide sociopolitique d’une telle ampleur et d’une rareté si grande, le jeu, certainement,  en valait bien la chandelle…

Sans vouloir mettre la révélation à l’avant de la scène,  nous avons écrit en 1980 l’un des articles de journaux véhéments et les plus révoltants qui  dénoncèrent la première arrestation de M. Evans Paul et les mauvais traitements qu’il subit aux casernes Dessalines aux mains des bourreaux de la « présidence à vie ». Nous avons failli nous faire enlever par un « faux chauffeur » de taxi en  allant interviewer ses parents, principalement sa mère à Carrefour-feuilles. Le 1er janvier 2014, son défunt compagnon de scène dans Debafre, Rodrigue Montfleury, a dû se retourner dans sa tombe…! Aucun d’entre les journalistes de la « presse indépendante » démembrée sauvagement le 28 novembre 1980 n’aurait pensé vivre assez longtemps pour voir la photo d’un Evans Paul souriant, en compagnie d’un Jean-Claude Duvalier, même diminué et voûté. Étonnamment vieillissant…

Quel chemin pour Haïti…!

Nous avons entendu Antoine Isméry déclarer un soir sur les ondes d’une station de radio à l’époque de la dictature militaire de Raoul Cédras et de Michel François, mise en place, financée et engraissée par les États-Unis de Georges W. Bush 1er : « Je sais ce qu’il faut faire pour libérer mon pays… Malheureusement, je ne suis plus jeune. » Isméry venait de lancer clairement un cri d’alarme contre une situation de misérabilisme socioéconomique, de maltraitance politique qu’il qualifiait également lui-même d’inconcevable, d’incroyable, d’insupportable... Mais à cette époque-là – et jusqu’à présent d’ailleurs –  il n’existait pas de « héros » téméraires et audacieux, capables de suppléer à la faiblesse des bras d’Antoine Isméry, à l’instar de « Rodrigue Le Cid » qui  répondit à l’appel de vengeance et de réparation de Don Diègue, et  qui, dans cette épopée cornélienne, permit finalement à son roi et à son peuple de remporter une éclatante victoire sur les Maures. Tous, nous savons le sort qui fut réservé par la suite cruellement à Antoine Isméry. Palestinien d’origine, mais vrai Haïtien de naissance, de cœur, de conviction politique, les bourreaux, les « malfrats » soutenus et rémunérés par la CIA sont venus l’arracher sur les bancs de l’église Sacré-Cœur de Turgeau et l’ont entraîné à l’extérieur, pour l’assassiner ensuite froidement sous les yeux apeurés et stupéfiés de l’assistance et du célébrant catholique. Le curé, complètement désarçonné, pris entièrement au dépourvu, n’a pas eu le reflexe de protester, voire d’accompagner son fidèle dans la rue déserte – ne serait-ce que pour lui offrir le dernier sacrement –  devenue ce matin-là  le théâtre horrifiant, sordide, macabre  de l’exécution sommaire d’un brave militant, désormais martyr de la lutte des pauvres. Et l’homme, le bon Samaritain qu’on l’appelait,  gisait dehors, dans son sang, comme Abel de l’Ancien Testament, Jean-Jacques Dessalines « Le Grand », Gasner Raymond (Le Petit Samedi Soir)… Il creva sur la chaussée asphaltée comme un vulgaire vagabond. Pourtant, et fort heureusement, nous avons déjà vu des religieux – mais le plus souvent banni du Vatican pour leur seule appartenance au courant philosophico-religieux défendu par Leonardo Boff – qui se sont preusement dressés entre bourreaux et victimes. Et qui ont même payé de leur vie leur conviction citoyenne, leur intrépidité et leur honneur. L’histoire de L’Amérique Latine –  particulièrement du Salvador – regorge de ces exemples de bravoure mémorables.

Nous ressassons chaque jour les mots d’Henry de Montherlant: « La liberté existe toujours, il suffit d’en payer le prix…! »

Si la pandémie de « myopie politique » qui frappe également les élites locales n’est pas éradiquée, la République d’Haïti, comme la ville de Pompéi, mourra de sa belle et honteuse mort!

« Dieu » viendra-t-il un jour parmi nous…?

R.L
Robert Lodimus



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