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Lettre ouverte du Ministre Nesmy Manigat aux syndicats d'enseignants

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image Le Ministre Manigat

En réaction au mouvement de grève des enseignants qui paralyse le fonctionnement de certaines écoles publiques, le ministre Nesmy Manigat s’est adressé aux responsables des syndicats d’enseignants du secteur public, dans une lettre ouverte acheminée, ce dimanche 25 janvier, à HPN. Ci-dessous, la lettre dans son intégralité.

Cher (e)s compatriotes, chers collègues enseignants,

L’année 2014 a été une année phare pour la condition enseignante avec l’adoption du statut particulier du personnel éducatif par le Gouvernement promulgue en mars 2014. Dans le cadre de sa mise en œuvre, vous avez tous été témoins ou artisans d’une victoire historique pour les enseignants  du secteur public à savoir une grille salariale adoptée au mois de décembre 2014 et prenant désormais pour base la qualification et l’expérience. Vous avez même contribué à une enquête nationale sur le profil des enseignants réalisée en septembre 2014, dans le but de rendre possible l’application de ladite grille.

En effet, après des décennies de négociation, pour la première fois, cette grille salariale qui propose 20,000 gourdes comme salaire mensuel de base, a été signée par vos représentants, dument désignés par courrier, et est désormais en attente des suites légales par les autres corps de l’Etat.

Toutefois, le Gouvernement, n’a pas  attendu la fin de ces négociations pour relever en juin 2014 le salaire de base d’environ  40 %, le faisant passer de 9,000 gourdes à 13,000 gourdes,   conformément  à l’esprit des protocoles signés.  Cela représente déjà le double du salaire de base moyen dans le secteur privé de l’éducation. Les personnels des EFACAP et de l’Inspectorat, non pris en compte à l’époque, le sont graduellement à partir de janvier 2015.

Il revient à tout un chacun   de bien communiquer les résultats de ces grandes avancées  pour une juste appréciation des efforts consentis.

Cher (e)s compatriotes, collègues enseignants

Le Ministère aurait bien souhaité satisfaire les revendications pour un salaire de base mensuel de 50,000 gourdes, (largement supérieur à la moyenne des salaires en Amérique latine et dans les Caraïbes). Or, l’économie haïtienne, otage d’un environnement fortement instable, au cours de ces dernières décennies,  n’a pas eu les niveaux de croissance suffisante pour un relèvement conséquent du financement du secteur éducatif.

Dans ces conditions, il n’est tout simplement pas possible  aujourd’hui de répondre positivement  à cette revendication, qui bouleverserait d’ailleurs tous les salaires de base de la fonction publique et reviendrait à multiplier au moins par trois (3) le budget de fonctionnement de l’Etat, au détriment des investissements en infrastructures et équipement scolaires, en matériel didactique et formation des maitres et j’en passe.

Il convient aussi de souligner que les 85 % d’enseignants du secteur privé, qui, en moyenne reçoivent deux fois moins que le salaire nominal du secteur public, sans la garantie d’une pension, et sans des vacances payées pour la très grande majorité, mériterait aussi l’attention des autorités de l’Etat, au même titre que vous.

C’est pourquoi, en attendant que les niveaux de salaires nominaux augmentent, le MENFP a déjà pris l’engagement d’octroyer aux 200,000 mille enseignants recensés une « carte-avantage enseignant » qui leur permettra de bénéficier de réduction à l’achat de certains biens et services. La NATCOM, la Maison Henri Deschamps, la Banque Nationale de Crédit (BNC), sont les premières entreprises qui accorderont ces réductions et autres avantages à tous les enseignants du pays.

Cher (e)s compatriotes,

Le Gouvernement s’est engagé dans une réforme éducative, qui vise principalement à offrir les mêmes opportunités à tous les enfants du pays. Aujourd’hui 90 % des enfants sont en salle de classe, malgré des conditions inacceptables d’accueil et de délabrement de certaines écoles publiques. Les nouvelles constructions sont loin d’être suffisantes pour couvrir les besoins de modernisation du secteur. Plus que jamais, ce pays a besoin du Fonds National pour l’Education (FNE) pour financer les énormes besoins d’adaptation et de modernisation du secteur éducatif, passant par un nouveau curriculum de l’école haïtienne.

Aujourd’hui, nous nous sommes embarqués dans une lutte contre l’échec scolaire chronique, principale source d’inégalité et d’exclusion sociale. En effet,  seulement 3 enfants sur 100 terminent leurs études secondaires sans abandon et redoublement. Même après 13 ans de scolarité, nos enfants, en grande majorité,  écrivent difficilement le créole et le français, les deux langues nationales.  Nos enseignants aussi, d’ailleurs. Pendant que les mêmes  batailles politiques continuent de faire rage depuis des  années, l’échec scolaire gagne du terrain, hypothéquant l’employabilité des jeunes et tout développement  économique futur.

Les 12 mesures prises récemment pour redresser le secteur ont reçu un soutien considérable des parents et n’attendent aujourd’hui que votre appui, car elles reposent sur le nombre de jours de fréquentation scolaire. Certains enfants ont déjà perdu près de 20 jours de classes cette année, tandis que les enseignants grévistes ne s’attendent pas à perdre un seul jour de salaire. Cela relève, vous le conviendrez avec moi,  d’une grande injustice.

Cher (e)s compatriotes,

Le MENFP est conscient que certains enseignants détiennent des lettres n’émanant pas des autorités compétentes pour les autoriser à enseigner.  Tout en dénonçant cette pratique formellement interdite par diverses circulaires, le ministère a pris des mesures pour régulariser progressivement tous les cas avérés d’injustice.  Il en sera de même pour le  personnel  de soutien, victime d’un grand oubli de la part des autorités.

Dans cette optique, le MENFP a déjà émis  des milliers  de lettres pour régulariser cette situation. L’impatience de ces pères et mères de famille est compréhensible et juste.  En attendant les nouvelles possibilités de financement qu’offrira  le Fonds National pour l’Education, le MENFP a mis sur pied une stratégie visant à intégrer graduellement ces fonctionnaires dans le budget de l’Etat, à raison de 500 au moins par mois. Mille (1000) d’entre eux émargent déjà sur le budget de l’Etat depuis  novembre dernier. Le MENFP déplore  que la situation politique ait interrompue pour les mois de décembre et de janvier ce processus qui reprendra à compter du mois prochain.

Toutefois, le MENFP regrette de devoir écarter de cette liste, des enseignants, syndicalistes ou pas,  qui ont déjà bénéficié d’une prime pour départ volontaire négocié, et qui malgré tout, ont regagné des salles de classes, en attente aujourd’hui de lettre de nomination ou de paiement d’arriérés de salaire.

Cher (e)s compatriotes,

Le MENFP comprend la résistance aux réformes manifestée par certains responsables syndicaux. En effet, les réformes en cours interdisent déjà que des responsables syndicaux utilisent leur influence pour faire nommer des parents ou amis comme enseignants, au mépris des normes élémentaires de recrutement. Les réformes en cours obligent les enseignants à être présents en salle de classe dans  les écoles où ils sont affectés et rémunérés au lieu d’enseigner dans une école privée aux mêmes heures.

Les Lois et les réformes en cours interdisent que les enseignants qui reçoivent leur chèque ne sous-traitent avec d’autres. Elles  interdisent également que des responsables syndicaux soient bénéficiaires de petits projets de subvention sans justification, au nom de l’éthique et de la morale. Les réformes en cours ont plutôt choisi la voie d’un renforcement institutionnel public et transparent des syndicats d’enseignants.

Face à cet état de fait, le MENFP constate que certains responsables syndicaux utilisent la désinformation sur leur situation et leurs conditions de travail pour manipuler des enfants.

Face à la détresse des parents et des élèves, devant l’abandon et le délabrement de nos écoles publiques qui expliquent qu’aujourd’hui  ni les responsables politiques, ni les hauts responsables de la fonction publique, ni les responsables syndicaux n’envoient plus leurs enfants, nous devons arrêter l’hypocrisie et assumer nos responsabilités. Les politiques tout comme les syndicats doivent  arrêter de prendre l’école publique, notamment les lycées, en otage. Il est de notoriété publique que de fortes sommes d’argent ont été payées à certains syndicalistes pour déstabiliser l’année scolaire à des fins personnelles et politiques.

Cher (e)s compatriotes,

En fin de compte, le Ministère demande cette fois une trêve pour ne pas perdre l’année scolaire qui a déjà été amputée de trois semaines, tandis que les enseignants qui n’ont jamais mis les pieds dans les salles de classes s’attendent à recevoir intégralement  leur salaire du mois.

Aux responsables de syndicats qui ont lancé  la grève générale illimitée, avec salaire mensuel garanti, le Ministère réitère son invitation au dialogue, à travers son courrier en date du 4 décembre dernier, laquelle invitation a eu une fin de non-recevoir par votre courrier du 5 décembre annonçant formellement votre retrait de la table  des négociations. Cette nouvelle invitation vous est renouvelée et est fixée pour ce lundi 26 janvier.

Tout en soulignant une fois de plus, la difficulté de faire avancer le dialogue social avec une vingtaine de syndicats d’enseignants, en compétition, voire en opposition, ayant des revendications différentes,  le MENFP souhaite que les avancées déjà faites pour le bénéfice des enfants d’Haïti ne se perdent pas  à cause des grèves personnelles et/ou politiques qui n’ont rien à voir avec l’amélioration de la condition enseignante et la qualité de l’éducation que nous disons tous vouloir.

Ensemble, œuvrons pour une nouvelle école haïtienne misant sur la réforme éducative et un renouveau syndical !

Nesmy MANIGAT

Ministre de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle



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