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Le Festival de la rivière de Cavaillon porte fruit

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image Festival de la Riviere

 La grande foule qui se trémoussait pendant trois jours au bord de la rivière à Martineau avait grand soif de la septième édition du Festival de la Rivière de Cavaillon. Formations musicales, troupes de danse et de théâtre se sont produites pendant les trois jours. Renvoyé à cause de la tempête tropicale Irène, l'événement annuel a rebondi les 2, 3 et 4 septembre avec des feux d'artifice dans le ciel. Pour les oreilles et pour les yeux, du son et de la lumière à en mettre plein les sens. Cette longue attente a porté fruit pour les organisateurs de ce spectacle. 

Sur une idée du rédacteur de Ticket Magazine, Wendy Simon, l'Association des universitaires et étudiants haïtiens de Cavaillon d'Haïti (AUECAH) a mis un terme à leur politique de spectacle gratuit. Fixé à vingt-cinq gourdes, le public a envahi le site du festival clôturé pour l'occasion. Bien entendu, il y a eu beaucoup de « dasoman ». Ils se sont faufilés en grand nombre à travers cette clôture, vraie passoire pour les astucieux sans ticket. 

Un manque de fond qui suscite des idées

Malgré tout, ce qui compte, en fait, c'est que le public se met désormais à l'esprit que la culture est onéreuse et que l'AUECAH ne peut pas toujours s'appuyer sur les mécènes. Vouloir réunir sur un podium plusieurs grands ténors de la musique est merveilleux, mais les sponsors ne sont pas toujours prêts à débourser. L'AEUCAH a tiré une grande leçon au cours de cette édition : les sponsors qui avaient promis de les encadrer se sont désistés un à un. 

Sur le site, l'absence patente de plusieurs grands sponsors telle la Digicel a permis à Diri Mega entre autres, d'envahir l'espace. Moins visible, le Ministère de la Culture et de la Communication, la FOKAL et des entreprises locales tels le restaurant-hôtel Kay madam Alfred, l'Association Solidarité Maurice Jocelyn, la Caribean T-Shirts, GARR, PlatfomAyiti, étaient inscrits sur les panneaux. Ce manque de fond a été déterminant dans la prise de décision consistant à faire payer tout le monde.

Des frais perçus 

Les petits marchands de friture, de boissons gazeuses et de spiritueux ont payé aux organisateurs des frais de participation pour s'installer sur le site. A les aborder, à voir la fréquence des clients qui ont délié leur bourse, il n'y avait pas lieu de se plaindre. Aussi, les frais étaient-ils perçus en fonction du volume de leur commerce. 

nstallée sur le site du festival, au niveau d'une butte, Carole estime que cette année, le festival de la rivière a pris une vitesse supérieure. « Je ne peux pas du tout me plaindre même si on m'a fait payer pour planter mes tentes et mes tables ici. Cette année, il y a eu plus de monde que toutes les autres. On avait vraiment soif de cette fête », dit-elle.

Debout près de grosses chaudières où baignent dans de l'huile bouillante de la viande de porc et de cabri, elle s'active à remuer ces victuailles. Ces fumets attirent le client.

Tout le long de la butte, des « grilloterie » débitent des plats pimentés que les clients dégustent tout en s'arrosant de « trempé », de clairin aux noms aphrodisiaques. La bière, le rhum coulent pendant les festivités. Occasion unique où des milliers de jeunes se réunissent en un même lieu à Cavaillon pour jouir de la musique diffusée à plein régime.

Des formations du Sud en scène

Le Festival de la rivière, côté scène a ouvert la voie à plusieurs groupes de musique du département du Sud. Ils étaient venus de Cavaillon, des Cayes, de Camp- Perrin, de Torbeck, de Saint-Louis du Sud et d'Aquin. En sept éditions, les stars de ce festival ont eu le temps de briller dans la région. Love Compas, Defi Mizik de Cavaillon et le Groupe G7 avaient le groove du bon compas qui chemine dans le sillage des aînés. La Différence de Charlito des Cayes, Feu Compas et Top Family de Camp-Perrin ont donné le meilleur d'eux-mêmes. Les groupes raps ont poussé à grande vitesse dans le Sud. Pour diversifier, on aurait pu avoir un festival RAP. 

D'habitude, lorsque l'on allait au festival de la Rivière, c'était pour T-Vice, Nu Look, Gracia Delva, Krezi, Rock Farm, Boukaman Eksperians, bref, les grands ténors du compas. Bien que le groupe de Gracia Delva et Rasin Mapou d'Azor aient produit un bon volume d'ambiance à Martineau, les festivaliers ont tout autant pris plaisir à savourer la musique des groupes du Sud qui copie servilement Port-au-Prince. Un jour viendra, peut-être, c'est une question de temps, estiment certains observateurs, la musique du Sud aura sa propre saveur, sa propre identité. 

Pour le moment, les groupes poussent à foison sur la côte Sud. Constatant cet engouement de la jeunesse du Sud pour la musique et aussi pour le théâtre, madame Marie-Laurence Jocelyn Lassègue qui a toujours porté à bout de bras le festival, caresse l'idée d'organiser plus d'activités culturelles à Cavaillon pour permettre aux jeunes d'exploiter leur talent. En matière de théâtre, elle estime que le moment est venu de les encadrer par des professionnels. Ainsi, dès que les comédiens auront mûri, un festival de théâtre se dessinera au bord de la rivière.

Toutes ces idées se mettent en place pour attirer le tourisme local vers cette petite ville du Sud qui découvre que le public est prêt à débourser pour les spectacles qu'on lui offre.

    Claude Bernard Sérant
[email protected]

Le Nouvelliste



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